Douce France

Blogged by DOA as Anti-personnel — DOA mer 16 sept 2009 11 h 32 min

Il est facile de déterminer quand une société va bien. Par exemple, quand ses systèmes d’alerte sanitaire fonctionnent au point que les marchands de journaux se mettent à vendre des flacons de solution hydro-alcoolique pour se désinfecter les mains – vu ce matin, en bas de chez moi. Ou quand ses députés votent des lois si bien ficelées qu’un ministre refuse d’en signer les décrets d’application. A moins qu’il ne faille voir là une manœuvre du chef de l’état pour torpiller un concurrent potentiel, chef de la majorité parlementaire, en désavouant son travail. Ou quand un parti dit de gouvernement, au fronton social et humaniste, se retrouve pris la main dans le sac après avoir apparemment organisé, dans la plus totale opacité, des élections dignes de la pire autocratie. A tel point que le scrutin qui s’est récemment tenu en Afghanistan, pour élire un nouveau président, pourrait passer, par comparaison, pour un modèle d’intégrité. Ou quand il faut une petite trentaine de suicides dans une entreprise pour que les gens – la direction de ladite entreprise, le gouvernement, les mouvements politiques d’opposition, ah non, pas eux… la presse, nous – commencent à réagir. Sinon, il paraît que Secret Story a très bien marché cet été et que Plus belle la vie va continuer à cartonner. Quand il y a un programme de ce genre à la télé, ça va, c’est quand ils sont trop nombreux que les choses se gâtent. Bonne journée.

Octobre / Novembre / Décembre

Blogged by DOA as Romans — DOA mer 16 sept 2009 9 h 08 min

3 & 4 OCTOBRE: Festival Lire en poche de Gradignan. 9 OCTOBRE: 19h, table ronde Polar et ciné à la médiathèque de Choisy, avec Dominique Manotti et Eric Valette. 10 OCTOBRE: 17h, signature à la médiathèque de Choisy avec Dominique Manotti. In NOVEMBER, flee the weather, south of the Equator. 13 DECEMBRE: 15h, rencontre à la librairie Geronimo, 2, rue Ambroise Thomas, 57000 Metz, avec Driller Killer. Stay tuned…

Clandestins

Blogged by DOA as Romans — DOA lun 7 sept 2009 11 h 13 min

Si vis pacem… Amusant papier sur les carnets secrets du général Rondot dans le Libé de ce jour. En page 3, notamment. Heureusement que je ne suis que romancier. Comment dit-on déjà, nul n’est prophète - décidément, c’est le jour - en son pays?

Allahû akbar. Audiard est-il son Prophète?

Blogged by DOA as Anti-personnel — DOA lun 7 sept 2009 10 h 03 min

La première fois que j’ai entendu parler du dernier bébé de Jacques Audiard, il s’intitulait Le prophète et n’était qu’un scénario. Une histoire dure, froide, âpre, comme un séjour en prison. De prison, il en était question, un temps, dans le cours du récit. Dans mon souvenir, moins que dans le film récemment sorti sur les écrans. L’intrigue quittait plus vite l’univers carcéral. Est-ce que je l’ai aimé, ce film ? Oui, en partie. Pas assez cependant pour le ranger, comme beaucoup, dans la catégorie claque. C’est bien, mais. Bien, parce que magistralement réalisé. Bien parce que superbement joué. Mais, à mon avis, trop caricatural vis-à-vis des Corses, moins méchant avec la pègre maghrébine et les barbus que le scénario premier d’Abdel Raouf Dafri et Nicolas Peufaillit ne l’était – peur de la polémique ? – et surtout, moins fort, en ce qui concerne le personnage principal. Véritable raclure dans le texte original, Malik a perdu en puissance ce qu’il a soi-disant gagné en humanité. Mouais. L’entre-deux dans lequel il se situe le rend, de mon point de vue, moins marquant, moins saillant. En tant que figure emblématique, je ne crois pas qu’il survivra à ce film. Audiard ne voulait pas d’un nouveau Tony Montana, qu’il se rassure, il a très bien réussi. Au passage, il s’est aussi débarrassé des éléments qui donnaient son titre à l’histoire. Un rêve de cerf est une bien maigre justification et ne vaut pas celui d’une licorne. Par ailleurs, bien que le grand Jacques s’en défende, son Prophète a des tentations véristes dont il s’affranchit quand cela l’arrange. Pas forcément pour le meilleur. Un exemple ? La rocambolesque scène de fusillade, avenue Montaigne, à Paris, dans le dernier tiers du film. Et ne parlons pas de la prison. J’ai un vrai problème avec le cinéma et la télévision. Je ne les vois – presque – plus avec des yeux profanes. Et c’est encore pire quand les auteurs veulent faire oeuvre de réalisme. Finalement, les films, les séries qui me séduisent aujourd’hui sont ceux à propos desquels je ne me pose pas de question en les voyant, dont je ne sors à aucun moment. C’est pénible, ils sont devenus rares. Un prophète n’en fait pas partie, pas plus que Public enemies, vu il y a quelques mois, une grosse déception. Up, en revanche…

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