J’ai tourné toute la journée autour de mon blog en me disant que j’allais le remplir à nouveau à partir d’aujourd’hui. Cela fait quelques temps que j’y pense sans nécessairement trouver l’énergie de le faire. Au cours des deux derniers trimestres, la production écrite a occupé l’essentiel de mon temps, y compris la plupart des soirs et des week-ends. J’emploie le terme production parce qu’il s’agit bien de cela, en particuliers durant les deux derniers mois. Cela me dissuade souvent de me remettre au clavier à mes moments perdus.
Avant cela et bien… C’était un peu désordonné. J’avançais sur plusieurs fronts simultanément, ce que je ne trouve vraiment pas confortable. Premier front, primordial, mon troisième roman. J’ai commencé à le rédiger vers la mi-janvier mais ce démarrage a été chaotique. Tout d’abord parce qu’il a fallu que je me chauffe, que je retrouve des mécanismes et un style que je n’avais plus utilisés tels quels depuis le point final mis à La ligne de sang. Ensuite, parce que je travaillais sur d’autres choses en parallèle, qui venaient perturber ma concentration.
Tout d’abord, une fiction de super-héros - oui, oui, vous avez bien lu. La mienne ne verra pas le jour mais attendez-vous à en voir une débarquer à la télé. C’est dans l’air - optionnée par un producteur puis refusée par le diffuseur à qui elle avait été proposée. Cela m’a partiellement occupé l’esprit jusqu’à la fin du mois de janvier. Dans le même temps, je travaillais déjà sur une autre mini-série, policière, qui a elle aussi été optionnée par un second producteur. Pour le moment, elle est à l’étude dans l’un des départements fiction de France Télévisions. Je ne dis pas lequel, il paraît que ça porte malheur. Nous verrons bien ce que l’avenir nous réservera. C’est l’été cependant et je doute d’avoir des nouvelles avant septembre.
En plus de ces deux créations originales - pour lesquelles il s’agissait quand même de rendre des documents présentant un esprit, un canevas et des personnages solides, soit une trentaine de pages à chaque fois - on m’a contacté pour travailler sur la seconde itération de la série Engrenages, diffusée l’hiver dernier sur Canal +, en collaboration avec une équipe de scénaristes tous bien plus chevronnés que moi. Nous devions imaginer pour début avril ce que l’on appelle un arc narratif principal qui courrait sur les huit épisodes de la saison. Cette collaboration a été brusquement interrompue à la livraison de notre travail, à la suite d’une incompréhension entre le producteur et le diffuseur. Nos têtes ont roulé, il fallait des victimes expiatoires. Je n’en parle pas plus ici, mais le récit de cette (més-)aventure vaut son pesant de cacahouettes… tout en étant particulièrement éclairant sur le mode de fonctionnement de la fiction française. Je m’y attellerai peut-être un jour prochain, quand j’en aurais fini avec le roman.
Néanmoins, je peux dire ceci: du haut de ma toute petite expérience, le problème principal de notre création télévisuelle ne me semble pas procéder d’un manque de moyens financiers ou de talent des scénaristes, mais de la PEUR qui paralyse toute la chaîne de production, des auteurs aux diffuseurs. Une peur disproportionnée et qui ne provient même pas d’études ou de dangers objectifs.
Dans le même temps, j’ai rencontré quelques personnes du monde du cinéma. Rien de bien concret ne ressort de toutes ces entrevues. La ligne de sang est toujours pressentie pour être adaptée mais se heurte à la même barrière, le financement. Produire une transposition à l’écran serait cher et, dans la mesure où sa violence lui garantit une interdiction aux moins de 12 ans minimum, les candidats craignent de ne pouvoir réunir les fonds nécessaires. Cependant, depuis un moment, j’ai l’envie et l’ambition d’écrire un polar très noir, qui irait marcher sur les terres de L’année du Dragon - je précise que j’ai déjà retiré mes tiags pour la soirée, mes chevilles vont donc bien, merci. Je tiens un début d’intrigue - inspiré d’un fait-divers réel qui m’a été rapporté par les officiers du groupe Chine de la 2ème division de police judiciaire de la Préfecture de Police de Paris, celle qui s’occupe de Belleville, la véritable Chinatown de la capitale - et surtout un producteur, qui est intéressé par ce genre de film: le film de genre. Il me reste à discuter encore un peu avec mes conseillers techniques, à réfléchir et à écrire quelques pages de présentation. Tout ceci arrivera lorsque Lynx m’aura quitté, dans quelques semaines…
Parce que dans l’immédiat, plus rien d’autre ne compte que lui. Nous passons nos journées ensemble, pour le meilleur et pour le pire. Oui, le pire. Il m’arrive de buter sur des tunnels d’écriture laborieuse. Jusqu’ici, les plus longs ont duré deux jours. C’est pénible mais pas catastrophique. Je pense raisonnablement livrer la version 1.0 du texte au 31 juillet. Il me faudra un peu de repos ensuite. Je ne retravaillerai dessus qu’à partir de début septembre, lorsque les avis de mes différents lecteurs de confiance et surtout de mon éditeur me seront revenus. Dans l’intervalle, je réfléchirai à mon polar chinois et aussi à la nouvelle que je vais devoir écrire pour un recueil d’histoires noires parisiennes qui sera publié aux Etats-Unis l’an prochain. La mienne aura pour toile de fonds le 11ème arrondissement, où j’habite. Mes coauteurs s’occuperont de tous les autres puisqu’il s’agit de présenter la capitale en 20 textes.
Entre-temps, je vais essayer de parler de mes journées de travail, du mieux que je le pourrai. Aujourd’hui, c’est simple, je me suis battu toute la journée sur l’articulation d’un dialogue entre Bastien Rougeard, journaliste de son état, et Zyad Makhlouf, ex-hawaladar syrien installé à Paris. Et je ne suis pas très content de moi. Ce soir. Il faudra attendre demain pour mieux juger. J’ai aussi pris deux rendez-vous, avec mes indics de la 2eme DPJ d’une part, et un autre auteur, d’autre part, créateur d’une fiction qui ne devrait pas tarder à voir le jour sur M6. Peut-être serai-je l’une des futures petites mains de l’ombre qui vont être appelées à collaborer au projet. J’ai aussi parlé à mon camarade Frank Mancuso, ancien policier, scénariste et, pour la seconde semaine consécutive, réalisateur. Il tourne en effet son premier long-métrage avec, dans le rôle titre, un Jean Dujardin à contre-emploi. Une histoire sombre et sobre, comme je les aime. Pas très politiquement correcte.
Sinon, j’en ai marre du foot, de l’incurie de nos dirigeants - ou de ceux qui aspirent à le devenir - et des basses-cours de charognards qui s’agitent tout autour.