La ligne de sang

Blogged by DOA as Ligne de Sang — DOA Thu 15 Jul 2004 13:13

Madeleine Castinel est étudiante à Lyon. Elle sort d’une rupture difficile avec son dernier petit ami, Paul Grieux. Depuis le soir du 30 septembre 2003, elle est partie sans prévenir ses proches. Ils ont l’habitude de ses fugues solitaires.

Priscille Mer est lieutenant de police. Jeune, inexpérimentée, elle découvre jour après jour le quotidien déprimant du commissariat de la Croix-Rousse. Le 30 septembre 2003, en début de soirée, elle intervient sur un accident de la circulation. Il y a un seul blessé, le conducteur d’une moto. Il se nomme Paul Grieux.

Le 30 septembre 2003, alors qu’il rentre chez lui après une journée de travail, le capitaine Marc Launay, du SRPJ de Lyon, croise l’une de ses anciennes stagiaires, Priscille Mer, sur les lieux d’un accident. Pour l’aider, il décide de s’occuper de prévenir le seul proche identifié de Paul Grieux. Il n’a qu’une adresse, celle de la fiancée du motard, Madeleine Castinel.

Paul Grieux est antiquaire. Jusqu’au soir du 30 septembre 2003, il menait une existence tranquille et discrète. Presque secrète. Il était le mystérieux amant de Madeleine. A sa demande, elle parlait peu de lui, n’évoquait jamais Son Nom. Que souhaitait-il cacher ? A présent, il est dans le coma et lutte contre la mort. Il se bat, se débat, parle, délire, crie. Révèle.

Mais le temps s’enfuit. Tempus fugit. Où mène La ligne de sang qui s’esquisse entre ces quatre vies ?

Couverture: David Sala.
Editeur: Fleuve Noir.

Au loup! Au loup!

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Fri 23 Jul 2004 20:16

Serge Reggiani est mort ce 23 juillet 2004. Objectivement, cela ne me fait pas grand-chose. Je ne l’ai jamais vraiment écouté, tout au plus entendu. Parfois. Une chose demeure, il était difficile d’éviter les annonces de son décès aujourd’hui et, chose étonnante, sa nécrologie était assez souvent illustrée par une chanson intitulée Les loups sont entrés dans Paris. J’imagine qu’elle fait référence à une autre époque, plus sombre, de notre histoire. Epoque que je n’ai pas vécue.

Elle a cependant fait naître en moi des émotions, pas très belles, en réaction à ce qui arrive à l’animal qu’elle maltraite, même de façon symbolique. L’association du loup et du mal demeure très présente dans les esprits. A voir les réactions passionnelles des bergers au récent dérochement de 140 brebis dans les Alpes de Haute Provence et aux annonces du Plan d’action 2004–2008 présenté cette semaine par le Ministre de l’Ecologie et du Développement Durable, on pourra sourire de cette persistance incongrue de notre inconscient collectif passé. Ce serait faire preuve de condescendance et ignorer la portée de la hargne et de la frustration des professionnels de la filière ovine qui sont confrontés à ces « maudits » prédateurs… ainsi que les enjeux réels de la lutte qui s’est engagée pour faire du loup le responsable de la déliquescence et des risques économiques réels encourus par cette branche de la paysannerie française.

Car le loup est un chiffon rouge que l’on agite sous notre nez pour détourner notre attention des vrais problèmes. Confrontée à une concurrence étrangère très forte, notamment en provenance de Nouvelle-Zélande (en ce qui concerne la production de viande – qui constitue la vocation de l’essentiel de l’élevage ovin dans l’arc alpin, où le loup est apparu), cette filière, massivement subventionnée (on estime en moyenne que la moitié du chiffre d’affaire des exploitations du secteur alpin provient de subventions nationales et européennes), est à l’aube de réajustements importants. Beaucoup d’exploitants vont disparaître et ceux qui resteront devront adapter leurs méthodes de production afin de satisfaire aux exigences de qualité et d’hygiène qui se mettent progressivement en place au niveau communautaire.

L’arrivée du loup en 1992 a forcé les bergers à reconsidérer d’ores et déjà leurs habitudes de travail et accéléré une métamorphose inéluctable. En quelque sorte, elle a précipité la fin du système tel que nous le connaissions jusque là. Pourquoi ?

Le loup a disparu de France au milieu du vingtième siècle. Certains disent dans les années ’30, d’autres placent le tir du dernier loup sauvage français en novembre 1954. Terrible hiver ‘54… Quoi qu’il en soit, nous avons, au siècle dernier, réussi l’exploit d’éradiquer complètement une espèce sauvage à l’intérieur de nos frontières. Espèce qui a continué à cohabiter avec l’homme chez deux de nos très proches voisins : l’Italie (où l’on dénombre aujourd’hui entre 600 et 800 individus) et l’Espagne (2000 à 3000 individus en 2004).

Depuis un peu plus de dix ans, le loup est revenu chez nous. Vraisemblablement, il a traversé les Alpes en provenance d’Italie. Chez les bergers, on voit la main de l’homme derrière ce retour. Une réintroduction forcée, artificielle. Les experts penchent plus du côté du retour naturel. Qui a tort ? Qui a raison ? Et quand bien même, des loups sauvages sont en train de reconquérir un territoire que nous leur avons dérobé et l’expérience de nos voisins (qui n’ont jamais cessé de surveiller leurs troupeaux) montre qu’il est possible de cohabiter avec eux.

Sommes-nous donc plus cons que les italiens et les espagnols ? Ou est-ce qu’une fois de plus, dans notre beau pays, il nous est impossible de nous adapter à des changements qui se feront avec ou sans notre consentement ? Les bergers devront, quoi qu’il arrive, faire évoluer leurs méthodes de production, renforcer la surveillance et le contrôle des troupeaux, abandonner partiellement la viande pour se réorienter vers d’autres productions de substitution (fromage et laine). Comme le dit Gaston Franco, maire de Saint Martin Vésubie (commune où l’on a revu pour la première fois le loup en France) : « c’est avec l’arrivée du loup que les éleveurs commencent à craindre les contrôles quant au mode d’élevage, à la garde des troupeaux et à la légalité de la vente » et aussi « il y a des modes de commercialisation qui sont archaïques et permettent la vente directe (sous le manteau) à une grande part de la communauté des Alpes-Maritimes. Mais ces phénomènes sont bien connus » et ils représentent « plus de la moitié » des pratiques de l’ensemble de la filière.

Le loup est là. Les bergers vont devoir arrêter de conduire leurs troupeaux aux estives pour ne plus s’en préoccuper qu’une à deux fois par semaine, pour les plus consciencieux, en les laissant paître sans surveillance sur les larges alpages qu’ils louent. Les statistiques sont assez parlantes. Elles montrent une baisse de 80% des attaques sur les troupeaux rassemblés la nuit dans des parcs à contention électriques sous la surveillance d’aides bergers et de chiens Patou (les fameux Bergers des Pyrénées, comme dans Belle et Sébastien, vous vous souvenez ?). Bien sûr tout cela a un coût. Un coût qui est largement pris en charge par des subventions, de même que l’indemnisation des attaques avérées du loup.

Justement, ces fameuses attaques, qu’en est-il réellement ? Les statistiques officielles montrent une augmentation régulière et sensible du nombre de brebis tuées (par le loup et donc) indemnisées jusqu’en 2002 : 192 en 1994, 1228 en 1998, 2808 en 2002. Pour 2003, le chiffre semble en recul. Serait-il possible que les mesures de protection des troupeaux commencent à porter leurs fruits ? Il semble que les brebis surveillées aient moins à craindre du loup. Il n’est pas fou, notre prédateur opportuniste, il ne va pas aller affronter un homme armé ou un chien de 80kg!

Pour relativiser un peu ces chiffres, qui peuvent sembler énormes, replaçons-les dans un contexte plus global. La filière ovine française représente environ 10 millions de têtes de bétail. Dans le seul arc alpin (de la Haute Savoie aux Alpes de Haute Provence) on en compte 1 million. C’est aussi là que se concentre l’essentiel sinon la totalité des attaques. En arrondissant à 3000 brebis victimes du loup, pour simplifier, cela ne fait que 0,3% du total. Même si vous considérez que cela fait encore beaucoup, il semble intéressant de préciser que chaque année, les chiens errants tuent 200 000 moutons en France. Autant que les épidémies de maladies comme la brucellose (au fait, comme il n’y a que peu de contrôles sanitaires et / ou de surveillance, qui sait ce qu’elles vont nous faire un jour, ces putains de pathologies). En tout donc 400 000 ovins par an tués par d’autres calamités que le loup. 400 000 morts contre 3000 (moins en fait), c’est sûr, le loup est un super-prédateur du mouton !

Le loup est revenu. Après avoir disparu. C’est cette disparition qui a fait dire, non sans une certaine hypocrisie, aux présentateurs de journaux de nos différentes chaînes TV nationales que l’on « n’avait plus tiré de loup en France depuis les années ’30 ». Et pour cause, il n’y en avait plus ! Voilà quelque chose dont nous pouvons être fiers, à l’heure où notre président prétend mettre en place une Charte de l’Environnement et où tous les partis politiques qui comptent en France intègrent l’écologie dans leurs discours de campagne.

J’imagine qu’il s’agissait de dédramatiser l’annonce du prélèvement de 4 individus sur les 50 à 60 loups que l’on pense avoir dénombré sur notre territoire national en 2003 - 2004. 50 à 60, nous sommes loin des populations lupines italiennes ou espagnoles. J’imagine que c’est aussi pour nous faire avaler cette pilule que les journaux télévisés mettaient systématiquement ce plan en miroir du dérochement des 140 brebis « tuées par le loup » le 19 juillet ! Des loups qui tuent 140 brebis, quel exploit ! Ne serait-ce pas plutôt la panique qui les auraient conduites, panurge comme tous les moutons, à se précipiter en masse dans un ravin ? Panique qui peut avoir été provoquée par beaucoup de choses, au rang desquelles figurent le loup, mais aussi les orages, les chiens errants ou tout simplement le comportement naturellement craintif des ovins. Le berger propriétaire n’était pas là, il n’en sait rien à vrai dire. Cependant, à ce jour, l’implication du loup n’a pas été démontrée dans cet incident. Et les deux animaux, égorgés mais non consommés (détail qui a son importance, le loup chasse pour manger), retrouvés à proximité du charnier incrimineraient plutôt des chiens.

Mais pour nos chers hommes politiques, couilles-molles de droite comme de gauche (le gouvernement Jospin, en son temps, voulait faire voter un projet de loi visant à interdire au loup certaines zones de pastoralisme. Il n’est pas passé, heureusement, mais il faudrait quand même que l’on m’explique comment on aurait fait comprendre à nos amis lupins de ne pas franchir certaines frontières sous peine de mort), continuellement à la pêche aux voix, en particulier dans le monde paysan, le loup est devenu un argument électoraliste comme les autres. Ainsi, notre cher Ministre de l’Agriculture, Hervé Gaymard, en campagne dans les Alpes du Sud pour les régionales, n’a-t-il pas déclaré, devant les représentants locaux des syndicats paysans : « à titre personnel, ma position sur le loup, c’est de tous les tuer. » (in le Dauphiné Libéré, 07/12/03). Du grand art, pour ce membre d’un gouvernement censé nous représenter !

Je remarque au passage l’absence quasi-totale de réaction du monde politique suite à ce plan qui, même s’il est dans l’ensemble plutôt favorable au Canis Lupus français, a du mal à justifier l’élimination de 4 individus. Sauf s’il s’agit de calmer les ardeurs guerrières et revanchardes des éleveurs et de leurs représentants syndicaux. En effet, le loup a réussi l’exploit de rallier contre lui tous les syndicats paysans, de la FNSEA, ultra-catégorielle, ultra-productiviste et partisane du maintien de fortes subventions, à la Confédération Paysanne, pourtant officiellement plus en faveur d’une agriculture respectueuse de la nature (voir leur crédo, sur leur site : « préserver : en excluant des méthodes de production dangereuses [nitrates, pesticides, antibiotiques, hormones, OGM…] ; en entretenant et en préservant pour les générations futures les ressources naturelles et les paysages, la biodiversité, les terroirs et les savoir-faire paysans. »). Ainsi, on pouvait lire, dans un communiqué publié ces jours-ci toujours sur leur site, la phrase suivante : « de toute évidence, M. Lepeltier n’a tiré aucun enseignement de sa visite dans les Alpes de Haute-Provence, le 8 juillet dernier, où il a rencontré des éleveurs à bout de nerfs et de fatigue. Son discours opaque et démagogique, sous-tendu de la mythologie écologiste moderne du loup, n’apporte aucune solution nouvelle, ni efficace pour la sauvegarde du pastoralisme, et veut faire passer les éleveurs pour des intolérants obscurantistes. » J’adore cette expression : « mythologie écologiste », cela cadre parfaitement avec le discours sur la préservation des « ressources naturelles » et de la « biodiversité ».

Tiens, d’ailleurs, en parlant d’écologie, nous ne les avons pas beaucoup entendus sur le sujet, nos roses déguisés en Verts. Où était donc Noël ? Nulle part. Ou alors en vacances avec ses petits camarades. Faut-il en déduire pour autant que les couples de loups (modèles de fidélité et d’amour parental, pour qui prend la peine de se pencher sur le comportement social et sociable de ces animaux) sont moins intéressants que les couples homosexuels ? D’un point de vue médiatique s’entend, parce que d’un point de vue écologique… surtout quand on prétend se préoccuper de la gueule que la planète aura pour les générations à venir.

Une chose qui me semble paradoxale, à moi. Le Mercantour, le Vercors, ces zones où sont revenus les loups sauvages, ultimes symboles de la résistance de la nature à notre parasitage continuel, ne sont-ils pas justement des Parcs… Naturels ?

Reggiani conclut sa chanson par cette phrase : « Les loups sont sortis de Paris… » Désolé de te contredire, Serge, mais ils y sont toujours. Signez la pétition sur loup.org.

Et ça continue

Blogged by DOA as Markus Freys — DOA Tue 13 Jul 2004 15:43

Les Fous d’avril est sorti depuis maintenant quatre mois et continue de faire son petit bonhomme de chemin. Visiblement, il est passé entre les mains des organisateurs du festival des Utopiales. Il a dû leur faire bonne impression puisque j’ai été cordialement invité à participer à l’édition 2004.

J’ai accepté, évidemment. Ce sera mon premier grand festival et il se tiendra du 4 au 7 novembre à Nantes.

L’ultime épreuve

Blogged by DOA as Ligne de Sang — DOA Mon 19 Jul 2004 15:01

Ce matin, j’ai reçu un coup de fil d’AFH, l’assistante éditoriale de la collection Polar, qui me signalait que la correctrice avait terminé sa lecture des épreuves de La ligne de sang. Il s’agit du texte mis en page sous sa forme définitive, avec la bonne police et les marges finales. Cela donne donc un assez bon aperçu de ce que sera le livre à venir.

Elle me les a fait parvenir par coursier et je viens à peine de les recevoir.

Premier choc, l’épaisseur du document. Il ne s’agit que de copies recto, certes, et je savais déjà que ce roman serait plus volumineux que le premier. Les documents personnels que j’imprimais pour mes relectures initiales comptaient 100 pages de plus que ceux des Fous d’avril. Tout de même, ce livre fera 473 pages contre 242 pour le précédent. C’est presque le double ! Je me demande si cela ne sera pas un peu dissuasif pour les lecteurs. Espérons que non.

L’autre choc provient de la quantité de fautes qui demeuraient dans le texte. Je pense pouvoir dire que mon orthographe est assez bonne et que j’ai par ailleurs pris le temps de bien relire mon document final avant de le remettre au Fleuve Noir. Je fais toujours en sorte d’éviter au maximum les erreurs de frappe et autres bêtises qui peuvent rendre pénible le travail de ceux qui doivent passer derrière moi. Je dois cependant me rendre à l’évidence, j’ai beaucoup de progrès à faire. Plus de la moitié des pages sont balafrées de rouge. Fautes, tirets ou espaces aux abonnés absents, répétitions, concordances des temps, l’œil avisé de la correctrice a relevé des dizaines de coquilles plus ou moins volontaires… ou pardonnables.

Elle a aussi pris la peine de marquer certaines pages avec des morceaux de Post-it (une de mes fautes, j’avais oublié la majuscule) où se trouvent des mots ou des passages pour lesquels elle m’a suggéré des changements. C’est surtout sur ceux-là qu’il faut que je me concentre même si, par acquit de conscience, je vais relire tout le texte. C’est mon ultime chance de pouvoir lui apporter des modifications. Et pour faire cela, j’ai un peu moins deux jours devant moi, puisque je dois rendre les épreuves validées à AFH mercredi en fin de matinée.

Un peu de musique et je vais pouvoir me replonger dans les premières aventures de Priscille et Marc pour la dernière fois.

Mission accomplie

Blogged by DOA as Ligne de Sang — DOA Wed 21 Jul 2004 14:37

Ca y est, j’ai fini ma dernière relecture de La ligne de sang. Dans un peu moins de trois mois, les lecteurs découvriront les mésaventures de mes nouveaux personnages : Priscille Mer et Marc Launay. Ils visiteront des lieux où j’ai flâné, plus jeune, comme cette rue pavée, où j’ai même habité. Ils franchiront l’une de ses portes cochères et arpenteront ce long couloir toujours sombre et humide, qui mène à la petite cour médiévale enchâssée entre les immeubles de cette partie du Vieux Lyon.

Je n’ai presque rien changé dans mon texte, tout juste suivi certaines recommandations de la correctrice. La mise en page correspond à celle que j’avais demandée et, à l’exception des remerciements, qui avaient été oubliés, tout m’a semblé parfait. La couverture est prête depuis quelques semaines déjà, même s’il nous a fallu un peu de temps et beaucoup d’énergie (merci BD et AFH) pour la faire valider par toutes les parties. Par ailleurs, le texte de la quatrième de couverture, la seconde chose que regarde le lecteur potentiel (après la zolie image sur le devant du livre), a lui aussi été accepté. C’est celui que vous pouvez lire dans ma note du 15 juillet.

Donc, si je ne me m’abuse, le livre sera sous peu fin prêt pour partir à l’impression. J’ai même pu récupérer un exemplaire des « épreuves non corrigées » (c’est presque un livre définitif, sans la couverture ni la quatrième) qui vont bientôt être envoyées aux journalistes qu’ER, l’attachée de presse du Fleuve Noir, souhaite contacter au plus vite.

En manipulant et en feuillettant un peu la bête, dans son bureau, comme pour voir la prise en main que les futurs lecteurs vont en avoir, je me suis senti un peu vide (bien que je sois quand même soulagé de voir mon travail sur ce texte enfin achevé). Dépression post-natale ?

Heureusement, un agréable déjeuner avec AFH m’a ensuite permis de penser à autre chose. Nous avons surtout pu évoquer un autre projet littéraire qui, s’il ne me concerne pas directement, me tient particulièrement à cœur. Je serais très satisfait s’il voyait le jour et aboutissait à un succès. Je crois beaucoup au talent de la jeune femme dont nous avons parlé à table et elle mériterait largement d’être publiée. La réaction d’AFH m’a rassuré, il semble que je ne sois pas le seul à penser que le résultat pourrait être très intéressant.

P.S.: quand tu me liras, tu comprendras que c’est de toi qu’il est question ici. La balle est dans ton camp.

Camera oscura

Blogged by DOA as MiAPED — DOA Wed 21 Jul 2004 15:22

Je viens de terminer un picth pour une série d’espionnage ayant pour thème central la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure). Il ne me reste qu’à l’envoyer à la société de production pour laquelle je l’ai rédigé.

Dans ce document d’à peine quelques pages, j’ai essayé de donner un aperçu de ce que pourrait être la série. Elle s’articulerait autour des destinées de cinq personnages principaux, tous agents de diverses directions des services secrets français, parvenus à des stades différents de leurs carrières respectives. Il ne s’agit pas de sombrer dans le spectaculaire mais plutôt de s’en tenir à une certaine forme de réalisme en démontant les mécanismes des missions que remplissent quotidiennement les hommes et les femmes de l’ombre, ainsi que les difficultés auxquelles ils sont confrontés, tant sur le plan professionnel que sur le plan personnel. Il y aura un peu d’action mais surtout beaucoup de tension psychologique.

Alors que le mail s’impatiente dans ma boîte d’envoi, je me prends à rêver que cette série voie véritablement le jour. Cet univers du secret me plait et l’approfondir dès à présent me permettrait de préparer le terrain pour le grand roman d’espionnage ultra réaliste que je projette d’écrire depuis plus d’un an. Je devrais avoir des nouvelles dès la semaine prochaine.

Croisons les doigts.

Phone Game

Blogged by DOA as MiAPED — DOA Mon 26 Jul 2004 16:39

Et voilà, trente minutes au téléphone avec le producteur qui m’a demandé de plancher sur la série DGSE. Ce n’est pas négatif mais ce n’est pas positif non plus. Tout d’abord, il apparaît que certains passages de mon document qui me semblaient évidents ne l’aient pas tellement été pour lui.

C’est toujours un risque, lorsque l’on écrit. Ce que l’on a dans la tête n’est pas forcément toujours très bien retranscrit en mots. C’est pour cela que des avis extérieurs sont toujours intéressants. Il faut juste être capable de trier le subjectif de l’objectif. L’objectif, c’est le thème, le mécanisme de l’intrigue, les sujets que l’on veut aborder. Tout cela doit être limpide. Le subjectif, c’est la part de l’auteur, son jugement qui, au final, doit primer (par rapport à celui d’éventuels conseilleurs extérieurs). Même s’il ne plait pas. Après tout, on n’écrit pas que pour plaire, si?

Il se trouve aussi que les demandes des producteurs sont toujours fluctuantes. Très (trop) à l’écoute des chaînes de télévision, ils adaptent continuellement les projets aux désirs mouvants des diffuseurs. Et ceux-ci peuvent changer d’une semaine sur l’autre. Ainsi, on peut passer aisément d’une série qui colle à la réalité (et dans le cas de la DGSE, elle n’est pas toujours très jolie, la réalité) à une série qui met l’accent sur des personnages attachants, au risque de devoir sacrifier un peu (beaucoup) de réalisme. Nous manquons, en France, de cette culture anglo-saxonne du documentaire, une culture de la vérité crue que l’on retrouve dans de nombreuses séries de fiction US ou anglaises. On n’ose pas.

Cette année par exemple, j’ai été bluffé par The Shield, sur Canal +, série dans laquelle le héros est un flic ripoux qui côtoie des personnages humains, pas vraiment héros pour deux ronds. Anti-héros qui sont montrés sans concession dans ce qu’ils ont de pire et / ou de meilleur. Il y a de la violence, du sexe, des compromissions, des petites et des grandes trahisons, des faiblesses. La plupart des mauvais côtés de la vie, quoi. Et certains des bons, aussi, quand même.

Quoi qu’il en soit, il va falloir que je planche à nouveau sur mon document, pour l’orienter un peu mieux et le rendre un peu plus sexy. Soucieux de réalisme, j’ai probablement rendu un texte trop austère. J’apprends. De surcroît, je suis personnellement assez mal à l’aise avec ces documents courts qui demandent de synthétiser par avance une pensée qui n’est pas forcément, à ce stade, suffisamment mûrie. J’ai du mal à écrire sur des intrigues quand elles conservent des zones d’ombre ou d’à peu près dans mon esprit.

Donc: « back to work » (Lt Vincent Hanna – Al Pacino – HEAT 1995).

Vous êtes bien urbain

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Tue 27 Jul 2004 16:03

Pas vraiment. La ville m’étouffe aujourd’hui. Tout à l’heure, à 13h00, dans cette avenue Kléber trop lumineuse, la sensation était encore plus aiguë. Mardi. Nous ne sommes que mardi et pourtant tous les ouineurs que je voyais entrer et sortir du Centre d’Affaires du Trocadéro, devant lequel j’attendais, étaient habillés casual, style friday wear. Enfin, il s’agissait plutôt de l’interprétation estivale du friday wear : costumes plus clairs et chemises sans cravate, ouvertes. Pas trop bas. Que se passait-il ? La révolution était-elle en marche ? Echapper à ça. C’est tout ce qui m’est venu à l’esprit, alors que j’enfonçais plus profond les écouteurs de mon iPod (déjà foutu pour la cause ?) dans mes oreilles. Echapper à l’assimilation dans cette masse de pingouins conquérants et fatigués, privés du pouvoir de leur cravate ancestrale.

Mais je délire, je suis méchant. Frustré ? Non, de mauvais poil, juste.

Enervé, alors que j’arrivais à destination pour mon rendez-vous, par cette personne de sexe indéterminé qui s’est précipitée hors de la rame, devant moi, devant tous les autres, presque déjà sortie alors que la porte n’était pas encore ouverte, pour atteindre la première l’escalier du métro… Et finir par le monter d’un pas lent, ensuqué et zigzaguant, qui empêche de passer. Pour s’évader et sortir enfin de ce tunnel. Elles sont nombreuses, ces silhouettes anonymes, pressées d’aller doucement, empressées de leur priorité triomphante et fantasmée, prêtes à vous marcher dessus pour être devant. Mais devant quoi, devant qui ? Et pourquoi ? Qui sont ces ombres qui oublient qu’elles vivent avec d’autres ombres ?

Agacé, plus tôt ce matin, par une partie de la compilation des revues de presse des Fous d’avril. Une majorité de papiers positifs. Trois articles mitigés. Ce sont ceux-là qui m’ont ennuyé. Seulement deux des trois, en fait. Soyons clairs, je n’ai rien contre un avis négatif. La littérature de genre, comme toute autre forme de création, est soumise au subjectif des critiques. Celui-ci est tout à fait fondé à ne pas être favorable. Il me semble cependant qu’il devrait être argumenté. Justifier son point de vue. Il n’y a rien de plus frustrant pour un auteur qu’un journaliste qui se permet, après un vague résumé de son travail, de lâcher des tirades du genre : « l’indulgence est de mise, s’agissant d’un premier roman… » Mais pourquoi ? L’indulgence vis-à-vis de quoi ? Ou encore, dans cet unique quotidien du dimanche, il y a quelques mois : « Jeune auteur français, DOA a une imagination et un sens du suspense qui permettent de faire oublier les inévitables maladresses d’un premier roman. » Lesquelles ? Montrez-les moi, au moins, que j’ai matière à réflexion. Que je puisse progresser. Bien sûr, il n’y a jamais aucune précision. Dès lors, à quoi sert ce genre de sortie, si ce n’est à montrer sa condescendance avec le ton de celui qui sait, à coup sûr, par rapport à celui qui ne sait pas? Surtout le ton de celui qui n’a peut-être finalement rien à dire… ou à écrire.

Bad day. J’aurais dû le savoir, en me levant, trop tôt, à 5h44. Il y avait cette petite vrille, dans ma tête. Bad, bad day. Cela a continué au déjeuner. La sole n’était pas cuite. A ce stade-là, on ne dit même plus rose à l’arête. Je l’ai sur l’estomac, à présent. Very bad day. Je termine cette note et je vais aller me coucher, je crois. Non, je rigole.

Si peu.

Spiced Pork And Meat

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Wed 28 Jul 2004 18:26

Alors, aujourd’hui encore, par courrier, on m’a proposé de faire grandir mon pénis de 20 inches au moins, de gagner 500 millions de dollars et de me faire sucer langoureusement toute la nuit par une bombasse blonde à gros seins (désolé les filles, mais la parité n’existe pas dans le pourriel, je ne reçois aucune proposition gay)!

Il y a des jours où je me dis que je suis trop con de ne pas les écouter, tous ces braves annonceurs, parce qu’avec eux, c’est sûr, en un seul jour je deviendrais un homme nouveau!

Comme les Monty Python, je n’ai qu’une chose à dire : “SPAM SPAM SPAM SPAM. Lovely SPAM ! Wonderful SPAM ! SPAM SPA-A-A-A-AM, SPA-A-A-A-AM, SPAM! Lovely SPAM ! Lovely SPAM ! Lovely SPAM ! Lovely SPAM! Lovely SPAM ! SPAM SPAM SPAM SPAM!”

Les joies de l’attente

Blogged by DOA as MiAPED — DOA Wed 28 Jul 2004 19:54

J’ai renvoyé le pitch DGSE au producteur aujourd’hui, avec quelques petits remaniements qui, s’ils ne modifient en rien le fond de la série (et celui de ma pensée) devraient (touchons du bois. Je sais, j’ai l’air con devant mon bureau en verre, avec ma main sur le front) aider à mieux faire passer la pilule. A la différence du film Agents Secrets (quelle plaie, ce couple Bellucci & Cassel !) de Frédéric Schoendoerffer, nous allons essayer d’éviter l’écueil de la série pour spécialistes avertis en rendant le propos relativement didactique. Ce devrait être facile compte tenu de l’angle d’attaque que je souhaite lui donner.

Une chose que ce nouveau document met aussi en avant, c’est le côté humain et attachant des personnages principaux. Bien sûr, cela risque d’être un peu romancé par rapport à la réalité des hommes et des femmes de la DGSE (encore que) mais, une fois de plus, le prisme à travers lequel nous allons présenter les intrigues (qui devraient rester très réalistes et documentées) devrait nous aider dans cette tâche.

Je ne vous en dis pas plus pour le moment. Si je le faisais, il faudrait que ça saigne et je n’ai pas que ça à foutre.

Sinon, j’avais été sollicité, début juillet, pour réfléchir sur un projet de court (métrage) dans le cadre d’un truc monté par Canal sur le thème : « 10 minutes pour changer le monde » (ou quelque chose d’approchant). J’avais proposé trois idées, dont l’une avait été particulièrement appréciée. C’était construit sur très peu de dialogues mais beaucoup de symbolique imagée, tirée du quotidien.

On en a parlé, on devait me rappeler (classique) puis je n’ai plus eu de nouvelle (re-classique. Je vais finir par m’y faire, pas le choix, de toute façon, hein ?)… Jusqu’à aujourd’hui, par portable interposé. En fait, la boîte de production cinématographique qui m’avait demandé de plancher a renoncé parce qu’il fallait rendre un dossier assez complet (en dehors du scénar’ proprement dit) avant le 14 juillet (soit à peine plus de dix jours après qu’ils m’aient contacté). Un peu trop juste.

En revanche, l’idée les a visiblement interpelé. Mon interlocuteur partait cet après-midi tourner une pub en Espagne mais il revient début août et il veut qu’on en reparle. Wait & see, comme ils disent, les angliches.

Next Page »
Wordpress Inside - Theme par neuro