L’un des corollaires intéressants de tout le cirque qui entoure la candidature de la candidate à la candidature Ségolène Royal tient aux interrogations sur ses compétences. De mon point de vue, ces interrogations sont légitimes… Mais elles ne devraient pas s’arrêter à Tata Ségo et plutôt être étendues aux compétences de tous les aspirants Président de la République. Et même au-delà, à celles des français à décider de leur avenir. Oui, oui, je me rends compte de ce que je dis.
Arrêtons-nous deux secondes sur le phénomène Royal. Cela commence par un emballement purement médiatique, une opération de com’ rondement menée qui lui permet de se faire une place dans tous les canards. Petit à petit, le phénomène fait tache d’huile et touche l’homme de la rue. Le capital sympathie se met en place et, sans que l’on comprenne trop pourquoi, cette brave mère de famille comme tout le monde devient une candidate non seulement sérieuse mais crédible. Au nom, principalement, de légers relents de féminisme qui n’ont pas grand-chose à voir avec la direction d’un état ou d’un peuple, et du besoin de changement, de renouveau. Mouais. A noter que ce processus est à peu près valable pour tous ceux qui se sont trouvés, à un moment ou à un autre, sous les feux de la rampe politique.
Mais à quel moment posons-nous les questions indispensables :
- Le parcours de cette personne justifie-t-il qu’on lui confie de si importantes responsabilités ?
- Quelle est sa vision de l’avenir du monde et de celui de la France dans ce monde ?
- Quel programme propose-t-il ou elle pour faire de cette vision une réalité ?
Dans le cas de Ségolène Royal, les réponses sont assez évidentes : pas sûr, non identifiée, non identifié. Mais ce qui est vrai pour elle l’est pour l’essentiel de nos hommes politiques, superbes animaux d’appareils et de communication, surtout compétents pour grimper les barreaux d’une échelle qui n’a, depuis bien longtemps, plus grand-chose à voir avec le réel. Pourtant, nous continuons à regarder bien sagement leur spectacle ridicule et indécent : vélo du facteur, moustaches de l’Astérix de Millau, carottes râpées et 125 custom de Fafa, exil de Yoyo (mais pas au pays des idées), carnets de voyage de Chegolène, tournée en bus de Bayrou, poésie à deux francs de Galouzeau, réconciliation des époux Sarko, appels martiaux de l’agité du bocage, détails du menhir croûlant… Sans jamais les remettre en cause ni même les interroger sur ce qui justifierait que nous votions pour eux. D’où mon doute : sommes-nous finalement compétents pour choisir nos dirigeants ?
Je plaisante… si peu.