Relai d’information

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Sat 10 Jun 2006 8:08

Quand les Verts auront fini de rendre la pollution parisienne plus importante encore ou d’élire leur candidat à la candidature, ils pourront peut-être envisager de prendre position concrètement sur l’avenir écologique de ce pays. Pendant ce temps, sur le terrain…

NOUVELLES VIOLENCES DES ELEVEURS

9 juin 2006
par Gérard Caussimont

A l’issue de la manifestation organisée par des éleveurs anti-ours à Oloron devant la sous préfecture le 9 juin, Une trentaine d’entre eux s’est arrêtée au domicile de G.Caussimont responsable du FIEP Groupe ours Pyrénées et ont tenté d’introduire la carcasse d’une brebis morte dans la maison. Sa femme et l’un de ses enfants les en ont empêchés et ils ont laissé la brebis dans le jardin et ont proféré des menaces de mort à l’encontre de G.Caussimont annonçant qu’ils reviendraient chaque fois que l’ours tuerait une brebis.

Réaction de G.Caussimont
Nous sommes face à des méthodes de type « fasciste ». Une vie en société ne peut se concevoir dans une démocratie et un état de droit que dans le respect des biens et des personnes. Ce type d’attitude, 30 personnes contre une femme et un jeune, cela les déshonore. On peut ne pas être d’accord et s’exprimer en respectant les autres. Si les responsables politiques et syndicaux locaux ne se démarquent pas très nettement de ce type d’agissements, c’est qu’ils les cautionnent ou qu’ils les encouragent afin d’en retirer ensuite les bénéfices comme médiateurs. J’attends des condamnations fermes. Pour ma part, je dépose une plainte auprès de la gendarmerie.

Moralement, ces personnes ne respectent même pas une personne bénévole qui sur son temps libre a crée ou fomenté la plupart des mesures de compensation de la présence de l’ours en faveur des bergers : indemnités de dérangement aux bergers, héliportages gratuits de matériel pastoral, réseau de radiotéléphones, demande des mesures agri-environnements, incitation au muletage, etc., sans compter la marque de fromage « Pédescaous » où l’image de l’ours permet à des bergers de mieux vendre leur fromage, sans oublier la participation aux travaux de l’IPHB pendant 10 ans qui ont permis de rénover 60 cabanes aux normes européennes, des salles de fabrication, des sources aux normes, etc., bref d’améliorer la vie des bergers. Qui d’entre eux aurait consacré 28 ans de sa vie à cela ? C’est tout simplement écœurant !

Enfin, en tant qu’adultes, quel exemple donnent ces personnes à la génération de leurs enfants ? Pas celui du respect et de la tolérance en tous cas. J’ai honte pour eux.

Gérard Caussimont

L’original ICI.

Le retour

Blogged by DOA as Anti-Personnel, MiAPED, Lynx — DOA Mon 19 Jun 2006 19:44

J’ai tourné toute la journée autour de mon blog en me disant que j’allais le remplir à nouveau à partir d’aujourd’hui. Cela fait quelques temps que j’y pense sans nécessairement trouver l’énergie de le faire. Au cours des deux derniers trimestres, la production écrite a occupé l’essentiel de mon temps, y compris la plupart des soirs et des week-ends. J’emploie le terme production parce qu’il s’agit bien de cela, en particuliers durant les deux derniers mois. Cela me dissuade souvent de me remettre au clavier à mes moments perdus.

Avant cela et bien… C’était un peu désordonné. J’avançais sur plusieurs fronts simultanément, ce que je ne trouve vraiment pas confortable. Premier front, primordial, mon troisième roman. J’ai commencé à le rédiger vers la mi-janvier mais ce démarrage a été chaotique. Tout d’abord parce qu’il a fallu que je me chauffe, que je retrouve des mécanismes et un style que je n’avais plus utilisés tels quels depuis le point final mis à La ligne de sang. Ensuite, parce que je travaillais sur d’autres choses en parallèle, qui venaient perturber ma concentration.

Tout d’abord, une fiction de super-héros - oui, oui, vous avez bien lu. La mienne ne verra pas le jour mais attendez-vous à en voir une débarquer à la télé. C’est dans l’air - optionnée par un producteur puis refusée par le diffuseur à qui elle avait été proposée. Cela m’a partiellement occupé l’esprit jusqu’à la fin du mois de janvier. Dans le même temps, je travaillais déjà sur une autre mini-série, policière, qui a elle aussi été optionnée par un second producteur. Pour le moment, elle est à l’étude dans l’un des départements fiction de France Télévisions. Je ne dis pas lequel, il paraît que ça porte malheur. Nous verrons bien ce que l’avenir nous réservera. C’est l’été cependant et je doute d’avoir des nouvelles avant septembre.

En plus de ces deux créations originales - pour lesquelles il s’agissait quand même de rendre des documents présentant un esprit, un canevas et des personnages solides, soit une trentaine de pages à chaque fois - on m’a contacté pour travailler sur la seconde itération de la série Engrenages, diffusée l’hiver dernier sur Canal +, en collaboration avec une équipe de scénaristes tous bien plus chevronnés que moi. Nous devions imaginer pour début avril ce que l’on appelle un arc narratif principal qui courrait sur les huit épisodes de la saison. Cette collaboration a été brusquement interrompue à la livraison de notre travail, à la suite d’une incompréhension entre le producteur et le diffuseur. Nos têtes ont roulé, il fallait des victimes expiatoires. Je n’en parle pas plus ici, mais le récit de cette (més-)aventure vaut son pesant de cacahouettes… tout en étant particulièrement éclairant sur le mode de fonctionnement de la fiction française. Je m’y attellerai peut-être un jour prochain, quand j’en aurais fini avec le roman.

Néanmoins, je peux dire ceci: du haut de ma toute petite expérience, le problème principal de notre création télévisuelle ne me semble pas procéder d’un manque de moyens financiers ou de talent des scénaristes, mais de la PEUR qui paralyse toute la chaîne de production, des auteurs aux diffuseurs. Une peur disproportionnée et qui ne provient même pas d’études ou de dangers objectifs.

Dans le même temps, j’ai rencontré quelques personnes du monde du cinéma. Rien de bien concret ne ressort de toutes ces entrevues. La ligne de sang est toujours pressentie pour être adaptée mais se heurte à la même barrière, le financement. Produire une transposition à l’écran serait cher et, dans la mesure où sa violence lui garantit une interdiction aux moins de 12 ans minimum, les candidats craignent de ne pouvoir réunir les fonds nécessaires. Cependant, depuis un moment, j’ai l’envie et l’ambition d’écrire un polar très noir, qui irait marcher sur les terres de L’année du Dragon - je précise que j’ai déjà retiré mes tiags pour la soirée, mes chevilles vont donc bien, merci. Je tiens un début d’intrigue - inspiré d’un fait-divers réel qui m’a été rapporté par les officiers du groupe Chine de la 2ème division de police judiciaire de la Préfecture de Police de Paris, celle qui s’occupe de Belleville, la véritable Chinatown de la capitale - et surtout un producteur, qui est intéressé par ce genre de film: le film de genre. Il me reste à discuter encore un peu avec mes conseillers techniques, à réfléchir et à écrire quelques pages de présentation. Tout ceci arrivera lorsque Lynx m’aura quitté, dans quelques semaines…

Parce que dans l’immédiat, plus rien d’autre ne compte que lui. Nous passons nos journées ensemble, pour le meilleur et pour le pire. Oui, le pire. Il m’arrive de buter sur des tunnels d’écriture laborieuse. Jusqu’ici, les plus longs ont duré deux jours. C’est pénible mais pas catastrophique. Je pense raisonnablement livrer la version 1.0 du texte au 31 juillet. Il me faudra un peu de repos ensuite. Je ne retravaillerai dessus qu’à partir de début septembre, lorsque les avis de mes différents lecteurs de confiance et surtout de mon éditeur me seront revenus. Dans l’intervalle, je réfléchirai à mon polar chinois et aussi à la nouvelle que je vais devoir écrire pour un recueil d’histoires noires parisiennes qui sera publié aux Etats-Unis l’an prochain. La mienne aura pour toile de fonds le 11ème arrondissement, où j’habite. Mes coauteurs s’occuperont de tous les autres puisqu’il s’agit de présenter la capitale en 20 textes.

Entre-temps, je vais essayer de parler de mes journées de travail, du mieux que je le pourrai. Aujourd’hui, c’est simple, je me suis battu toute la journée sur l’articulation d’un dialogue entre Bastien Rougeard, journaliste de son état, et Zyad Makhlouf, ex-hawaladar syrien installé à Paris. Et je ne suis pas très content de moi. Ce soir. Il faudra attendre demain pour mieux juger. J’ai aussi pris deux rendez-vous, avec mes indics de la 2eme DPJ d’une part, et un autre auteur, d’autre part, créateur d’une fiction qui ne devrait pas tarder à voir le jour sur M6. Peut-être serai-je l’une des futures petites mains de l’ombre qui vont être appelées à collaborer au projet. J’ai aussi parlé à mon camarade Frank Mancuso, ancien policier, scénariste et, pour la seconde semaine consécutive, réalisateur. Il tourne en effet son premier long-métrage avec, dans le rôle titre, un Jean Dujardin à contre-emploi. Une histoire sombre et sobre, comme je les aime. Pas très politiquement correcte.

Sinon, j’en ai marre du foot, de l’incurie de nos dirigeants - ou de ceux qui aspirent à le devenir - et des basses-cours de charognards qui s’agitent tout autour.

Crash

Blogged by DOA as MiAPED — DOA Tue 20 Jun 2006 22:54

Aujourd’hui, j’ai failli perdre cinq pages de texte et ainsi manqué de passer à côté d’une bonne journée, très encourageante. Mon dialogue d’hier n’était finalement pas si raté et, après quelques modifications, je l’ai validé. La productrice en charge du projet France Télévision m’a appelé pour me confirmer que rien ne se passerait avant septembre. Quelle surprise! Elle m’a paru agacée mais n’est-ce pas l’été, cette période bénie où tout va s’arrêter pour deux mois? Les gens ont déjà l’esprit ailleurs, en vacances. Les invitations et les fêtes se multiplient, signes avant-coureurs de la longue pause imminente. Ce soir par exemple, j’ai assisté à la remise d’un nouveau prix littéraire, dans un hôtel de luxe du 7ème arrondissement. Le champagne était excellent, l’amie qui m’a invité toujours aussi charmante, celle qui m’a accompagné de plus en plus proche, et la directrice de l’établissement plutôt sexy. C’était un prix réservé à des auteurs féminins - je déteste auteurEs, pour les puristes et les féministes - et évidemment, Marc Lévy remettait. J’ai évité de trop l’écouter et me suis concentré sur Lisa Papineau, une jeune femme rencontrée par hasard il y a une dizaine de jours, qui me détend à mes moments perdus. Elle est en tête de la playlist de mon iPod. Découvrez-la.

P.S.: On m’a donné le dernier Maxime Chattam à lire, pour un avis objectif. Hum.

Réparation

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Wed 21 Jun 2006 7:17

Notre cher Premier Ministre a, paraît-il, insulté le premier secrétaire du PS. Il l’a accusé de faire preuve de lâcheté devant tout le monde, à l’Assemblée. Catastrophe! Depuis, les socialistes attendent des excuses publiques ou la démission. L’incident couvre les ondes radio ce matin et ce depuis hier apparemment. J’imagine que la télé en a parlé et que la presse écrite ne s’en privera pas non plus. Outre que j’estime ce qualificatif parfaitement adapté aux deux impétrants, je ne peux m’empêcher de continuer à espérer qu’un jour, nos politiques s’agenouilleront devant nous pour nous implorer de les pardonner, avant de s’en aller d’eux-mêmes, lorsqu’ils comprendront que le triste spectacle qu’ils nous offrent touche à sa fin. J’espère d’ailleurs que ce jour-là, ils embarqueront avec eux les en-cours qui, de majorité en majorité, se débrouillent toujours pour rester accrochés comme des moules, selon la désormais célèbre métaphore (et non, pour les esprits chagrins, je ne parle pas là des fonctionnaires).

Heureux le temps où ces choses se réglaient à coups de duel. On se débarrassait ainsi de la moitié du problème et c’était déjà pas si mal.

Young Hannibal

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Wed 21 Jun 2006 8:41

La vache. Traire. Nous. Ils font une préquelle au Silence des Agneaux et même au Dragon Rouge, avec Gaspard Ulliel dans le rôle de Hannibal jeune. Bon. Je vous invite à jeter un oeil à la critique de la projection-test du fameux site Ain’t it cool - désolé, c’est en anglais - et je ne résiste pas à l’envie de vous en mettre un extrait ici, appréciez la chute.

The letters are from his uncle in France and since his whole family is dead, he sneaks on a train and makes his way there to his uncle’s château. Unfortunately, his uncle died in the war but his ultra hot Japanese wife, Lady Murasaki, still owns the property and welcomes the last surviving Lecter into her home. She becomes a sort of mother/teacher/romantic interest in the film for him. One night, Hannibal finds Murasaki praying to her ancestors, or something, in this makeshift shrine in the cellar. Of course there are masks, katana swords, and a set of samurai armor with a face mask that looks amusingly enough like his famous security mask from Silence and Hannibal. Oh foreshadowing!!! She teaches Hannibal to channel his childhood trauma into power, and in typical revenge movie fashion teaches him the ways of the samurai. So we get a montage of Hannibal learning how to fight with Kendo swords and other weapons and he begins his obsession with the facial mask.

They seriously should have called this Hannibal Begins.

No further comment.

Chantons sous la pluie

Blogged by DOA as Anti-Personnel, MiAPED, Lynx — DOA Thu 22 Jun 2006 9:02

Hier, une autre bonne journée d’écriture qui mettait cette fois en scène Amel, Karim et, très brièvement Bastien Rougeard. Pendant que la jeune femme se confronte à certaines réalités culturelles et cruelles de terrain, Karim prend conscience qu’il pourrait se retrouver rapidement à découvert. Le rôle du journaliste, Rougeard, tel qu’exposé dans ce passage est intéressant parce qu’il me permet de faire enfin le lien entre tous mes protagonistes. Enfin, tous leurs parcours se rejoignent. Cela n’avait rien d’évident au départ et m’a posé de nombreux problèmes lors de la construction de l’intrigue. Comment faire pour que ces croisements ne soient pas téléphonés et artificiels? Aujourd’hui, Lynx revient sur le devant de la scène et, comme à chacun de ses retours, quelqu’un va avoir mal.

Bref coup de fil de mon agent, Lionel Amant, à l’heure du déjeuner. Nous parlons d’un ami commun. Son père souffre d’un cancer et le pronostic ne semble pas favorable - C’est la seconde fois que quelqu’un de mon entourage est directement ou indirectement touché par cette maladie, ces dernières semaines, puisque j’ai appris récemment que l’une de mes amies de jeunesse souffrait d’un mal similaire. Elle est plus jeune que moi, maman, mariée. Ce qui lui arrive donne à réfléchir - Lionel et moi évoquons ensuite quelques bizarreries comportementales du milieu de la télé, l’avenir de mon projet France Télévisions et comment lui donner plus de chances encore, les contrats d’édition - il va se mettre sur ce créneau aussi, et c’est tant mieux - et je lui demande de reparler au producteur de cinéma qui s’est dit intéressé par le film chinois. Je souhaiterais quelques éclaircissements de ce côté-là.

Le soir, je me rends à un concert privé donné dans un hôtel particulier du 7ème arrondissement. Décidément, je passe beaucoup de temps dans ce quartier, trop peut-être. C’est Marie Modiano qui chante. Sa voix et sa prestation ressemblent à du Beth Gibbons. Il se met à pleuvoir, normal, c’est la Fête de la Musique, et nous dansons un peu sous la pluie après le showcase, sur des mixes des Putafranges, un groupe de djettes, à franges donc. Il y a un moment d’excitation et d’auto-satisfaction puérile, lorsque je prends conscience de l’endroit où je me trouve et pourquoi j’y suis, mais le soufflé retombe très vite. Je ne me sens pas à ma place. Je n’appartiens pas à ce monde, j’ennuie ces gens, je crois, et ils m’ennuient en retour. Ma vie personnelle me plombe, en fait, il lui manque cette tension qui la tirerait vers l’avant. Et puis je ne suis pas bien à Paris. Finalement, seul mon travail me permet de tenir le coup, surtout dans cet environnement urbain. Quand je bosse, je ne pense plus au reste et aux manques. Mais j’ai à présent vraiment hâte d’acquérir la tranquillité d’esprit et l’indépendance financière qui me permettront de dégager de la capitale pour me perdre loin, dans la nature, où j’aspire à retourner depuis longtemps.

P.S.: comme je le pensais hier - ce qui ne réclamait pas une puissance intellectuelle phénoménale - la presse prévisible a passé la journée à parler de Ze Incident of Ze Assemblée, offrant ainsi aux uns et aux autres, qui l’occasion de défendre, qui l’occasion d’attaquer l’impétrant. Celui-ci s’est, au final, ex… A présenté ses… A demandé p… Enfin, bon, il a dit quelque chose qui ressemblait à de la repentance. Tout ceci a fait Pschittt, pour reprendre une onomatopée très tendance à la tête de l’état. Sinon, dans le monde, il y a la coupe éponyme de football. A part ça, il ne se passe rien.

Biosphere

Blogged by DOA as Anti-Personnel, MiAPED, Lynx — DOA Thu 22 Jun 2006 22:56

J’ai écrit au son de Biosphere aujourd’hui, une formation découverte via Last.fm, en cherchant des artistes connexes à Harold Budd. Une musique électronique très planante, écologique, à l’image du nom que ce musicien s’est doonné. Il utilise beaucoup de sons de la vie quotidienne et de la nature pour composer ses morceaux, c’est assez surprenant. Une bonne partie de la matinée a été consacrée à relire mes pages de la veille, avec une certaine satisfaction. Le passage ainsi conclu n’était pas des plus simples, pour moi quoi qu’il en soit, et je pense m’en être plutôt bien sorti. Et puis je me suis amusé à donner des coups de sonde sur les 200 et quelques pages à A4 déjà produites. Je voulais m’assurer de la cohérence du style, vérifier le plaisir que je prenais à me relire. J’ai corrigé quelques phrases, évidemment, comment m’en empêcher? J’ai hâte désormais de donner à lire ce tout qui me tient, je dois l’avouer, beaucoup à coeur. Il y a plusieurs raisons à cela. D’une part, je reviens chez Gallimard et l’enjeu est de taille, m’inscrire avec force dans cette nouvelle Série Noire grand format, au sein d’une maison prestigieuse. Aurélien Masson, mon éditeur, a pris des risques pour me faire venir. Il s’est mis en danger, je pense, parce qu’il croit en moi et veut faire bouger les choses. La déception n’est pas permise. Failure is not an option. D’autre part, les aventures de Lynx constitueront mon premier roman 100% réaliste et vont débarquer à un moment critique : à la veille de l’élection présidentielle de 2007. Il se produira, je l’espère, une certaine résonnance. Enfin, pour qui sait lire, il y aura quelques anecdotes très personnelles à découvrir dans les pages à venir.

En début d’après-midi, avant de me remettre à écrire pour dérouler quelques scènes d’action assez simples, j’ai longuement parlé à un garçon avec qui j’avais sympathisé au cours de l’aventure Engrenages. Temporairement ex-scénariste, il travaille désormais dans l’un des départements fiction de France Télévisions. C’est lui qui cornaque mon projet de série à l’intérieur de l’équipe de développement et je sais qu’il le fait avec justesse et équité. Je le précise par rapport aux autres projets. Il n’y a là aucun favoritisme. J’aurais été retoqué, amitié ou pas, si le texte n’avait pas répondu à certains critères d’exigence et de qualité tout à fait compréhensibles. Critères qui ne sont pas spécialement ceux de la chaîne pour laquelle il travaille mais les siens. Et les miens également. Nous avons pu nous en apercevoir lorsque nous travaillions ensemble sur le projet de Canal +. Apparemment, son avis initial, qui était plutôt favorable, a été appuyé par les lecteurs de la chaîne concernée. Désormais, il revient aux autres membres du comité éditorial de rendre un avis. Eux, je ne les connais pas, je ne sais donc pas si je serai en phase avec leurs attentes. Et puis il y aussi des questions industrielles qui se posent. La boîte de prod. qui m’a optionné a déjà quelques projets en développement et en production à France Télévisions. Il existe apparemment une règle, écrite ou non, qui limite le recours à certaines sociétés si celles-ci sont déjà très présentes, quelle que soit la qualité des nouveaux programmes présentés. Et il se pourrait bien que j’en sois victime.

Petit à petit, mon installation dans le nouvel appartement s’achève. J’ai monté ce soir les étagères de mon bureau. Tous mes livres de référence généraux - dicos, bescherelles, encyclopédies, recueils de citations, ouvrages d’histoire, de philo et techniques - sont à nouveau à portée de main, enfin extraits de leurs cartons. Ce week-end, je vais m’attaquer à une seconde bibliothèque, plus importante encore, celle qui doit recevoir mes romans. Mes BD, comics et mangas sont eux déjà en place depuis belle lurette. Je m’étonne encore de la rapidité avec laquelle j’ai pris possession de mon nouvel espace. Il me semble déjà que ma vie dans l’autre appartement est à des années-lumières derrière moi. Un ami qui a également déménagé récemment m’avait fait une réflexion dans ce sens lors d’une conversation autour d’un café, il y a quelques semaines. Nous sommes des animaux à mémoire courte.

Pluie

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Sun 25 Jun 2006 11:53

Il pleut sur Paris ce matin. Une bruine m’a accompagné jusqu’à la Bastille, pour mon marché hebdomadaire. En chemin, j’ai longé les allées plantées du boulevard Richard Lenoir. L’humidité avait fait ressortir l’odeur des arbres et des plantes. Cela fonctionnait assez bien avec le Substrata de Biosphere, que diffusait mon baladeur. De la pluie dehors, de la pluie dans mes oreilles, au milieu des notes de musique. Il y a un certain paradoxe à écouter la nature s’exprimer digitalement lorsque ces mêmes expressions sont présentes autour de soi. Mais une averse en ville, même le dimanche matin, est toujours parasitée par une foule de bruits beaucoup moins agréables. Et je n’avais aucune envie de les entendre. Ca sentait la merde aussi, parfois, sur ce court trajet. L’humidité encore. Ne pas oublier que ce succédané de verdure n’est qu’un placébo urbain qui masque la réalité de la ville. Le coin est occupé en permanence par des personnes contraintes de vivre dehors. Quitte à en baver au milieu du béton, autant le faire là où il reste encore quelques bosquets. Comment leur donner tort?

La semaine se termine sur une note professionnellement positive. J’ai bien travaillé - pas de tiags aujourd’hui - et je suis plutôt content des projets sur lesquels je suis embarqué. Mon éditeur m’a d’ailleurs annoncé mercredi soir que je partagerai les pages du recueil de nouvelles américain sur Paris avec quelques auteurs talentueux et bien plus connus que moi: Modiano, Daeninckx, Jonquet - assez drôle de les voir ensemble tous les deux - Ferey et d’autres dont j’ai oublié les noms. Personnellement, le seul dont je me sente réellement proche est le dernier cité. Question de génération sans doute. Seul petit agacement de la semaine - au-delà de mes énervements informatifs quotidiens s’entend - une conversation animée qui a eu lieu sur le site de Guy Birenbaum, vendredi et samedi. Elle a pris des proportions imméritées avec une intervention extérieure provoquée par certains débordements un peu trop intempestifs à mon sens. REM: c’est mon angle dans ce débat, ces débordements délirants. Personnellement, je la résumerais bien à coups de paille, de poutre, de voisin, d’aveugles et de gens qui ne veulent pas voir. Mais je ne suis évidemment pas objectif et j’imagine que mes contradicteurs auraient un avis similaire me concernant. REM 2: ne plus se laisser embarquer autant dans ce genre de débats, c’est ridicule et vain, dans tous les sens du terme. Quoi qu’il en soit, cela doit amuser monsieur B., toutes ces allées et venues sur son site. Je suis sûr qu’il y prend beaucoup de plaisir…

Aujourd’hui, encore un peu de rangement au programme, de l’écriture. Et ce soir, je vais jeter un oeil au Monde de Narnia. Je n’avais pas été suffisamment convaincu pour y aller à sa sortie en salles, mais là, mon vidéo-club en avait un de dispo, alors… En parlant de film, hier j’ai vu Marie-Antoinette, en compagnie d’une amie. Mouais. Tout ça pour ça? Ce n’est pas particulièrement inspiré, un peu contemplatif, pas très historiquement juste mais ça, on s’en fiche a priori. Long, trop long parce que sans réelle poésie ou substance. J’ai préféré de loin revoir Fear and Loathing in Las Vegas le soir même. Pas vraiment comparable mais beaucoup plus stimulant. Thompson s’est flingué il y a un peu plus d’un an. Je ne ne peux pas dire que j’adhérais à tout mais c’était quand même un drôle de bonhomme. Je n’ai lu de lui qu’Hells Angels, qui m’avait plu, et je je m’étais promis, au moment de sa mort, d’en essayer d’autres. J’ai acheté les bouquins et rien. Il y a eu d’autres textes entre-temps. Les livres du chasseur ressortiront de mes derniers cartons cet après-midi et je crois que je vais enfin commencer à honorer ma promesse.

C’est lundi et le lundi c’est…

Blogged by DOA as Ligne de Sang, Lynx — DOA Mon 26 Jun 2006 22:42

… Le début de la semaine. Les gens qui avaient disparu pendant deux jours se refont vivants et quelques nouvelles tombent. La ligne de sang sortira en poche en même temps que mon troisième roman, en février 2007. Une version légèrement différente du grand format, allégée, si j’ose dire. Quelques mois après sa parution, certains passages m’apparaissaient déjà un peu lourds et d’autres maladroits. Le livre aurait pu gagner en nervosité mais, à l’époque de la remise de la version finale, je n’avais pas le recul suffisant pour le voir. Je vais avoir là une occasion de remédier à ces problèmes, en collaboration avec l’éditeur en charge de la collection Folio Policier qui va aussi m’amener son point de vue. Un aspect à ne pas négliger est que cette version sera celle qui restera comme la définitive. L’autre va devenir une rareté.

Lynx a encore progressé de quelques pages. J’arrive à un tournant de l’intrigue, les choses vont basculer définitivement. Les personnages principaux s’interrogent avant le grand plongeon. Dans l’ordre Fennec, Lynx et Amel. Je n’arrivais pas cet après-midi à retranscrire l’état d’esprit de cette dernière comme je le souhaitais. Je ne trouvais pas les tournures adéquates, qui ne seraient pas lourdes et sursignifiantes. Je dispose d’un traitement assez détaillé qui me donne des indications de fond mais mon problème était surtout formel. J’ai commencé à jeter des idées sur le papier pour m’apercevoir que la forme était là, dans ces quelques termes qui s’appliquaient aux émotions de mon héroïne. Journaliste, elle travaille sur des articles, prend des notes, rédige des brouillons. Et c’est exactement ce qu’elle a fini par faire dans le texte. Au début de ce passage, Amel bloque sur une synthèse, qu’elle doit rédiger pour la soumettre au confrère avec lequel elle travaille. Bloquée est donc le premier terme qu’elle inscrit sur la page blanche de son carnet. C’est un moment particulier de son histoire dans l’intrigue générale, elle se sent isolée et fragile. Les deux mots suivants. Et de fil en râtures, ma scène s’est écrite comme une partie de ping pong entre les pensées qu’elle matérialise avec son stylo et son attitude, qui leur fait écho. Nous verrons si ça fonctionne.

Pour un ami…

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Wed 28 Jun 2006 14:53

… Qui me demandait pourquoi, romancier, je ne possédais pas de chat.

Je possède un chat persan. Je suis possédé par un chat persan, pardon. Indépendance et fierté, le chat n’est que noblesse. Surtout les persans, qui se prennent tous pour LE chat. J’ai su tempérer la sublime arrogance du mien : je lui ai coupé la queue, je l’ai tondu comme un caniche, (la fraise et les pattes à pompon) et je l’ai fait dormir dans le frigo pour lui raidir un peu la démarche. Il a gagné en humilité ce qu’il a perdu en grâce : depuis que le berger allemand le sodomise dans sa sciure, sa majesté féline à la couronne un peu penchée. P. Desproges, in Fonds de tiroirs

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