Back in black

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Wed 7 Dec 2005 22:51

Non, je ne retombe pas en enfance, quand je me baladais au collège avec mes badges d’AC/DC, Saxon et Judas Priest cousus avec amour par ma mère sur une veste en jeans de l’époque (on a les rebellions qu’on peut)… Et ce même si j’ai participé à l’organisation de mon premier festival de heavy metal cet été en Italie, au lago du Garda (j’y ai entre autres rencontré l’ex-chanteur de Skid Row, Sebastian Bach, un mec sympa mais un peu à l’ouest, qui m’a rassuré en me faisant comprendre qu’à mon âge, je n’étais finalement pas si déjanté que ça).

En revanche, je suis de retour avec ce thème éponyme, imaginé par Neuro et remis à niveau par ses soins pour la version 1.5 de Wordpress. Il a fallu quelques semaines pour la mise en ligne. Pas que je sois complètement nul pour tripoter du code html ou des applis de blog - ce qui est le cas - mais parce que je m’en remets au bon vouloir de mes amis d’Interfaces, qui m’hébergent, bricolent ces pages et ont un vrai métier à côté, eux.

Quant à moi, j’ai un peu bossé aussi, ne serait-ce que pour justifier les non-droits d’auteur que je ne touche pas. Le traitement de Lynx est fini et fait peur à tout le monde - ca va être compliqué! - et un projet de BD s’est transformé en projet de série TV. Cette semaine, ce dernier a été pitché à une chaîne… Et il a plu. Mais pas encore de chèque, il faut d’abord écrire une présentation sexy, dixit Lionel, mon agent. Enfin, ce week-end, je serai, comme l’an dernier, au festival du polar de Montigny-les-Cormeilles samedi et dimanche. Venez me dire bonjour, je me sentirai moins seul

P.S.: je vais sûrement me remettre à râler dans les jours à venir, ce ne sont pas les sujets qui manquent, ces temps-ci. Mais là, ce soir, je suis fatigué.

Outreau, au trou?

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Fri 9 Dec 2005 15:39

Aujourd’hui, en parcourant les pages des quotidiens, je tombe sur cette chronique de Daniel Schneidermann. Le personnage m’agace parfois - assez souvent, en fait - un peu, mais je dois avouer que je le rejoins sur l’analyse de ce que l’on peut à présent appeler le fiasco d’Outreau. En particulier concernant l’attitude des médias, évoquée dans la dernière partie de son texte, que je reproduis ci-dessous. Comme lui, j’estime que les pointages de doigts médiatiques intempestifs actuels oublient un peu vite le (non-)rôle joué par la presse lorsque l’affaire a éclaté et, par la suite, à chaque fois qu’elle a refait surface jusqu’au jugement final, rendu il y a quelques jours. Je déplore qu’il soit un peu le seul à rappeler cette réalité. Et on accuse les magistrats de corporatisme et d’omerta…

Restent les médias. Les contre-pouvoirs. Les garde-fous. Eux aussi ont beaucoup à se faire pardonner. S’ils n’ont pas, dans cette affaire, précédé Burgaud, ils l’ont suivi docilement. Tout au long de la longue instruction, quelques vérifications élémentaires auraient suffi à démonter les invraisemblances du dossier. L’un des innocentés d’aujourd’hui était par exemple accusé d’être propriétaire d’un sex-shop à Ostende. Une simple visite à Ostende aurait suffi à établir que ce sex-shop n’existait qu’en rêve. Des orgies pédophiles étaient censées s’être déroulées dans une ferme en Belgique. Les télévisions françaises, dans une belle unanimité, se contentèrent de filmer de loin la masse grise menaçante de cette ferme. Surtout ne pas y entrer. Une simple visite aux fermiers eût pourtant établi qu’ils n’y avaient vu passer aucune caravane pédophile. Mais ces vérifications, personne ne les entreprit. A l’exception d’un journaliste belge, Georges Huercano-Hidalgo, qui en fit état dès 2002 dans une enquête de la télévision belge, enquête qui ne connut aucune reprise dans les glorieux médias français. On n’allait pas contre le courant. Et le courant, c’était Dutroux.

On voyait des Dutroux partout. Tout est fini, mais tout peut recommencer. Encore tout récemment, à propos de l’enlèvement d’une fillette à Angers, sembla se rouvrir la boîte à fantasmes. On entendit que les ravisseurs avaient abusé d’une dizaine de fillettes des environs. Et puis ? Plus rien. Un simple hoquet, mais la machine à fabriquer des Outreau ronronne toujours dans l’ombre. Pas un boulon n’y manque.

© Libération.

P.S.: Si cela vous intéresse, vous pouvez retrouver Daniel Schneidermann et certains de ses collaborateurs d’Arrêt sur Images sur le web où ils animent le BigBangBlog.

Montigny, c’est fini…

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Sun 11 Dec 2005 22:12

Deux jours de dédicace à Montigny lors du festival éponyme. Très bon accueil, très bonne ambiance et… Très bon public. Montigny fut, l’an passé, mon premier festival policier. J’en avais gardé un souvenir agréable, ayant discuté avec beaucoup de gens et vendu quelques livres alors que je n’étais encore qu’un illustre inconnu dans le milieu. Cette année, rebelotte, avec une petite prime: des lecteurs de la première heure, qui m’avaient essayé en décembre 2004, sont revenus me voir, avec, dans la tête, de bons souvenirs de La ligne de sang (le seul de mes deux romans disponible à l’occasion du précédent salon). Suffisamment bons tout de même pour tenter l’aventure transgenres et acheter Les fous d’Avril. L’équilibre des ventes n’est pas encore atteint entre les deux mais, d’un rapport de un sur dix, je suis passé à un sur trois. C’est encourageant et convaincra peut-être quelques (un? deux?) sceptiques d’aller visiter plus souvent les rayons de SF dans les librairies.

Je salue au passage certains de mes confrères, que j’ai toujours du plaisir à retrouver lors de ce genre de manifestations: Jean-Hugues Oppel, Patrick Bard, Pascal Dessaint, Claude Mesplède, Jean-Paul Jody, Laurent Martin, Jérôme Bucy et, last but not least, Régis Descott (et son abondant fanclub), pour ne citer qu’eux… Ainsi que Frank Mancuso, scénariste et bientôt réalisateur d’un premier long-métrage promis à de belles critiques, qui a pris le temps de passer me voir aujourd’hui.

Je n’aime pas…

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Mon 12 Dec 2005 7:23

Dans les débats, ceux qui captent la parole des autres, espèrent ainsi s’approprier leur intelligence, leur culture, et cachent la plupart du temps, derrière un tir de barrage de citations, leur incapacité à l’argumentation et à la réflexion personnelle… Comme par ailleurs ceux qui se laissent tomber, en connaissance de cause. Tomber est toujours plus facile que rester debout. Nous évoluons dans une société qui a fait de la chute un art de vivre, une distinction.

Réflexions nées de deux incidents distincts du week-end.

S-mania

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Tue 13 Dec 2005 10:12

Ecoutant la radio d’une oreille distraite ce matin, j’ai fini par prendre conscience du nombre de fois où le nom de Nicolas S. revenait dans les conversations, les annonces et les reportages. Même constat dans la presse écrite, à l’occasion de ma revue quotidienne. Ne parlons pas de la télé. Sa plus grande réussite aura donc été de gagner le grand concours Mon nom partout, librement inspiré par le très célèbre Ma binette partout, du satirique Palmipède entravé.

Qu’il s’agisse de prendre position pour ou contre lui, tous - politiques, journalistes, artistes, quidams accoudés au comptoir - aujourd’hui, ne semblent avoir que ce patronyme à la bouche. Toute pensée, toute idée publique donne l’impression de découler de lui ou de son action. Quelle tristesse. Personnellement, j’ai toujours pensé que l’indifférence était le pire des traitements à infliger à ceux qui sont avides de reconnaissance personnelle et de pouvoir. N’y a-t-il plus de conversation possible sans lui?

D’aucuns diront qu’il occupe le terrain. Soit, mais n’est-ce pas là un terrain qu’on lui laisse occuper? N’est-il pas envisageable de le reconquérir sans nécessairement passer par une référence à tel ou tel de ses propos? Après tout, l’expérience a montré que jusqu’ici, son action était avant tout verbale, réalisée à grands coups de rodomontades et d’effets d’annonce. Sans véritable résultat constructif. Mais j’arrête ici de parler de lui puisque moi-même, je participe ainsi de ce que je condamne.

Envies cinématographiques

Blogged by DOA as MiAPED — DOA Thu 15 Dec 2005 18:46

Ne pas oublier le grand retour du bleu de Michael Mann dans:

Nostalgie

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Fri 16 Dec 2005 19:43

Aujourd’hui, j’ai lu un article qui m’a un peu cassé le moral. Il s’agissait du compte-rendu d’une première comparution devant le tribunal d’Evry. Trois étudiants accusés d’avoir dégradé des appareils de mesure biométriques dans un lycée de la Vallée de Chevreuse. Ce n’est pas qu’ils passent en jugement qui m’a perturbé. Je les soupçonne, au vu des gens qui les soutiennent, de faire partie d’un mouvement un peu moins innocent que la spontanéité de leur geste semble le laisser croire de prime abord. Non, en fait, je déplore surtout l’installation de tels dispositifs dans un lycée. Je vomis cet état des choses qui permet à certains de penser qu’une telle mesure est nécessaire. Qu’il s’agisse d’un réel besoin ou d’un laisser-faire motivé par de veules ambitions, les deux hypothèses sont inquiétantes… Et tristes.

Quelque chose n’a pas fonctionné dans ce pays, dans ce monde, à un moment donné. Mais personne n’est volontaire pour en assumer la responsabilité. Ou oublier un instant les querelles dogmatiques et aller de l’avant. Tout cela m’a rappelé mes propres années de lycée et même de collège. J’ai fait toute ma scolarité ou presque dans le public. Je ne garde pas le souvenir d’une ambiance générale aussi dure, aussi délétère, sur une telle ligne défensive. J’ai en mémoire des choses plus douces, plus insouciantes. Il est possible que j’ai été préservé mais je ne crois pas que cela seul soit en cause. Que s’est-il donc passé? Auteur, il m’est arrivé - et m’arrivera encore - de fantasmer en noir sur les futurs plausibles ou probables de notre foutue planète. Et je ne suis pas le seul, d’autres l’ont fait avant moi, avec beaucoup plus de talent. Cela relève de l’exercice cathartique. Rien, cependant, ne m’angoisse plus que la matérialisation de ces rêves malsains. Maintenant. Ici.

The future is today.

A propos.

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Thu 22 Dec 2005 17:36

Hier soir, l’instant présent, l’instant plaisant, au comptoir d’une perle sud-américaine. Profitant d’un court espace de solitude au milieu de quelques verres de Casillero, je me mets à griffonner sur mon carnet de notes, à la recherche de la phrase qui décrirait le mieux ce moment. Il n’y avait pas de phrase du moment. Il y avait juste le moment. Aujourd’hui, il se prolonge, doux… Amer. Déjà menacé. Each man is the prisoner of his own experiences. Passez de bonnes fêtes de fin d’année.

Le train bleu

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Tue 27 Dec 2005 16:46

TGV, retour de Lyon, un peu prématuré. Dehors, un brouillard de neige fine enveloppe les champs blanchis et les troncs pelés des arbres gris. Dans une mare, un cygne s’ébroue, seul et sale.

Le minotaure

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Thu 29 Dec 2005 18:38

Désoeuvrement au musée Picasso. Dans une salle, mon regard glisse de la neige qui tombe, dehors, sur Paris, à une dernière Etreinte puis à deux bustes de femmes sculptés. Il s’arrête sur un couple. Des touristes, assis sur un banc, perdus dans la contemplation de… Leur plan de métro. Ils pensent à l’après, oublient déjà ce passé culturel et amoureux dont ils viennent de traverser quelques moments. Je me dis alors que pour moi aussi, il est temps de partir.

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