Mauvaise graine

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Thu 2 Jun 2005 16:14

Rentrer chez soi, revenir vers ce que l’on croyait familier et qui, d’une façon aussi régulière qu’imperceptible, a irrémédiablement changé. Le temps a passé, tout a vieilli. Il ne reste que les bribes d’un hier idéalisé. A peine des souvenirs, des avatars. Arriver dans cette maison idéale, celle dans laquelle on a grandi, pour à nouveau y déposer ses affaires, et s’apercevoir qu’elle n’existe plus vraiment, que l’on n’y a plus trop sa place. Qu’il est temps de construire sa propre maison idéale, ailleurs, et de la repeupler. Que ce futur, fantasmé jusqu’ici et remis à demain, ce futur-là est à conjuguer au présent. Qu’il n’est plus temps de jouer avec l’idée de, mais d’agir, ici, tout de suite, dans son jardin en friche. Résonance, c’est le mot qui m’est immédiatement venu à l’esprit en sortant. Hasard, c’est aussi aujourd’hui que je me suis décidé à refaire quelque chose que je n’avais plus fait depuis longtemps, ayant récemment redécouvert un de mes plaisirs d’antan. Un tout petit truc de rien. Je me suis souvenu, la suite fut facile.

P.S.: Avec le temps on oublie, on néglige, on laisse trop de choses et de gens derrière soi. Ce jeudi est un jour de mémoire. Et un peu de regrets, aussi.

Eloignement

Blogged by DOA as Lynx — DOA Sun 5 Jun 2005 13:45

Quitter. Laisser, se séparer, abandonner. L’immédiat, le proche, le court, ce qui revient. Quitter, dans partir aussi. Partir. Se mettre en route. S’en aller. S’enlever. Disparaître. Planifié. Lointain. Durable. Quitter. Léger, irréfléchi, irrésolu, ouvert. Une fin, la fin ? Non, partir. Avoir pour origine. Commencement. Point de départ. Définitif. Ire réfléchie. Tangent. Fermé. Quitter, le poing resserré étouffe les mis aux cardes. Partir. Une main, ouverte sur tous les horizons. Conclusion, dans la nuance. Je te quitte et toi, à présent, tu pars. Clin d’œil. Rideau.

Ange plein de gaieté, connaissez-vous l’angoisse,
La honte, les remords, les sanglots, les ennuis,
Et les vagues terreurs de ces affreuses nuits
Qui compriment le cœur comme un papier qu’on froisse?
Ange plein de gaieté, connaissez-vous l’angoisse?

Réversibilité, Charles Baudelaire (et Dolorès).

Français, on vous ment, on vous spolie!

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Wed 8 Jun 2005 20:39

De Villepin - Sarkozy, Sarkozy - de Villepin: rends-moi ma gonzesse! Alors, laisse mes préfets tranquilles! Hollande - Fabius, Fabius - Hollande: rends-moi mon parti! Alors, laisse-moi être calife à la place de Chirac! Besancenot + Buffet - de Villiers + Le Pen, de Villiers + Le Pen - Besancenot + Buffet: rendez-nous notre victoire! Alors, laissez-nous être les plus populistes! Le Grand Soir, quelle bonne blague. Toutes ces plaisanteries mises à part, qui a dit que le crime ne payait pas? L’ami Nanard va probablement se refaire une santé sur le dos des contribuables et cela le plus légalement du monde. Dans un autre registre, Bertrand Burgalat, docteur es-chroniques de disques auto-proclamé sur i-Télévision, s’est mis au chant. Il a même fait un album. Maintenant il essaie de nous le refourguer sur France 2. Et ailleurs aussi. Il aurait pu s’abstenir et aller chez le coiffeur à la place, même Delerm chante plus juste. Nous n’avons plus qu’à prier que l’inamovible Philippe Manoeuvre, son acolyte télévisuel, ne s’y colle pas aussi, avec sa panoplie de rocker à lunettes de soleil. Enfin, parmi les meilleures ventes de livres en France on trouve, pêle-mêle: Paolo Coelho, mystique en toc, Frédéric Beigbeder, anar de 9h à 17h, Anna Gavalda, romantique Calvin Klein, Mazarine Pingeot, fille de, ou encore le rejeton de Sheila, lui aussi fille de. Oui oui, celui qui nous explique qu’il a magistralement raté sa jeunesse dorée mais va peut-être se rattraper en nous racontant, avec des trémolos dans la plume, comment il se faisait sodomiser pour obtenir sa dose. Quelles sources d’inspiration infinies! C’était une journée dans la vie de la France merdiatique, celle qui, si elle n’est pas digne d’être suivie, nous est dignement - du moins le croit-elle - montrée jusqu’à la lie.

On nous prend vraiment pour des Sion!

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Sun 12 Jun 2005 15:14

Au cours des derniers mois, on m’a plusieurs fois - et notamment hier soir - demandé de commenter le phénomène Da Vinci Code, de me risquer à une explication de son succès exceptionnel. Exceptionnel, le mot est assez juste. Pour un ouvrage grand format, donc cher, de tels chiffres de vente, en France, constituent un véritable accident industriel. Peu de romans passent chez nous la mythique barre du million d’exemplaires vendus et quasiment jamais en moins d’un an. La réalité du marché de l’édition tient dans cette vérité : l’essentiel des titres publiés dans ce pays aimerait atteindre ne serait-ce que dix mille copies. Un exploit que le livre de Dan Brown réalise chaque semaine.

Je n’ai terminé le Da Vinci Code que très récemment. J’avais essayé une première fois, il y a quelques temps, avec un exemplaire que l’on m’avait prêté. Je m’étais vite arrêté, pas vraiment intéressé. J’ai retenté l’expérience il y a peu, avec la réédition de poche, et cette fois je suis allé au bout. Non sans mal. A titre personnel, je n’ai guère apprécié cette histoire abracadabrante. Déformation professionnelle, je crois. A force d’avoir les mains dans le cambouis des intrigues, je finis par en repérer les ficelles de plus en plus facilement et il devient malaisé de me surprendre. Avec le temps, je m’aperçois que les seuls romans qui me marquent sont ceux dont la construction me prend complètement au dépourvu et laisse la part belle à l’humain. Dans le cas du Da Vinci Code, nous n’avons plus affaire à des ficelles mais à des cordes d’amarrage, encore plus évidentes quand, comme moi, on a déjà lu cet essai historique complètement farfelu intitulé L’énigme sacrée, paru en 1982, dont la théorie centrale a été intégralement reprise par Dan Brown.

Malgré tout, on ne peut retirer tout talent à cet auteur. Un tel succès n’est pas (que) le résultat d’une campagne marketing savamment orchestrée. Celle-ci a évidemment stimulé les ventes de son roman mais il faut se rappeler qu’à l’époque où celui-ci a été publié en France, au début de l’année 2004, personne n’en avait parlé. Jusqu’à l’été qui a suivi, le bouche à oreille seul avait déjà convaincu plus de 400 000 lecteurs, un succès inimaginable pour l’immense majorité des écrivains nationaux, myself included. Ce n’est que lorsque les premiers cars de touristes étrangers ont débarqué au Louvre et à Saint Sulpice, pour des Da Vinci tours, que les gens ont commencé à prendre la mesure du phénomène. A ce moment-là seulement, son éditeur français a initié un matraquage marketing qui a permis à cet ouvrage de se hisser au sommet où il se trouve à présent.

Le livre repose sur trois principes appliqués avec méthode - et talent, parce qu’il en faut - par l’auteur. Des chapitres courts où rien ne vient compliquer le cours de l’intrigue. Chacun d’eux s’attache à développer une seule idée force, avant de conclure sur un aperçu du chapitre suivant. Le fameux cliffhanger, qui donne envie de lire la suite. L’action est donc simple mais aussi soutenue, second principe, sans réel temps de pause ni ralentissement excessif, quitte à s’affranchir du moindre réalisme. Les héros n’ont par ailleurs pas d’états d’âme qui pourraient parasiter le rythme d’ensemble. Enfin, l’auteur recourt à une thématique centrale qui touche le lecteur pour deux raisons principales. D’une part, elle s’inscrit profondément dans notre héritage historique judéo-chrétien; pas d’exotisme, que du familier, de l’inconscient collectif. D’autre part, il est fait appel à la théorie du complot, cette hydre immortelle qui ressurgit, sous une forme ou sous une autre, à toutes les époques de l’histoire.

On nous cache tout on nous dit rien. Pourquoi cela fonctionne-t-il si bien, dans cet ouvrage comme dans d’autres créations ? Croire que, dans l’ombre, des puissances occultes aux mains d’esprits brillants et machiavéliques (dans le sens premier du terme) nous manipulent dans un but qui nous échappe, pauvres mortels que nous sommes, éternelles victimes de pouvoirs d’autant plus supérieurs qu’ils sont virtuels, est une pensée réconfortante. Quitte à se faire avoir dans les grandes largeurs, autant que ce soit une intelligence cachée, planificatrice, infaillible qui s’en occupe. Cela entretient nos peurs tout en nous permettant de sauver la face… Et demeure, quoi qu’il en soit, plus gratifiant que l’hypothèse, plus réaliste, selon laquelle nous nous laissons finalement dominer par des esprits étriqués, mesquins, sans autre ambition ou vision que la satisfaction de leur plaisir immédiat et personnel. Je vous remets un peu de verre avec le gravier ?

Libres ! Bien, et à part ça, dans le reste du monde ?

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Mon 13 Jun 2005 11:00

Humainement, je ne peux que me réjouir de la libération de Florence Aubenas et Hussein Hanoun. En tant que citoyen, je m’interroge sur le battage qui entoure toute cette affaire depuis le jour de leur enlèvement. Un phénomène qui s’apparente à celui que nous avions déjà vécu avec Christian Chesnot et Georges Malbrunot. Et d’autres avant eux. Etait-ce bien justifié ? Tous les jours, des drames humains plus aigus, plus violents, plus graves font saigner notre pays et notre petite planète. Bénéficient-ils d’un tel débordement d’énergie médiatique et politique ? Le travail des journalistes est important, personne ne le nie, mais il ne doit pas devenir l’arbre qui cache la forêt. Le drame de la guerre en Irak ne se trouve pas dans les morts ou les enlèvements d’envoyés spéciaux, civils partis en zone de guerre exercer leur métier de leur plein gré, en parfaite connaissance de cause. Non, ce drame se situe dans la guerre elle-même et dans son lot de conséquences tragiques au quotidien, qu’il apparaît primordial de ne pas perdre de vue. Par ailleurs, s’il n’est pas question de nier le courage professionnel de Florence Aubenas ou la nécessaire solidarité avec Hussein Hanoun, on peut questionner les raisons du déferlement journalistique et public que nous subissons depuis plus de cinq mois. Hier soir déjà, comme ce matin, on a ressorti les vieux otages des placards pour revenir encore et encore sur le drame qu’ils ont vécu. S’il est si important de témoigner d’un large soutien populaire, de louer l’abnégation et l’engagement personnels, quid d’Ingrid Bettencourt par exemple, politique engagée contre la corruption du pouvoir colombien et la violence de révolutionnaires qui la détiennent depuis maintenant plus de 1200 jours ? Presque quatre ans. Où sont les affichettes dans les rues des villes françaises, les annonces quotidiennes dans la presse écrite et dans les journaux télévisés ? Et je ne parle pas ici de la situation dramatique de Patrick Dupont…

Reflet du soir

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Thu 16 Jun 2005 19:06

Il y a des clichés que l’on craint de regarder, par peur de s’apercevoir que leurs auteurs ont découvert des choses que l’on n’a pas su trouver. Déformés, ils deviennent les miroirs de nos limitations et de nos échecs. Qui aime contempler ces choses ? Et qui peut s’en passer ?

Braddock

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Thu 16 Jun 2005 8:04

Reçue hier soir par mail, je n’y résiste plus. Merci Brice. Comme me l’a fait remarquer mon ami David, elle a le potentiel pour détrôner: I am your father. Alors, sans plus attendre: dans vos p’tites faces!

Phrase du jour

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Mon 20 Jun 2005 10:34

D’Elisabeth Badinter, dans cet article de l’Express: Depuis une trentaine d’années, l’épanouissement individuel et la satisfaction de nos désirs ont pris le pas sur le respect de l’autre et de la loi commune.

Au pays de la Lune Montante?

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Sat 25 Jun 2005 14:57

Je n’étais pas convaincu, après l’article d’Elisabeth Badinter, de la pertinence de ces images. Et puis, après tout… Il est probable que je retarde mais quelqu’un a, aujourd’hui, attiré mon attention sur une nouvelle mode qui semble faire fureur auprès de la gent féminine Tokyoïte:

Je précise qu’il s’agit de tissus imprimés et pas de transparences. Mis à part leur côté tendance, ils permettent à nos nippones en folie de choisir la forme de fessier qui leur convient le mieux. Hum.

Le mot, c’est la clé

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Mon 27 Jun 2005 9:17

Je discutais l’autre soir avec Lou Valère, lettrée es-émotions - quand pourra-t-on l’emporter partout avec soi pour la lire? -, de ces mots-clés inattendus, parfois effrayants, qui conduisent les drifters du web à nous rendre visite. Inutile de m’étendre sur ce sujet qui amuse tous les blogueurs - dois-je déjà dire bloqueurs ? - sauf pour vous dire que c’est probablement par un tel concours de circonstances et de mots-clé qu’un Intelligent de gauche a retrouvé l’une de mes vieilles contributions et s’est cru obligé de la rappeler à mon bon souvenir. On n’a pas fini de rigoler, je crois.

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