Spéciale dédicace pour T.

Blogged by DOA as Lynx — DOA Thu 13 Jan 2005 0:00

Lorsque l’on cherche à rendre une arme silencieuse, en particulier un fusil ou un fusil d’assaut, on se heurte à deux problèmes principaux : le bruit produit par l’explosion des gaz en sortie du canon après la percussion et le bang que provoque l’ogive - la balle - lorsqu’elle franchit le mur du son. Le résultat obtenu est rarement parfait. S’il est alors difficile de localiser le point d’origine d’un tir - ce qu’un soldat aguerri peut néanmoins estimer, en se basant sur le temps écoulé entre la première détonation, le franchissement de la barrière sonore et le passage physique de la balle - celui-ci sera quand même perçu par tout observateur présent sur les lieux… Et renseignera donc sur l’existence d’un tireur.

Il faut donc réduire au maximum les bruits produits par la détonation et la signature de la balle dans l’air. C’est dans cette optique qu’a été développé, à la fin des années ’70, le fusil, d’origine russe, illustré ci-dessus et connu sous le nom de VSS Vintorez. VSS signifie Vinovka Snaiperskaja Spetsialnaya. Comme cela ne l’indique pas, il s’agit d’un fusil de tireur d’élite conçu pour être silencieux. Bien que destinée aux forces spéciales et largement employée en Tchétchénie depuis le début du conflit, la vocation tactique de cette arme n’est pas militaire mais civile : on l’utilise avant tout pour des assassinats urbains et périurbains. Ceci s’explique en partie par ses limitations. En effet, pour diminuer sa signature acoustique, on a dû accepter de réduire ses performances balistiques. Ainsi, on obtient une arme presque totalement discrète - à part les bruits mécaniques et métalliques des mouvements de culasse et de détente - mais qui peine à être plus efficace qu’un bon fusil d’assaut, sa distance de tir utile étant limitée à 400m. A noter que le Vintorez peut tirer en mode semi-auto et full auto.

Le lourd silencieux - servant aussi de cache-flammes - qui équipe le canon explique en partie ces limites. Pour le reste, elles proviennent du fait que le Vintorez utilise des munitions subsoniques, qui garantissent un usage encore plus silencieux mais handicapent sa portée pratique. Il s’agit des projectiles SP5 et SP6 - ce dernier étant chemisé semi-blindé, avec un noyau d’acier pour pénétrer les protections légères et les gilets pare-balles militaires modernes - chambrés avec des douilles de 7.62 équipées d’ogives de 9mm, un calibre plus communément utilisé pour les armes de poing. La structure de l’étui - la douille - est elle-même également particulière puisque, compartimentée, elle contribue déjà, à son niveau, à une meilleure dissipation des gaz à la percussion.

Bien que peu connu du grand public, on peut trouver des informations plus ou moins justes sur le Vintorez en cherchant sur Google. Il sera littérairement en usage dans un court passage des aventures de Lynx et, d’un point de vue ludique, bientôt présent à l’écran dans le jeu de GSC Gameworld intitulé Stalker, qui doit sortir en 2005.

3 Comments »

  1. Comment by ascannerdarkly — 13/01/2005 at 0:50

    Stalker a le nom d’un film d’Andrei Tarkovski qui m’a beaucoup touché. D’après ce que j’ai lu le jeu se déroule après Tchernobyl… le film de Tarkovski aurait pu se dérouler après, comme dans un futur antérieur. Bon, je me doute que le jeu va prendre une optique un poil différent des langueurs tarkovskiennes mais quand même…

  2. Comment by DOA — 13/01/2005 at 6:16

    ASD >> Un poil, oui. En qualité de FPS et, même armé d’un bon scénario, il s’agira quand même de dégommer tout ce qui bouge avant que ce soit tout ce qui bouge qui ne le fasse.

    BàT.

  3. Comment by spoutnik — 21/01/2005 at 0:40

    passionnant et utile. voilà ce qui me manquait dans ma panoplie du vendredi soir quand je veut pouvoir pratiquer discrêtement le meurtre tout en évitant de déranger mes voisins de table.

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