Fuel for the mind

Blogged by DOA as Anti-personnel — DOA mer 11 fév 2009 10 h 43 min

J’ai commencé mes lectures de 2008 avec une énorme claque, un roman passé complètement inaperçu en France, maltraité par son éditeur, qui a laissé filer une traduction saturée de coquilles, et que le public a tout simplement boudé : The power of the dog (La griffe du chien) de Don Winslow. Si vous ne l’avez pas encore lu, précipitez-vous sur le poche, chez Points Policiers. En dépit de sa mauvaise édition, c’est un chef d’œuvre. Mieux encore, si vous maîtrisez l’anglais, lisez la version originale. 2009 s’ouvre sur une autre révélation : Gene Kerrigan. Comme pour Winslow, c’est Dominique Manotti qui a attiré mon attention sur ce nouvel auteur (pour moi). Il est Irlandais, journaliste et écrit sur la criminalité de son pays. Ses deux livres, ce sont tout simplement des perles de noir, justes, nuancés, sans dogmatisme ni idéologie, parcourus de personnages simples, ancrés dans le réel, qui sont autant de reflets de l’Irlande contemporaine. En les lisant, j’ai eu l’impression de retrouver le John Harvey des débuts. Leurs titres : Little criminals et The midnight choir. Disponibles en français aux éditions du Masque. Dans un autre registre, à lire également l’excellent essai de Jeremy Scahill sur Blackwater, chez Actes Sud.

Mise à jour du 12/02/09: ce matin, un article dans Libé précisant que l’armée mexicaine vient de mener un vaste coup de filet au sein des forces de police de la ville de Cancun, soupçonnées d’être inféodées aux trafiquants de drogue, à la suite du kidnapping/assassinat de l’un de ses généraux. La griffe du chien, plus que jamais. Cette guerre-là est perdue, il y aura toujours moins de soldats pour la faire que de consommateurs chez nous pour la financer… Et envoyer se faire foutre les victimes collatérales, parce que la coke, c’est trop cool.

32 commentaires »

  1. Comment par Travis — 11 février 2009 11 h 14 min

    Pour la Griffe du chien, quand tu parles de coquilles, ce sont des erreurs de traductions qui changent le sens que l’auteur voulait donner à son œuvre, ou bien s’agit il d’autres fautes non corrigées par un éditeur faignant ou par un traducteur blasé? Hormis les coquille la traduction ne gâche pas trop le plaisir de lecture du roman?

    En tout cas le livre est sur ma pile de lecture, malheureusement étant un lecteur assez lent je privilégie les traductions, surtout que je n’ai lu qu’un roman en vo. Pour des interviews ou des articles ça va je peut suivre, mais un roman aussi dense que celui de Winslow je pense ne pas suivre du tout.

  2. Comment par DOA — 11 février 2009 11 h 19 min

    Travis >> Un peu des deux, je crois. Maintenant, peut-être que le passage en poche a permis de rectifier le tir. Cela ne devrait pas te gêner dans ta lecture cependant. Autour de moi, plusieurs personnes l’ont lu en français suite à mes recommandations et l’ont adoré, alors… Touchons du bois. Ma saillie venait plutôt de la colère ressentie à l’égard d’un éditeur capable de tant négliger un tel monument du roman noir.

  3. Comment par Travis — 11 février 2009 11 h 29 min

    Habituellement j’essaye de lire les livre en grand format, mais si la traduction a été révisé un peu pour le poche je vais plutôt prendre le poche.

    Je viens de jeter un œil sur le site Actes Sud pour le livre de Jeremy SCAHILL, ça m’a l’aire assez impressionnant. Livre reportage un peu comme “Des os dans le désert” que je dois lire aussi d’ailleurs. La Griffe du Chien, des os dans le désert, les problèmes Americano-Mexicain aux cœurs des débats si on peut dire. D’ailleurs si je ne me trompe pas le Mexique est l’invité d’honneur du Salon du livre.

  4. Comment par DOA — 11 février 2009 11 h 32 min

    Travis >> Il me semble avoir lu ou entendu que le livre de Winslow était si proche de la réalité que certains n’hésitaient pas à le citer en référence dans des dossiers ou articles de presse. Les os dans le désert, grand livre aussi, effrayant.

  5. Comment par Travis — 11 février 2009 12 h 06 min

    Les livres de Gene Kerrigan ont l’air pas mal du tout.

    En revanche je ne connais pas John Harvey, as tu un conseil pour cet auteur, un livre en priorité?

  6. Comment par DOA — 11 février 2009 15 h 18 min

    Travis >> Par le premier de la série des Resnick, Coeurs solitaires, puis dans l’ordre, si le livre vous plait.

  7. Comment par Travis — 11 février 2009 15 h 39 min

    Merci

  8. Comment par Vincent — 11 février 2009 17 h 46 min

    Le premier Kerrigan traduit en français, “Le Choeur des paumés” est très bon.
    Concernant John Harvey, j’émets quelques réserves : un ou deux, c’est agréable à lire, sans plus à mon avis.

  9. Comment par Travis — 11 février 2009 19 h 08 min

    Je tenterais un John Harvey après je verrais, de toute façon avant ça j’ai La Griffe du chien, le livre de notre hôte et franchement Blackwater me branche bien plus une vingtaine d’autres qui attendent sur la pile. Mais j’y reviendrais.

  10. Comment par DOA — 11 février 2009 19 h 18 min

    Vincent >> Harvey, c’est une question de goût. Comme Bruen (rires). Ce qui m’a plu chez lui, c’est sa galaxie de personnages récurrents entourant Resnick et leurs parcours. Ca, il l’a très bien fait. Et on ne peut pas dire que leurs destins stagnent, donc tous les bouquins ne se ressemblent pas sur le fond. Sur la forme, elle évolue peu, mais elle est constante en qualité. Je n’adhère pas du tout en revanche à ses nouvelles histoires, avec d’autres héros. Là, assez paradoxalement, il ne se renouvelle plus. Kerrigan est, à mon sens, plus âpre, un poil plus dur, plus moderne aussi, qu’Harvey. Je me demande comment il va évoluer. Parce qu’en fait, Le choeur est son second roman, donc le plus mûr à ce jour.

    Travis >> Que du bon (enfin, je ne m’inclus pas dans le lot), mais entre Winslow et Scahill, vous avez de belles heures de lecture devant vous.

  11. Comment par Travis — 11 février 2009 20 h 50 min

    Modeste. Si c’est aussi bon que Citoyens on pourra l’inclure.

  12. Comment par Travis — 12 février 2009 11 h 58 min

    On se croirai revenu au Chili sous pinochet (je ne met pas de majuscule exprès), Amérique latine, coke, pétrole, assassinat, tortures, enlèvements, dictatures, régimes militaires……..
    Le Mexique meurt véritablement.

    Par ailleurs as tu aimé (si tu l’as vu) “Traffic” de Soderbergh?

  13. Comment par DOA — 12 février 2009 12 h 00 min

    Travis >> Oui, les deux, vu et aimé. Je ne suis pourtant pas un inconditionnel de Soderbergh, je trouve son travail inégal (mais inétressant). Che, en revanche, c’est vraiment pas bon.

  14. Comment par Travis — 12 février 2009 12 h 11 min

    Pas vu Che, mais j’ai du mal avec les biopic, le film se fait le plus souvent sur la performance du comédien au détriment de l’histoire. Franchement un film sur Castro serait cent fois plus intéressant que la « légende » du Che.

    Pour Traffic, je me rappel m’être dit en sortant du film que je n’avais pas vu un aussi bon film traitant du trafique de drogue depuis French Connection.
    C’est vrai que Soderbergh est capable du pire comme du meilleurs, sa fausse fiction Schizopolis était pas mal du tout et j’aime vraiment Out Of Sight.

  15. Comment par DOA — 12 février 2009 12 h 42 min

    Travis >> Out of sight, grand moment de cinéma.

  16. Comment par Travis — 12 février 2009 12 h 54 min

    Il faut que j’appelle ma frangine. :-)

  17. Comment par DOA — 12 février 2009 13 h 00 min

    Travis >> Pourquoi, vous avez fait un truc que la morale réprouve? (rires)

  18. Comment par Travis — 12 février 2009 13 h 06 min

    Comme le dirait Raoul Abdaloff, je lis des livres et tout le monde le sait lire des livres c’est mal.

  19. Comment par caroline — 14 février 2009 0 h 15 min

    J’ai La griffe du chien sur le haut de la PAL, Manotti aussi le conseillait fortement au cours d’une rencontre à laquelle j’ai assisté.
    Là, je suis encore plus curieuse de le découvrir. Y’a pas à dire, j’aime bien quand les auteurs sont aussi de grands lecteurs et qu’ils attirent notre (mon) regard sur des bouquins. Je note donc Kerrigan et Scahill. Merci !

  20. Comment par DOA — 14 février 2009 1 h 52 min

    Caroline >> De rien. Mais ce ne sont que mes goûts, ils sont loin d’être universels.

  21. Comment par caroline — 15 février 2009 0 h 52 min

    Quand j’aime ce qu’un auteur écrit et ce que je découvre de ses goûts, j’ai tendance à faire confiance aux pistes qu’il procure. Mais je viendrai me plaindre si je suis déçue, promis :-)

  22. Comment par holden — 15 février 2009 1 h 30 min

    hello

    je surenchéris sur la griffe du chien, c’est magistrale, mais n’oubliez pas le reste de ces livres

    a se voir au quai du polar, pour le serpent,
    d’ailleurs la couverture est presque identique à”bad karma” de henry joseph de la serie noire aussi
    henry joseph le fils prodigue de feu james crumley

    a plus dans le bus

  23. Comment par DOA — 15 février 2009 8 h 25 min

    Caroline >> C’était juste pour dire qu’il peut aussi m’arriver d’avoir des goûts particuliers. Plaignez-vous au besoin, ou plutôt critiquez. Les divergences de points de vue sont aussi les bienvenues. Elles nourrissent la discussion.

    Holden >> Je ne connaissais pas ce livre ou sa couv’. Elle est presque identique, oui, sur le principe du serpent. Pour le reste, l’impact, l’agressivité dégagée n’ont pas grand chose à voir. Je suis à l’origine des suggestions qui ont conduit le service artistique de Gallimard à ce choix animalier. Ils m’ont proposé plusieurs reptiles, dans différentes poses et c’est celui-là que j’ai retenu. Il me semblait correspondre le plus à l’esprit du livre.
    A Lyon, donc.

  24. Comment par holden — 17 février 2009 0 h 22 min

    hello hello

    mea culpa, c’est pas la même couverture, le serpent n’est pas le meme

    a lyon donc, je vous l’aurai bien filer le “bad karma de henry joseph, mais c’est pas son meilleur
    ou alors pour la couv, on verra
    bonne nuit

  25. Comment par Jean-Marc Laherrère — 6 mars 2009 16 h 20 min

    Bonjour,

    Cela faisait un moment que je ne venais plus traîner par ici. Et je suis bien content d’y voir dire du bien de La Griffe du Chien. C’est un article enthousiaste de Pouy qui m’avait donné envie de le lire, ce fut une de mes plus grosses claques en polar. Et effectivement, dès qu’on lit un article sur le guerre actuelle au Mexique entre les cartels et l’armée, on se retrouve en plein dans le roman.

    Sinon je viens d’entamer Le serpent, ça démarre fort !

    J-Marc

  26. Comment par DOA — 6 mars 2009 16 h 30 min

    J-M >> Moi-même je n’y venais plus trop, ce qui explique sans doute ma disparition de ta liste de favoris (rires). Ah, La griffe, très grand moment de lecture. Les Kerrigan valent le coup aussi, vraiment. Et je croise les doigts pour que Le serpent te plaise jusqu’au bout. Déjà, ça se passe près de chez toi, alors…

  27. Comment par Bruno — 18 juin 2009 0 h 47 min

    http://fr.news.yahoo.com/4/20090617/tod-mexique-drogue-cb1d00a.html

    (histoire de continuer le dossier…)

    Je suis en train de lire La griffe du chien (me restent 150 pages):
    - même en poche le texte n’est pas bien édité, c’est vrai
    - mais quelle fresque! il y a des scènes vraiment impressionnantes (le Justicia! Justicia! à l’enterrement de Parada…). Merci pour le conseil de lecture, donc.

    On devrait se croiser le 3 à l’Autre Rive.

  28. Comment par DOA — 18 juin 2009 7 h 52 min

    Bruno >> Merci pour le lien. Je me suis inspiré d’une saisie similaire (mentionnée en fin de livre) dans Le serpent aux mille coupures, pour créér le personnage de Néris, le Français, et d’une façon générale, bâtir le contexte du livre. Sinon, oui, La Griffe est un monument. Content qu’il vous plaise. Les deux suivants, The winter of Frankie Machine et Dawn patrol, sont plus anecdotiques (surtout le dernier, en fait). Au 3, donc.

  29. Comment par Bruno — 18 juin 2009 9 h 35 min

    J’ai repensé au Serpent en discutant avec un voiturier du Crowne Plaza, un soir, et en lui demandant quel type de clientèle il y voyait passer… Tout un programme!
    Et décidément, La Griffe me suit partout… Dans le sujet de bac philo des ES (sur lequel ils planchent en ce moment même), le texte de Locke rejoint une problématique du livre (qui trahit-on ou non? quelle justice et quels principes moraux se réinvente-t-on, une fois qu’on est un hors-la-loi… c’est toute la psyché des Barrera!)

  30. Comment par michel Bac — 20 octobre 2009 7 h 30 min

    MERCI

    j’avais beaucoup apprécié citoyens clandestins ; et j’ai donc suivi la recommandation sur “la griffe du chien” . Je n’ai rien lu de meilleur dans le genre depuis des années et je le recommande sans cesse - comme citoyens clandestins d’ailleurs…
    En plus je venais de terminer :
    “un mal sans remède” de Antonio Caballero sur l’oligarchie colombienne la drogue et quelques révolutionnaires cruellement découpés…; un autre autre face de cet univers .

    merci encore et m…pour la suite au serpent

  31. Comment par DOA — 20 octobre 2009 7 h 44 min

    Michel >> De rien et… Tiens, vous m’intriguez, j’essaierai de jeter un oeil à ce Mal sans remède.

  32. Ping par Anti-Personnel » The power of the dog — 19 juillet 2010 9 h 29 min

    [...] matin, dans Le Figaro, à mettre en perspective de ce que j’écrivais il y a quelques mois, ici. Il faut lire La griffe du chien de Don Winslow. Et puis tant que vous y êtes, parce que cela fait [...]

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