Douce France
Il est facile de déterminer quand une société va bien. Par exemple, quand ses systèmes d’alerte sanitaire fonctionnent au point que les marchands de journaux se mettent à vendre des flacons de solution hydro-alcoolique pour se désinfecter les mains – vu ce matin, en bas de chez moi. Ou quand ses députés votent des lois si bien ficelées qu’un ministre refuse d’en signer les décrets d’application. A moins qu’il ne faille voir là une manœuvre du chef de l’état pour torpiller un concurrent potentiel, chef de la majorité parlementaire, en désavouant son travail. Ou quand un parti dit de gouvernement, au fronton social et humaniste, se retrouve pris la main dans le sac après avoir apparemment organisé, dans la plus totale opacité, des élections dignes de la pire autocratie. A tel point que le scrutin qui s’est récemment tenu en Afghanistan, pour élire un nouveau président, pourrait passer, par comparaison, pour un modèle d’intégrité. Ou quand il faut une petite trentaine de suicides dans une entreprise pour que les gens – la direction de ladite entreprise, le gouvernement, les mouvements politiques d’opposition, ah non, pas eux… la presse, nous – commencent à réagir. Sinon, il paraît que Secret Story a très bien marché cet été et que Plus belle la vie va continuer à cartonner. Quand il y a un programme de ce genre à la télé, ça va, c’est quand ils sont trop nombreux que les choses se gâtent. Bonne journée.