Morceaux de comptoir

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Fri 1 Jul 2005 9:29

F, montrant une photo de tongs:
- Toi aussi, H, tu devrais t’acheter des strings de pied.

S, à propos du café:
- Berk, il est dégueu le café.
- Des fois, il est super bon et des fois, ils sont super pas bons.

D, à propos de Paris Hilton:
- Paris Hilton, même habillée, elle est toujours à poil.

F, à propos de Courtney Love:
- P’tain, elle a ramassé, Courtney Love!

F, à propos des dernières heures:
- Moi, j’ai pas bu beaucoup cette nuit… Deux litres de bière à Genève, trois pastis en arrivant au restau hier soir. Deux verres de blanc, trois verres de rouge. Trois digeos et au Baron… Trois vodkas-to et une ou deux coupes. C’est rien, par rapport à la fois où j’ai eu mon accident avec les flics…

H, à propos d’Ariel W., qui mixait au Baron hier soir:
- Le seul réel talent d’Ariel W., c’est d’avoir convaincu tout le monde qu’il était talentueux. Maintenant, il est là, il occupe le terrain, avec toute cette bande…
Et F:
- Ouais, et en même temps, ils nous intéressent pas vraiment tous ces gens.
- Non, c’est vrai.

F&H, voyant deux motards passer avec leurs couleurs:
- Hell’s Angels, 1%ers power!

Morceaux de comptoir 2 - Le retour

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Fri 1 Jul 2005 18:50

Nuit agitée, matinée embrumée, après-midi larvaire. La fatigue augmente, comme le niveau d’alcool.

F, docte:
- Attention, les New Balance, l’été, c’est moyen. Si t’as pas un peu de crème de cul hydratante…
Et H:
- Ouais, de la vaseline quoi.

A, à propos de la non-implication dans la vie de quartier (du 11ème):
- Mais le chinois est fourbe, il feint de courber l’éChine et…
F:
- Il a osé. Il a osé…

Morceaux de comptoir 3 - La vengeance

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Sat 2 Jul 2005 11:24

Dernier chapitre de notre grande saga. Les mêmes, après des soirées séparées.

C, voyant passer un long corbillard:
- O putain, t’as vu, une limousine break!

C, perdue:
- Comment elle s’appelle cette série sur les lesbiennes?
H:
- The L-Word.
- Et en français?
- The L-Word.

F, philosophe:
- Y a dix jours, j’ai renoncé à devenir célèbre.
- Ah?
- Ouais, je vais laisser tomber l’intellect.
- Ouais…

Someone, somewhere in summertime

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Wed 13 Jul 2005 10:00

Je me suis réveillé, samedi, avec le goût amer de ce qui aurait pu être dans la bouche. Ce qu’aurait pu être la nuit, la semaine, le mois, l’année, la… Une sensation ancienne, familière, désagréable. Je me suis levé, encore un peu ensuqué par un sommeil sans rêve, pour aller me servir un jus d’orange très frais que j’ai bu en regardant, d’un œil distrait, le journal permanent d’une chaîne câblée. Si vous ne le savez pas encore, tout va mal et nous fonçons, plus râleurs que jamais, vers un grand nulle part moche et apocalyptique. Devant mes yeux se succédaient des rafales d’informations anxiogènes entrecoupées de spots de pub tellement positifs que l’on aurait pu se demander s’ils avaient été conçus par des gens qui vivent sur cette planète. J’ai souri à l’idée que les seules bonnes nouvelles étaient finalement devenues virtuelles. Elles nous sont servies par des créatifs qui réinventent au quotidien un monde idéal inaccessible. Nous devenons, jour après jour, une société de gens tendus, apeurés et surtout frustrés. En rinçant mon verre, j’ai repensé à une conversation téléphonique que j’avais eue la veille avec O. Elle m’avait parlé du vide, de l’agressivité, du noir, qui transpirent partout et la touchent parfois. Moi, de ma colère. Je suis colère. Elle me consume, me consomme et m’aveugle. Je l’alimente constamment de grandes causes et de tout petits riens. Je la nourris, je l’entretiens et je suis quelquefois étourdi par toute cette énergie négative accumulée. Oh, je ne manque pas de bonnes raisons - toutes ne sont pas très valables - d’être énervé (Haine-H…) mais là, j’ai dépassé les bornes de mes limites, je crois. Certes, je n’ai pas encore atteint le point de non-retour, celui où, par exemple, fort de mon bon droit, je pourrais muter en poseur de bombes, pilote amateur ou révolutionnaire moralisateur. Mais j’ai déjà piétiné pas mal de sensibilités et cela ne semble pas près de s’arrêter. Justes châtiments ou punitions iniques, mes chimères colériques finissent par ne toucher que moi. Elles me coupent des uns et n’affectent pas les autres, trop heureux de masquer leurs errements derrière mes débordements. En classant des papiers, plus tard dans la matinée, j’ai retrouvé des correspondances récentes avec mon avocate. Indices écrits et légaux de ma rage qui là, matérialisée, m’a frappée, tellement elle a pris de l’importance dans mon quotidien. Il serait plus juste de parler de mes rages néanmoins, qui se chevauchent personnelles, professionnelles, globales, manifestations de ces faites attention à moi, respectez-moiRegardez-moi, j’existe ! obsessionnels. Marrant ça, de la part d’un misanthrope qui se cache derrière un pseudonyme pour signer ses bouquins. On m’a asséné récemment que nous étions tous schizophrènes. Sur le moment, j’ai refusé de souscrire à cette thèse idiote, probable reliquat d’une querelle factice entre freudiens et jungiens. Mais à présent que j’écris ces lignes, je me dis que c’est peut-être ainsi que cette maladie se manifeste chez moi. A ma décharge, je suis convaincu que nous sommes un peu tous pareils. Cependant, là encore, il se peut que je ne cherche qu’à me trouver des excuses.

J’ai terminé de ranger et je suis descendu prendre un café en début d’après-midi avec l’envie d’écrire sur tout cela, un truc un peu réfléchi, positif - beurk, deux doigts dans la gorge ! - ponctué de paroles des Simple Minds. Ouais, des Simple Minds, et alors ?!? Il se trouve que j’avais récupéré leur intégrale dans la matinée. Leur intégrale et tous les souvenirs qui vont avec, plus heureux, moins marqués par la colère. Illusion ! A l’époque, j’étais déjà complètement perturbé par l’impression lancinante d’être complètement décalé, muré dans le refus de l’appartenance et déjà, peut-être, (in-)conscient de me fondre dans la masse. Total schizo, donc, comme aujourd’hui. Aussi loin que ma mémoire remonte, j’ai toujours volé de refus en refus. J’ai changé de vie quand l’assimilation guettait. Presque le syndrome de Pan, dirait une autre, elle-même lovée dans l’ombilic écarlate d’un double de chair si fantasmé qu’il a fini par s’autoproclamer vivant, s’auto-procréer presque. Certains pourraient louer cet éternel recommencement, cette capacité à se réinventer quand on a atteint le but que l’on s’était fixé. Moi, j’y vois de plus en plus un renoncement, une fuite, d’autant plus facile qu’elle est matériellement possible. Une tendance à me raconter ma vie comme je la rêve plutôt qu’à la vivre véritablement. Pas étonnant que je me sois piqué d’écrire des histoires. Samedi, l’élan n’est pas venu et, d’excuses en contraintes inutiles, j’ai tergiversé jusqu’au dimanche. Là, en terrasse, au café, après une autre nuit perdue, j’ai d’abord eu le réflexe du journal, pour ma dose quotidienne d’agressivité. Mais j’avais apporté un carnet, de quoi écrire. Fulgurance matinale, je voulais parler du flacon à moitié vide ou à moitié plein, du nectar de l’accomplissement confronté au poison de la frustration, cherchant l’inspiration dans les paroles de Jim Kerr - ça virait à la fixation ce revival eighties - le genre de truc sérieux et pédant, über-bullshit. Bien sûr, ce fut raté. Je ne sais pas prendre ces poses-là. Déjà, je n’aime plus ma propre calligraphie, malhabile, depuis longtemps. Et puis, dans mes oreilles, l’écossais ramait, il n’y arrivait pas. Il me faut du carré, à moi, du cassant, du noir. J’ai couché quelques mots et puis j’ai renoncé. Enchaînant les cigarillos, j’ai regardé les gens passer, tel le bon bovin de comptoir. Michel Legrand avec ses putains de moulins, et puis les Stranglers, m’accompagnaient. Et les White Stripes aussi. J’ai acheté leurs albums en fin de semaine dernière. Tout le monde m’en parlait, alors j’étais curieux. Mouais. Je dois être trop vieux pour comprendre. Back to Bowie et Hendrix. Tout ce cirque tabagico-musical a duré un long moment. De temps en temps, junkie, je laissais mon regard dériver vers le canard, ouvert sur une page qui parlait encore de Londres (*). Anxiogène, je vous dis. Partout. Il paraît que la France n’est pas à l’abri - quelle surprise ! - pas plus que l’Italie.

Cela tombe bien, je suis parti là-bas tout à l’heure, vers huit heures. Prendre ce train, ce matin, et qu’il n’arrive pas… Bonne excuse pour ne plus avoir à revenir, non ? Ou alors, juste monter dans un wagon pour aller retrouver quelqu’un, quelque part, en été. Quelqu’un comme moi, par exemple. Over and out.

P.S.: pas de commentaire pour ce post, je me repose. S’il vous énerve vraiment, le courrier du coeur fonctionne toujours, colonne de gauche, rubrique contactez-moi.

(*) Mes amis londoniens vont bien, merci pour eux. Je ne peux guère prétendre me préoccuper des anglais, juste de mes proches, mais j’ai, un moment, aussi voulu écrire un texte sur ce qui est arrivé jeudi dernier. Sans succès. J’ai finalement opté pour des messages plus personnels, ils en avaient besoin. Ensuite, je suis tombé sur ce billet, qui a l’avantage certain de parler fort et clair tout en coupant court à l’auto-flagellation misérabiliste de nos bonnes âmes umanisss’. Je me permets d’ajouter que les idéologues qui manipulent les gogos frustrés qui se font péter la gueule ici, au nom de leur prophète, sont des cyniques avides de pouvoir qui ne veulent que reprendre le contrôle de la poule aux œufs d’or à d’autres cyniques avides… Tout en repoussant le plus loin possible des valeurs occidentales qu’ils jugent impies: la démocratie, l’égalité des sexes, le droit de la femme à disposer de son corps, la laïcité, les droits de l’homme, l’abolition de la peine de mort, etc. Cela fait partie d’une stratégie dite de l’ennemi lointain, qui cherche à faire pression sur nous dans le but de nous faire virer les gens en place chez eux. Dites, vous ne voulez pas vous faire vos révolutions tout seuls les gars, comme des grands ? Allah est comme Dieu finalement, il peut rapidement devenir l’ultime instrument de contrôle de l’inculte par le savant. Enfin, Allah et ses fameuses soixante-douze houris…

There and back again

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Sun 24 Jul 2005 15:05

Milano Centrale, 16h14, hier - Un garçon semble me fixer, le regard caché par des Ray Ban Aviator à verres miroir, alors que mon train passe devant lui sur le quai. De son calepin noir, il se frappe le menton en suivant presque le rythme du morceau Sea Song des Doves que l’iPod balance dans mes oreilles. Shilla agite sa main à une cadence identique. The quintessential italian, comme dirait L. Son visage, que j’aperçois encore, est semblable à un tableau florentin. Triangulaire et fin, il est encadré par une cascade ondulée de cheveux châtains. Le nez est droit, la bouche large, boudeuse pour l’heure. Et ses yeux sont effilés et noirs, ils transpercent. Elle est là sans son fils, abandonné cet après-midi sur une plage de Toscane. Cette même plage où je l’ai rencontrée, qui sait. C’est déjà loin la Toscane. Peut-être aurais-je dû conserver une trace d’elle, pour être tout à fait sûr que je n’ai pas rêvé. Ou pour reprendre contact, un jour, si l’envie me prend d’aller l’écouter, libre, à l’Université de Bologne, où elle enseigne. La gare s’éloigne. Je la perds avec la distance, absorbée par la foule en transit. Tout s’évanouit. L’image devient souvenir, un fantasme ou un songe. C’est l’été. Etrange sensation qui colle à l’émotion du moment : rentrer, c’est toujours ce mélange d’impatience et de douce amertume.

A la mi-course…

Blogged by DOA as Lynx — DOA Fri 29 Jul 2005 19:03

Une semaine après mon retour d’Italie, je franchis enfin la barre des 50 % du traitement de Lynx achevés. Les différentes lignes d’intrigue se superposent assez bien les unes aux autres et je suis content de constater que j’ai commis peu d’erreurs calendaires. En revanche, il faut que j’ajoute plus de passages intermédiaires que prévu, pour créer du liant et du sens. Autrement, le propos risque d’être un peu confus. C’est ce que m’a notamment fait remarquer David Sala, qui a lu les 30 premières pages de ce travail. Evidemment, comme le document final en comptera probablement près de 200, il n’a pas pu se faire une idée très précise de l’ensemble. Ses réflexions ont malgré tout été les suivantes : d’une part, il y a des scènes qui s’annoncent déjà très fortes et, dans l’ensemble, elles fonctionnent toutes assez bien lorsqu’on les prend individuellement. D’autre part, bien que l’on sente une construction maîtrisée et documentée, l’intrigue semble complexe, pour ne pas dire compliquée.

Une complexité renforcée probablement par l’ajout de véritables articles de presse. Pour le moment, je me contente du minimum syndical et ne me concentre que sur ceux qui sont directement liés à l’intrigue. Je rajouterai le reste, l’habillage, seulement à la fin, lorsque j’aurai une vue d’ensemble des grandes masses, équilibres et déséquilibres de mon récit. L’ancrage dans une certaine réalité historique de la période 11/09/01 - 21/04/02 fait partie des contraintes que je me suis fixées pour ce roman. Il a ainsi fallu que je compose avec des dates que je ne pouvais modifier. Il faudra cependant que tous les éléments appelés à figurer dans le texte final soient présents dès le traitement afin que mon éditeur puisse se faire une idée des risques légaux et que nous demandions les autorisations de citation nécessaires.

Un proche m’a aujourd’hui fait la remarque que mon roman ne pouvait pas mieux tomber, compte tenu des actualités londoniennes et égyptiennes. C’est en partie vrai même si, à la date probable de sa publication, l’an prochain, ces évènements auront déjà probablement été noyés dans le flot continu d’informations qui nous submerge semaine après semaine. Je n’apprécierais guère, cependant, que l’on m’accuse d’opportunisme. En effet, j’ai commencé à réfléchir à ce récit il y a maintenant plus de trois ans, avant même d’écrire La ligne de sang, et j’avais alors interrompu mon travail sur ce sujet avec d’autant plus de facilité que déjà, à l’époque, je voulais éviter de surfer sur une vague macabre. Hérésie marketing s’il en est !

Je repars dans quelques jours, en partie pour travailler, en partie pour me reposer. Une première étape m’amènera à La Canourgue, pour un mini-festival du polar, qui se tiendra les 5, 6 et 7 août dans ce petit village de Lozère. J’y serai le petit nouveau, parmi les illustres anciens que sont Patrick Bard, Jean-Hugues Oppel, Thierry Jonquet et Jean-Paul Jody. Ensuite, direction l’Aveyron, où je rejoindrai un autre ami, Alain Layrac, auteur, entre autres, de Mauvaises fréquentations, Barnie et ses petites contrariétés et Avant qu’il ne soit trop tard. Alain est un scénariste de grand talent, qui a toujours été présent pour me conseiller au mieux. Comme je souhaite profiter de mon été pour jeter les bases d’un scénario de polar, pour le cinéma, qui se passerait dans le milieu chinois, cela tombe plutôt bien.

Voilà. Je n’actualise pas beaucoup mon journal ces derniers temps. Je crois que l’inspiration me manque parce que je passe déjà mes journées à écrire. J’ai remarqué que j’avais aussi du mal à lire la fiction des autres, pendant ce genre de période. Néanmoins, j’essaierai de publier un nouvel extrait du traitement de Lynx, avant de quitter Paris.

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