Romantisme urbain

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Mon 1 Nov 2004 12:32

En passant, nonchalant, devant le square Barye - un grand romantique - au bout de l’Île Saint Louis, une phrase saisie au vol: en général, l’automne ça me déprime, mais pas tout le temps. Devant tant de profondeur, je me dis que j’aurais besoin d’une belle et grande lettre… Et je suis exaucé. Aujourd’hui.

DOA Tour 2004

Blogged by DOA as Ligne de Sang — DOA Mon 8 Nov 2004 20:13

Je serai en dédicace à Lyon, les 13 et 14 Novembre 2004, à partir de 15h00, pour le Salon Livre sur la Place (Bellecour).

Et, pour les parisiens que cela intéresse, je serai également en signature à la librairie Epigramme (58, Rue de la Roquette / Paris 11) le 19 Novembre, à partir de 18H00.

Impressionnant, non? Trois dates!

Utopiales 2004

Blogged by DOA as Markus Freys — DOA Sun 7 Nov 2004 19:50

Je suis rentré aujourd’hui des Utopiales 2004 qui se tenaient à Nantes, dans la Cité des Congrès, un impressionnant bâtiment construit le long d’une artère moderne, à un jet de pierre de l’ancienne biscuiterie Lu et du château des Ducs de Bretagne. La manifestation s’est déroulée pendant quatre jours et doit se clôturer ce soir. Nombreux étaient les écrivains qui étaient invités et j’ai pu enfin mettre des visages sur les noms de certains de mes collègues des littératures de SF et de Fantasy. Mon premier roman noir se déroulant dans un contexte futuriste proche, il a été publié dans une collection d’anticipation, ce qui expliquait ma présence à ce festival.

Passer quatre jours dans la ville natale de Jules Verne m’a permis de faire quelques rencontres qui constituent à elles seules la raison d’être de ce type de manifestation. Ne serait-ce que pour cela, il m’apparaît souhaitable de féliciter et remercier les responsables des Utopiales pour tout les efforts et le travail accomplis. Pour l’auteur que je suis, l’accueil a été impeccable, les gens et les informations disponibles, et les évènements planifiés se sont déroulés sans accroc, dans de très bonnes conditions. Le lieu, vaste et aéré se prête parfaitement à ce genre d’organisation avec son foyer central, où se tenaient les principaux débats / conférences, et les ateliers, salles de projections et autres expositions qui gravitaient autour de l’atrium, sur plusieurs niveaux. Il est aussi assez remarquable de voir une ville soutenir avec autant de moyens des festivals qui ne touchent, au final, qu’un public restreint en France.

Parmi les rencontres marquantes donc, je dois en distinguer deux du côté professionnel : il s’agit de KW Jeter, un écrivain américain avec qui je suis rentré à Paris tout à l’heure, et surtout de Guillaume Sorel. Artiste talentueux et surtout véritable personnage, bon vivant, fort en gueule et rebelle, il fut, tout au long de ce séjour, suffisamment subtil pour foutre le dawa sans mettre véritablement le souk ! J’ai passé trois jours à rire de ses facéties qui hérissaient certains systèmes pileux un peu trop sensibles et conscients de leur importance. En particulier, ceux des artistes chargés avec lui de réaliser une fresque qu’il aurait aimé plus risquée et vivante, et qu’il a fini par envoyer paître en décidant de peindre, sur une suggestion de ma part, une chaise sur laquelle Michael Moorcock s’était assis. J’espère garder le contact avec lui pour partager, à l’occasion, un malt rare ou un cigare précieux. Côté amateur, j’ai apprécié de côtoyer un peu les membres de Noosfère, une association qui fédère plusieurs sites web dont une encyclopédie de la SF, et surtout de rencontrer certains de mes lecteurs, anciens ou nouveaux, avec qui j’ai eu quelques échanges fructueux lors de mes deux séances de dédicace. Le rythme de vente de mes livres étant ce qu’il est, j’ai eu amplement le temps de discuter avec eux. Il est assez étonnant de se retrouver face à sa propre vision interprétée par d’autres. Ou de découvrir à quel point une attitude telle que celle qui fût la mienne lors du débat organisé sur le thème du cyberpunk - blasée et endormie, tant le niveau général de la discussion, malgré le prestige de certains intervenants présents sur scène, était inadéquat - peut stimuler la curiosité et les interrogations des spectateurs.

Ces débats, qui se sont tenus tout au long du festival, sont pour moi l’un des deux points noirs de ces quelques jours. D’un point de vue formel, principalement. Trop courts, une heure en moyenne, ils mettaient en scène et sur scène trop d’intervenants, dont le placement, systématiquement en rang d’oignons en face et au-dessus du public, limitait toute possibilité de réelle discussion. Et, malgré tous les efforts des animateurs - souvent des auteurs ou des journalistes - peu rompus à ce genre d’exercice, ils ont, dans l’ensemble, été assez ennuyeux. Tant pour les débatteurs que pour le public, même si celui-ci, séduit par la présence d’écrivains assez réputés comme Poppy Z. Brite - qui dort très bien sur scène -, Norman Spinrad, Bruce Sterling, Walter Jon Williams ou encore Michael Moorcock, a été, je crois, très indulgent. Mais il faut se rendre à l’évidence, nous n’avons pas offert un spectacle bien intéressant. Je dirais même que l’impression globale qui se dégage de l’attitude de certains des auteurs présents à ce festival est semblable à celle que donneraient de grands enfants qui aspirent à la reconnaissance des adultes mais, se prenant trop à leur jeu, finissent surtout par démontrer qu’ils ne sont pas vraiment mûrs ni professionnels. Et puis, fondamentalement, il y avait un peu trop de chevilles enflées au mètre carré. Que de sérieux et d’ego pour des artistes oeuvrant dans le domaine des littératures dites de l’imaginaire. C’est là que se situait, pour moi, l’autre point noir du festival.

J’étais venu pour voir, m’approcher des auteurs et des lecteurs. Dans une certaine mesure, j’ai obtenu ce que je souhaitais. J’espérais aussi, il ne faut pas se leurrer, assurer la promotion de mes livres et je crois être passé complètement à côté de cet aspect de mon travail. Il est vrai que lorsque l’on débarque dans un milieu inconnu et que l’on n’a pas de guide, c’est un peu plus difficile. Par ailleurs, les débats auxquels j’ai participé ne m’ont pas permis de m’exprimer sur autre chose que sur des sujets triviaux. Enfin, bien que l’on m’ait signalé leur présence, je n’ai pu apercevoir - sans même parler de m’entretenir avec - aucun des journalistes de la presse grand public (le Monde, Libé, Ouest France, Europe 1, etc.) apparemment bien représentée. Aujourd’hui, je ne sais toujours pas à quoi ils ressemblent ni s’ils existent vraiment. A la différence de David Vincent, je ne les ai pas vus. Pourtant, autour d’un verre, au bar, un soir, deux ou trois pigistes par qui j’ai déjà été interrogé il y a quelques mois me confièrent vouloir rencontrer un peu plus les auteurs, mais qu’il était difficile de nous joindre. Mon attachée de presse, présente elle aussi, m’affirme au contraire, depuis le début de notre collaboration, que les journalistes, un peu submergés par la quantité d’ouvrages et d’auteurs à traiter, sont difficiles à approcher. Qui croire ? Moi j’étais là, j’étais disponible et, en dépit de critiques toutes globalement positives à l’endroit de mon premier roman - et la sortie récente du second - je n’ai participé qu’à une seule interview, arrangée depuis Paris avec l’un des deux présentateurs de l’émission Salle 101, qui me suit et me soutient depuis mes débuts. J’imagine que je n’intéresse personne, à part mes quelques lecteurs, ou que, victime d’un effet Utopiales inconnu, je suis tombé dans une faille spatio-temporelle alternative qui m’a empêché de parler aux membres du quatrième pouvoir.

Cogito ergo sum

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Wed 10 Nov 2004 9:33

Hier soir, juste avant le sommeil, elle me lance: je vais faire de deux pierres (noires et grises avec des trous?) un coup! J’ai fait des rêves hilares toute la nuit.

Involuntary dilation of the iris

Blogged by DOA as Markus Freys — DOA Thu 11 Nov 2004 16:42

La vitrine du taxidermiste est entrée dans mon champ de vision juste au moment où les premiers accords montaient dans mes oreilles. La musique de l’adaptation cinématographique de Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? Ironie aléatoire de l’écoute numérique baladeuse. Les souvenirs sont revenus d’un seul coup. Blade Runner est mon film de chevet. Il a partagé mon existence depuis ce jour de 1982 où, accompagné de mes parents, je suis resté scotché devant l’écran du cinéma qui le diffusait en VOST. J’étais bien le seul. Ma mère n’a rien compris à l’intrigue. Mon père a râlé pendant tout le film parce que les images étaient trop sombres. Claustrophobie audiovisuelle, probablement. Moi, j’ai découvert mon monde.

Plus de vingt ans plus tard, ce chef-d’œuvre n’a toujours pas pris une ride. Et pourtant, je l’ai vu des centaines de fois. Je connais tous ses défauts - et il y en a : des fils mal dissimulés qui permettent aux Spinners de s’envoler, aux prothèses de blessures de Priss qui apparaissent avant que Deckard ne la tue - et surtout toutes ses qualités. Ne me manquent aujourd’hui, dans le DVD Director’s cut, que les voix-off. Celles qui, pendant mes années étudiantes, de VHS en LD, puis, plus tard, de K7 en CD, au retour de toutes les nuits passées dans ces terres sans nom, où plus rien n’était un exercice, toujours au moment du repos, me guidaient vers le sommeil et les rêves, enfin.

Je me suis donc senti à la fois heureux et nostalgique de retrouver, au hasard de mes divagations, cette musique de Vangelis. Pourtant, cette seconde version de la BO n’est encore pas exactement celle qui illustre le film. Malgré tout, le musicien grec n’a jamais été aussi bon que pour cette composition originale. Il réussit même à faire chanter - et apprécier - Demis Roussos, son vieux complice des Aphrodite’s child dans le film - la voix du morceau qui habille le passage du marchand de serpents, c’est lui -, c’est pour dire.

Ce matin, un peu plus tôt, dans un long couloir de céramique blanche métropolitain, un homme d’origine asiatique - toujours ce (mal-)heureux hasard ? - s’amusait à faire fuir devant lui un vieux pigeon, sous les yeux de son jeune fils, ravi. Un vieux pigeon tout noir et déplumé. Un taxidermiste. La BO de Blade Runner. La tristesse s’est installée peu à peu. L’homme qui, en ruinant sa planète, détruit son existence même. L’homme bientôt réduit à ne plus vivre la nature qu’à travers des représentations artificielles de celle-ci. Des animaux mécaniques, des moutons électriques. Et, dernière avanie, l’homme qui supplante ses dieux en leur volant leur pouvoir suprême, celui de la création, avant de, comme eux, l’utiliser pour modeler une créature à son image. Une réplique, un réplicant. Un être supérieur à lui. Ne serait-ce que pour une chose : il connaît et comprend l’importance de la vie. Ainsi, la machine dépasse l’homme. Et le remplace.

I’ve seen things you people wouldn’t believe.
Attack ships on fire off the shoulder of Orion.
I watched C-beams glitter in the darkness at Tannhäuser Gate.
All those moments will be lost in time like tears in rain.
Time to die.

Ce matin, l’un de ces hommes-dieu poursuivait un vieux pigeon dans un couloir de métro. Pour faire rire sa progéniture. Un animal affaibli, paniqué, perdu dans cet espace urbain pollué et minéral que, dans un spasme d’orgueil, nous osons parfois appeler Ville Lumière. Vile lumière ?

Un long dimanche…

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Mon 15 Nov 2004 7:48

Ca a été un de ces dimanches de retour sur les terres ancestrales. Un dimanche où tout est gris, aigri. Un dimanche de convergences bizarres, avec ses mails venus de rien et ses pleurs venus du tout. Ses absences, qui plombent. Un dimanche épilogue et un dimanche prologue. Un de ces dimanches collégiens ou même lycéens, de veille d’examen. Un dimanche où l’on dort mal, ou pas, jusqu’au lundi, petit matin.

Je n’ai jamais aimé les dimanches.

Happy, nous danserons sur les tombes et les cadavres…

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Mon 22 Nov 2004 6:55

Je regardais Euronews, ce matin, au réveil. Un reportage, bref, évoquait le concert intercommunautaire donné ce week-end suite à l’assassinat de Théo van Gogh. Je n’ai pu m’empêcher de me sentir agacé. Parce que dans cette séquence, les raisons et les conséquences directes de cet assassinat ont été passées sous silence, comme si la vérité n’était pas bonne à dire, au profit d’images de musiciens chantant et de public heureux. J’ai aussi l’impression diffuse que la fréquence de ce genre d’évènements festifs, qui font suite à des attentats divers et variés, augmente. Je ne crois pas que c’est en jouant deux heures de musique, en faisant comme si de rien n’était, que l’on trouvera des solutions à ces drames et aux problèmes qui les provoquent. Dans une semaine, que dis-je, dès aujourd’hui, tout le monde aura oublié et les choses reprendront leur cours normal. Pendant deux heures, les communautés se seront rapprochées, puis elles recommenceront à vivre côte à côte, séparées. Ignorantes.

Mon père, ma mère et puis aussi…

Blogged by DOA as Markus Freys, Ligne de Sang — DOA Wed 24 Nov 2004 11:17

Je voudrais remercier tous ceux qui sont venus me voir vendredi soir, pour la signature. Même si je n’ai pas passé assez de temps avec chacun d’entre vous, il était agréable de vous savoir tous là. J’ai été surpris de découvrir quelques nouvelles têtes, certaines d’entre elles ayant pris la peine de rapporter leurs exemplaires de livres pour me faire part de leurs impressions et les faire dédicacer. J’en profite aussi pour saluer les gens d’Epigramme qui, depuis le début, sont derrière moi.

Au passage, si vous avez le temps, allez jeter un oeil et écoutez Salle 101, cela vous donnera peut-être envie de découvrir un peu plus ce que l’on appelle les littératures de l’imaginaire.

Enjoy Polar

Blogged by DOA as Ligne de Sang — DOA Thu 25 Nov 2004 11:29

Message de Hubert Artus, journaliste:

L’émission Enjoy Polar de ce 26 novembre aura pour invité un jeune auteur français arrivé dans le paysage en cette année 2004. Il a publié au Fleuve Noir un polar-SF en mars, Les fous d’avril, et un thriller épais et haletant en octobre, La ligne de sang. Une écriture réaliste et néanmoins diabolique, dont il parlera dans l’interview. Vous entendrez aussi des propos de Patrick Raynal, suite à son départ de la Série Noire. Enjoy Polar, émission hebdomadaire, chaque vendredi de 12h à 13h sur Radio Libertaire (89.4 FM à Paris et banlieue). L’émission est ensuite reprise sur www.mauvaisgenres.com.
A bientôt sur les ondes ! Artus

Il y a une certaine ironie à me voir aujourd’hui partager les ondes avec Patrick Raynal. A moins qu’il ne s’agisse là d’un signe. Hum…

EDIT 29/11/04 — Le lien en streaming de l’émission, au format RealPlayer, est à présent disponible sur www.mauvaisgenres.com, rubrique Enjoy Polar.

Wordpress Inside - Theme par neuro