La fin de l’histoire… Pour le moment.

Blogged by DOA as Anti-Personnel, MiAPED, Lynx — DOA Sun 5 Nov 2006 20:27

La semaine s’est achevée sur le point final de ma nouvelle pour le recueil américain d’historiettes sur Paris à paraître chez Akashic books, NYC, l’an prochain. Mon intrigue, qui a pour cadre le 11ème arrondissement, s’intitulera Précieuse, бесценный en russe. J’ai aussi eu l’occasion de passer un long moment avec Christine, mon attachée de presse chez Gallimard. Une entrevue agréable, très constructive, qui me change de mon expérience précédente au Fleuve Noir. Elle a évoqué le possible et le probable, et les angles d’attaque qu’elle envisageait pour faire en sorte que les aventures de Lynx bénéficient de la meilleure exposition. A ce propos, le principe du bandeau avec le logotype toxiques chimiques, présenté dans une note précédente, a été accepté. Je n’ai toujours pas vu les propositions de couvertures mais j’imagine que cela ne saurait tarder. Dès que j’aurais eu l’occasion de le faire, je révélerai ici le titre définitif du roman, prévu pour le premier office de février 2007, aux alentours du 8, donc. Ainsi s’achève, dans l’immédiat, mon aventure littéraire, je vais souffler dans l’audiovisuel pendant quelques mois, peut-être un an.

J’ai dû me retirer de l’un de mes trois projets TV, ce qui n’a pas été sans heurt avec les producteurs concernés. Je m’en sors à moindres frais, je n’avais pas encore signé mon contrat de directeur littéraire. Je peux comprendre leur frustration, mais je n’avais guère le choix, manque de motivation face aux deux auteurs avec lesquels j’allais de voir travailler, manque de temps, je ne me sentais pas de faire face à trois séries, et surtout, risque de conflit d’intérêt entre la leur et l’une des deux autres. J’ai été contraint de faire un arbitrage qui leur a été défavorable. Cela m’ennuie parce que j’apprécie ces deux personnes, et pas seulement sur le plan professionnel. Je vais donc avancer sur GLADIO – 12 épisodes – pour lequel je vais retrouver l’une des coéquipières du fiasco Engrenages 2, sous la direction de Dan Franck, ainsi que sur une production liée à la croisée des univers policier et carcéral – 6 épisodes – pour laquelle je retrouve Michaël. Cette semaine, nous avons mis en place notre planning de rédaction de la bible de la série, qui doit être livrée à la fin du mois de novembre. Pour le moment, nous sommes en pleine phase de documentation, jusqu’à mercredi prochain inclus, après nous être répartis un certain nombres d’ouvrages de référence qui vont des rapports de l’OIP à des récits de détenus plus ou moins célèbres ou encore des dossiers sur la criminalité organisée moderne et ses enjeux.

Hier soir, j’ai revu avec plaisir un ami que j’avais perdu de vue depuis quelques mois, Fred. Je l’ai retrouvé à la Galerie LH, pour le finissage de la première exposition de sa fondation, ANG, intitulée Distorsions. Une parenthèse agréable, qui me changeait de ma clientèle habituelle et de mes atmosphères criminogènes.


Ci-dessus, Sans titre 06, dans la série Collection Printemps/Eté 2001

par Nicole Tran Ba Vang, une des artistes de Distorsions.

When no one is watching, we are invisible

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Tue 7 Nov 2006 13:03

Je termine ce matin ma lecture du Canard Enchaîné du 1er novembre 2006 (je sais, je suis à la bourre). Je retiendrai quatre passages, à propos de la campagne présidentielle. Ont-ils un rapport avec le titre de ce post, qui est accessoirement celui d’un très bel album de Jori Hulkkonen que je réécoute ces derniers temps? Who knows?

Tout d’abord cette brève, qui concerne le PS :

Dray aux poings
« Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Elle a franchement été nulle. Nulle, je te dis, elle a été nulle ! » Jeudi 26 octobre au soir, assis au premier rang des 6000 spectateurs du Zénith, Julien Dray était furieux après la prestation de sa championne, Ségolène Royal.
Quelques minutes plus tard, dans les coulisses, Dray était toujours aussi colère, mais il avait trouvé des excuses à Ségolène : « La salle a été faite. C’est un complot monté par Cambadélis et les gens de sa bande ! ». Riposte de l’un de ceux-là, Ramzi Khiroun, conseiller en communication de DSK : « T’énerve pas, Juju : le jury populaire a tranché ! » Et d’ajouter, provocateur : « Tu sais, Ségo a un vrai problème : c’est toi. Tu as été de tous les courants PS et tu as toujours été du côté des perdants. Surtout, s’il te plaît, ne deviens pas strauss-kahnien. »
Dray a alors blanchi et porté son front contre celui de son interlocuteur : « Je vais te casser la gueule ! » L’autre : « J’accepte ton invitation. »
Prochain round le 7 novembre, à Toulouse.

Puis ces extraits, à propos de l’UMP :

Extrait 1 - Le Gnon fait la force
« Je souhaite que la majorité garde à l’esprit le vieux principe selon lequel l’union fait la force et qu’elle agisse en conséquence. » On ne sait si Chirac a fait une cure de Ginseng en Chine, mais il en revient très remonté […]
Sur le même élan, lui [Chirac, NDM] qui s’était toujours défilé devant les chiffres du chômage fait main basse dessus jusqu’à en retarder la publication pour se les approprier dès qu’ils ont tendance à baisser, les confisquant à son cher Villepin qui avait fait du sujet son cheval de bataille proclamé. De son côté, l’homme de Matignon, pour compenser, continue avec l’assentiment chiraquien de chercher des noises à Sarkozy sur le terrain dangereux des banlieues. En laissant filtrer […] qu’il était en week-end au Maroc tandis que le bus de Marseille brûlait et qu’il l’a rappelé dare-dare. En lançant un « appel à témoins », et en incitant Sarko à la surenchère pour le pousser à l’erreur. Bref, de l’union comme n’en fait plus […]

Extrait 2 - Le mur du çon
Franchi au sprint par un des rares députés Villepinistes, Jean-Pierre Grand, qui déclare dans « Le Figaro » (31/10) :
« Dans les courses de demi-fond, il y a toujours des lièvres. Michèle [Alliot-Marie] sert de lièvre à Dominique [de Villepin]. »
Et qu’est-ce qu’il se passe s’il rattrape la lièvre, pardon, la hase ?

Extrait 3 - Minimares
Commentaire de Nicolas Sarkozy à l’adresse de Patrick Ollier, à propos de la candidature de sa compagne, Michèle Alliot-Marie (« Le Parisien », 26/10) : « Tu lui diras de ma part que cela me fait pisser de rire. » La classe !

Au même moment, pour les mêmes raisons, à l’extrême gauche, comme à l’extrême droite, on se dorlote à coups de beaux slogans et de petites phrases. Ah au fait, Chevènement va être candidat. Il ne nous reste plus qu’à trouver un ou deux Verts et nous serons complets. Hier sinon, le grand sujet à la mode dans les journaux et les blogs qui comptent, c’était la peine de mort, à cause de Saddam évidemment. Deux constatations: le caractère incantatoire de ceux qui défendent l’abolition de cette forme de sanction au nom de principes que l’on ne peut discuter – sans jamais les énoncer, cependant, ces principes, seraient-ils si honteux ? A quoi bon s’épancher en débats et vaines conversations, dans ce cas? – et bien sûr le coup de pied à l’âne à l’Amérique de Georges Bush, seul pays, on le sait, à pratiquer l’exécution capitale à la chaîne. Non, non, il n’y en a pas d’autre, puisque je vous le dis.

Et pendant ce temps, dans le monde à peu près normal

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Tue 7 Nov 2006 13:26

Tout à l’heure, coup de fil de mon pote libraire Jérôme, de la Manœuvre, qui me signale un très beau portrait de James Ellroy, en quatrième du Libé du jour. Je m’empresse de le lire puis je récupère deux adresses mail, dont celle de Thomas Kornfled, de Nomad Films, l’un des organisateurs du 48h Film Project de Paris. Je voulais le remercier pour la soirée d’hier, passée à l’UGC de la Défense à visionner les finalistes de cette compétition, qui a démarré début octobre. J’ai été bluffé par la qualité de certaines réalisations. Difficile en effet de croire que ces courts ont été écrits, réalisés, montés et post-produits en seulement quarante-huit heures. Avec, de surcroît, quatre contraintes : un genre tiré au hasard, un personnage obligatoire (cette année, Simon Picot, professeur de Yoga), un objet imposé (une clé) et une réplique incontournable (Mais qu’est-ce qu’elle a à me regarder comme ça, celle-là ?). Mes suffrages n’auraient pas été les mêmes que ceux du jury et je regrette de le sensible Dernière valse des Problematic Haircuts et le très léché Acting Spirit n’aient pas été mieux récompensés. Autre injustice, Simon Picot, the Yoga man aurait dû avoir le prix pour la meilleure musique, sans contestation possible.

Who makes me, me? You.

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Sun 12 Nov 2006 20:39

Et sans la langue. J’ai retrouvé ce bout de phrase dans mon carnet de notes. Il n’était pas de ma main et le mot langue était entouré plusieurs fois. C’est une bribe de la conversation écrite que j’ai eu vendredi soir pendant que je parlais au téléphone de choses plus sérieuses, peut-être trop, après un enchaînement de frustrations professionnelles. One week you’re the hero, the next you’re just a zero. Cela aurait pu plomber mon boulot mais cette soirée m’a sauvé la mise. J’ai enchaîné sur un samedi cinématographique, avec la Du Barry, le matin, qui voulait voir Ne le dis à personne - à éviter selon moi, côté thriller, pas grand chose à sauver, rebondissements convenus et fin verbeuse, même si Guillaume Canet y démontre une touchante sensibilité - et James Ellroy, massacré par De Palma, plus tard. J’aurais dû me méfier, après Femme Fatale, son précédent nanard. Ce soir, dîner avec Alain, que je n’ai pas vu depuis plusieurs semaines. Il y a du bavardage à rattraper. Au fait, au cours de ma discussion de papier, il y a eu aussi un Tu me cherches, un Comment t’as deviné ? et en conclusion, un T’aimes bien les mauvaises langues, qui faisait suite à la première provocation linguale. Le week-end a été rythmé par les compositions de Doctor Flake, un artiste de la même région que moi je crois, et plus particulièrement son morceau intitulé Amélie, extrait de l’album Intervention Chirursicale, dont le titre de cette note est inspiré. Le prénom n’est qu’un malheureux hasard, j’en avais un autre - plus élusif, celui-là - en tête en écoutant mon iPod. Comme le recommande un certain chirurgien floconneux, il faut rester tranquille, chaque chose en son temps.

Entre toits et moi

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Tue 21 Nov 2006 0:46

Aperçu de la semaine précédente…
LUNDI - L’incertitude est toujours présente, Michaël et moi n’y sommes pour rien et nous avançons sur le projet police / prison. Le soir, des vapeurs chiliennes m’aident à croire aux mirages. Un interlude agréable, aussi éphémère soit-il. MARDI - Retour à la réalité, sur tous les fronts. De la documentation arrive sur le projet Gladio, à défaut de nouvelles ou de consignes. Après-midi carcéral. Soirée pasta-pesto improvisée à la maison avec la Du Barry. MERCREDI - J’embarque Michaël au 36 qui, comme tous les ans, fête le Beaujolais Nouveau par anticipation. En plus de mes copains de la Crim’ nous y retrouvons Régis Descott, Magali Bodon, psychiatre qui officie en prison, et Simon Brook, un réalisateur. Nous croiserons également Frédéric Schoendoerffer et son producteur, Eric Névé. Décidément, la police devient très cinégénique. Notre horizon carcéral se dégage doublement. Nous allons peut-être pouvoir visiter Fresnes et les dernières entraves au projet de série sur lequel nous travaillons disparaissent. Pour fêter ça, nous faisons le tour des toits du Quai des Orfèvres. Le temps est magnifique, les vues splendides, les tiags, mal adaptées à la course sur gouttières. Le soir, Clovis Cornillac, que j’avais croisé sur le tournage de Scorpion, au printemps dernier, m’appelle pour me parler de La ligne de sang, qu’il a fini par lire. Une attention qui me touche. JEUDI - Le matin, c’est prison puis documentation. Francis me téléphone pour me proposer d’assister à une avant-première restreinte de Scorpion, le 27/11. Coïncidence étrange, c’est lui qui m’avait présenté Clovis Cornillac, quelques mois auparavant. Plus tard dans la journée, j’apprends que le dispositif de travail de Gladio va peut-être changer pour passer de 5 auteurs à 3. Rendez-vous est pris avec Dan Franck pour le lendemain matin. VENDREDI - Je me réveille avec la crève. Je me rends chez Dan Franck un peu fiévreux pour ce qui est en fait une réunion de travail avec l’autre scénariste apparemment retenu, Claudio Descalzi. Je sors de là avec l’envie de prendre l’air, il fait beau, et décide de marcher jusqu’à l’appartement de Michaël. Une trotte : Montparnasse - Montorgueil. En chemin, je lance un texto à la mer puis je fais un léger malaise qui m’oblige à contacter un ami pour me rapatrier chez moi. Je passe le reste de la journée dans le brouillard, dormant mal. Les derniers seize mois d’activité non-stop commencent à se faire sentir. SAMEDI - Message de mon éditeur le matin, le tiré à part des épreuves de Citoyens Cladestins sera de 500 exemplaires. Un chiffre important, qui témoigne du soutien de Gallimard. Cela me remonte le moral. Je sors vers midi, après quelques allers-retours épistolaires courts et frustrants. Avec la Du Barry, nous allons voir Babel, le premier Inarritu qui m’ait entièrement convaincu. A essayer, ne serait-ce que pour la performance de l’actrice japonaise. Le soir, calme et lecture. DIMANCHE - Habituelle matinée aux Phares et au marché. Il pleut. L’après-midi, ma pile de documentation diminue un peu.

Et aujourd’hui, c’était à nouveau lundi. Quelqu’un m’a gentiment reproché de n’avoir rien écrit ici. Mais le temps file, le temps et l’envie…

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