J’ai la manie de béer aux choses passées…
Le passé a toujours le chic pour s’inviter à la table de nos futurs possibles. Et en ce début 2005, les agapes sont particulièrement fastueuses. C’est peut-être la période qui veut cela mais, bien qu’amateur d’introspection, je ne fais pas partie du club des résolutions de fin/début d’année. En revanche, il est clair que l’exploration récente de mon carnet d’adresses électronique, en vue de savoir à qui j’allais adresser des vœux - et sous quelle forme - a déclenché chez moi une réflexion sur le passé, représenté ici par tous ces noms, avatars alphanumériques de gens que j’ai connus, appréciés ou non, continués à voir ou tout simplement laissés sur le bord de ma route. Je me suis interrogé sur ceux qui, finalement, se cantonnaient à leur rôle d’acronymes et sur les raisons qui les avaient fait tomber en désuétude… Et voués à disparaître cette année, ou la suivante. Ou la suivante, cela n’a plus guère d’importance, dès lors qu’ils disparaissent. Cette réflexion s’est aventurée loin sur les chemins de mon histoire personnelle et m’a même conduit à exhumer d’abord d’autres carnets d’adresses, plus anciens, puis quelques souvenirs matérialisés ici sous forme de mails et là de lettres ou même de photos. Finalement, tout y est passé, puisque je traverse par ailleurs une phase de remise en cause de mon intimité sentimentale, et j’ai fini par questionner mes choix et mon propre système de valeurs, confrontant ces deux ensembles pour tenter d’en tirer - sans grand succès pour le moment, je dois bien l’avouer - un schéma cohérent. Alors même que se poursuit ce processus, l’ancien a ressurgi dans l’aujourd’hui de manière beaucoup plus proche et physique. Bribes de mes hier professionnels - DB, par exemple, qui continue à m’adresser ses vœux, alors que, de tous, il est l’un de ceux avec lesquels l’espace-temps travail à été le plus réduit, même si nous avons, un jour de détente, fait semblant, ensemble, de jouer de la guitare… Surtout moi, en fait. Lui sait - et personnels, dont les apparitions, bien que de moins en moins fréquentes, se débrouillent toujours pour survenir au moment d’un changement d’état, d’un pas vers un nouveau demain. Ainsi, le futur se réduit un instant à une mise en abîme du passé. Il y a dix jours, j’ai eu J., mon meilleur ami, au téléphone. Il venait de rentrer à Johannesburg, après avoir passé le nouvel an à Punta, au Mozambique, en famille. Nous avons, comme chaque fois ou presque, évoqué nos vies et, sous les couches d’évènements et de décisions, parlé de ces cœurs qui les animent. Lui comme moi, spectateurs circonstanciels, à différentes époques et sous différentes latitudes, du théâtre de la mort, savons à quel point le référent est tout. Il est le fruit de l’Histoire et de nos histoires, celui qui guide nos actes… Qui, à leur tour, renseignent le monde extérieur sur notre référent. Il y a quelques années, alors que nous nous étions arrêtés sur une aire d’autoroute portugaise, de retour de Castel Rodrigo, où s’élève sa demeure ancestrale, J. m’avait lancé : each man is a prisonner of his own experiences, what he does is but a reflection of what he has been through. Cette phrase, il me l’a répétée l’autre jour. J’ai acquiescé, en silence, puis raccroché. Le passé a toujours le chic pour s’inviter à la table de nos futurs possibles…
Merci à Chateaubriand pour le titre.
Comment by temps — 14/01/2005 at 15:17
Il ne faut jamais regarder son passé. Tiens hier soir j’ai écris ça sur mon blog je te le poste je pense que c’est de circonstance.
Le temps présent se savoure au réveil
D’une journée au coeur de soleil
De l’acte joyeux remplit ses merveilles
Jusqu’au soir il reste sans pareil.
Mensonges et folie sont espoirs
Reflets que de ce qui n’est que croire
Le bonheur se ramasse à l’instant
Il faut savoir cueillir les momments.
La vie ne se vie pas au passé, he con
Ni même dans l’attente d’une amélioration
La vie est ce que tu es
L’ambiance et les idées que tu vas laisser.
Comment by DOA — 14/01/2005 at 17:25
Temps >> Où est donc votre blog inconnu(e) temporel(le) qui refusez les mises en perspective?
BàV.
Comment by skully — 16/01/2005 at 19:38
Tout me ramène au passé tout en restant spectatrice de ce passé, comme si je n’étais pas concernée par cette autre si différente de ce que je suis aujourd’hui.
Comment by hellblanco — 16/01/2005 at 20:45
Attention à la mélancolie.A vivre avec des fantômes on devient aussi un fantôme.Et pour reprendre une phrase de Nietzche: si tu regardes dans l’abime l’abime regarde en toi.