Avis en passant

Blogged by DOA as Anti-personnel — DOA jeu 23 avr 2009 16 h 20 min

Alors, la semaine dernière je suis allé voir Dans la brume électrique, de Bertrand Tavernier, d’après James Lee Burke. Je n’ai pas lu le roman de Burke - je sais, c’est mal - donc j’étais vierge de toute idée préconçue et plutôt bien disposé - j’ai apprécié quelques-uns des films de Tavernier - en entrant dans la salle. J’en suis ressorti peu convaincu, pour trois raisons. Le film est long et lent, deux heures plutôt dialoguées et contemplatives, qui collent au décor, à la moiteur de la Louisiane, au traitement du sujet… Le film est long et lent donc, mais bizarrement très pressé. Il saute d’une séquence à l’autre sans laisser le temps au spectateur de quitter ce qu’il vient de voir avant d’enchaîner sur une autre scène. Et j’aurais aimé qu’il le prenne ce temps. J’y vois là la main de producteurs américains voulant rythmer un propos plutôt construit pour une dérive languide. Une sauce étrange qui ne prend pas. Autre problème, la narration est très bavarde, et les dialogues comme la voix-off, utilisée en saupoudrage, avec irrégularité, viennent trop souvent réexpliquer ce que l’on a déjà saisi ou compris. Une manie, pour le coup, très française. Des fois que le spectateur soit trop con… Troisième gêne, les apparitions des fantômes confédérés. Après discussion avec Dominique Manotti, qui a lu et aimé le livre de Burke, il semble que celles-ci soient particulièrement importantes et réussies dans le texte original. Dans le film, elles sont, selon moi, inutiles. Elles ne seraient pas là que cela ne changerait absolument rien au déroulement de l’intrigue. Dommage.

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