Wabbit

Blogged by DOA as Anti-Personnel, Lynx, Némésis — DOA Wed 7 Mar 2007 12:21

© Eric Benacek

Il semblerait que le lapin soit appelé à devenir l’animal totem de mes week-ends de VRP littéraire à l’étranger. Je rentrais de Belgique, somnolant à moitié dans le Thalys, lorsque j’ai aperçu deux motards en tenue de cross qui fonçaient à travers champs poussant devant eux une troupe de garennes paniqués. L’image m’a fait sourire et ramené en arrière, à l’époque où, juché sur ma première Fantic, je traçais des sillons et grimpait sur le moindre rocher à la première occasion. C’était assez surprenant, cette remontée de souvenirs, de sensations passées, l’impression de l’air, l’odeur du mélange, le bruit caractéristique de l’échappement, tout était vivace, précis… Probablement la conséquence de ce walk down memory lane entrepris avec NEMESIS, dont les premières pages sont enfin apparues en chemin pour la Foire du livre de Bruxelles. Je n’ai pas aimé cette ville. Le peu que j’en ai vu en tout cas. Il pleuvait et, sous l’eau, elle m’a fait penser à Londres, avec ses immeubles uniformes, ses briques sombres et ses petits jardins individuels tous identiques. Je ne suis pas certain d’y retourner un jour, ne serait-ce que pour lui donner une seconde chance. Quant à la manifestation elle-même… Que dire ? Une organisation sympathique mais un débat manqué, faute de spectateurs – il y avait plus de débatteurs, dont le doux paranoïaque Jean-Hugues Oppel qui me prend pour un agent de la DGSE, que de gens pour les écouter, littéralement – et la première fanny de l’histoire de mes signatures. Pas un seul exemplaire dédicacé. Génial, grand moment de solitude. Au moins ai-je pu rencontrer le très spirituel Franz Bartelt et un journaliste belge, Michel Paquot. Il semblerait, à ce sujet, que les choses commencent enfin à bouger, du côté de la presse. Après un entretien la semaine dernière avec Michaël Mélinard, de l’Humanité Dimanche, le premier du genre a, pour une fois, s’intéresser plus au texte qu’à moi, j’enchaîne cette semaine avec mes deux premiers papiers de poids. L’un dans Technikart, signé Gaël Golhen, un chroniqueur avec qui je partage quelques références – nous avions sympathisé lors d’un passage de Ken Bruen à Paris – et l’autre, aujourd’hui, dans mon hebdo favori, j’ai nommé le Canard Enchaîné, par Didier Hassoux. Et de nouvelles choses se profilent à l’horizon, notamment un passage dans l’émission Mauvais Genres, sur France Culture, que j’enregistrerai le 23 mars prochain, au Salon du Livre de Paris. Espérons que ce relais médiatique arrivera à temps pour soutenir l’important travail des libraires qui, semble-t-il, continuent à pousser Citoyens avec détermination. Tout cela, ainsi que l’annonce de ma présélection pour le Grand Prix des Littératures Policière et le Prix Michel Lebrun, me rassure un peu sur le sort réservé à ce travail qui aura occupé une large part – 18 mois – des quatre dernières années de ma vie.

Quelques dates :
- Demain soir, 8 Mars 2007, je signerai donc à La Manœuvre à partir de 18h30.
- Le 17 mars prochain, à 15h00, je découvrirai avec plaisir l’espace polar de la FNAC Vélizy, où le libraire a, me suis-je laissé dire, réalisé un énorme boulot pour me mettre en avant.
- Le 23 mars, je participerai à deux débats au Salon du Livre 2007, le premier, à 14h00, sur le stand Télérama avec Dominique Manotti et Thierry Jonquet, et le second, à 18h30, sur le stand Virgin.
EDIT: je dédicacerai le 23 mars à partir de 19h30, à l’issue de ma journée de débats, sur le stand Gallimard du Salon 2007.
- Et enfin, pour conclure ce mois de mars 2007 en beauté, je serai présent, du 30 au 1er avril, au festival Quais du Polar de Lyon.

Ici, pas de pourquoi

Blogged by DOA as Anti-Personnel, Lynx, TV - Ciné — DOA Thu 15 Mar 2007 9:54

Sur recommandation d’Aurélien, je viens de terminer la lecture de mes deux premiers Derek Raymond, alias Robin Cook, auteur britannique à l’estomac qu’il me restait à découvrir. Je suis partagé, même si j’ai été suffisamment passionné par l’un de ces romans, He died with his eyes open, pour probablement pousser un peu plus loin l’exploration de l’œuvre de Cook. James Sallis, à la fin de la préface de ce livre, mentionne une phrase, selon lui prononcée par un garde SS d’Auschwitz : Hier ist kein warum (Ici, il n’y a pas de pourquoi). Cette citation m’a interpellé et j’ai cherché à en savoir un peu plus. Elle est tirée de l’un des écrits de Primo Lévi et la légende populaire - répandue par les nombreux commentateurs de son œuvre, notamment Claude Lansmann - l’attribue effectivement à un SS s’en prenant violemment à lui, alors prisonnier du lager de Monowitz. Or la réalité est apparemment différente puisque, selon mes quelques recherches, il semblerait que ce soit un autre déporté juif qui la prononce dans le texte de Lévi. Un autre prisonnier, une autre victime, qui se transforme, sinon en bourreau, du moins en relais de la parole et de l’ordre des bourreaux. A moins qu’il ne s’agisse d’inculquer par la force les règles basiques de la survie dans le camp. Une réalité peut-être trop difficile à admettre puisqu’il a fallu invoquer le spectre des nazis pour la justifier ensuite. Quoi qu’il en soit, cette parole a trouvé un écho dans mon actualité. Michaël et moi réfléchissons à un projet d’unitaire sur les dérives contemporaines de l’extrémisme. Nous souhaitons pour cela utiliser soit directement, soit indirectement, un fait-divers récent, dont je ne peux ici révéler les détails. Disons simplement que, dans l’histoire qui nous intéresse, les rôles sont inversés, les victimes habituelles de ces dérives y deviennent tortionnaires. Pas facile, le terrain est miné et je constate que lorsque la réalité ne correspond plus exactement aux schémas de pensée communément admis, le refus de la considérer dans toute son horreur devient manifeste. Pas sûr que ce projet voie le jour de la façon dont nous voulons le traiter, puisque l’autocensure politiquement correcte règne encore en maîtresse absolue sur la télévision française. A mesure que les mois passent, je m’aperçois ainsi que dans notre beau pays d’exception culturelle et d’expression théoriquement débridée, la parole et l’originalité sont beaucoup moins libres et prisées qu’ailleurs. Heureusement, ce n’est pas notre seul projet audiovisuel. UFEP progresse à grands pas et les échos de France Télévisions sont toujours favorables. Par ailleurs, nous travaillerons bientôt officiellement, Mike - ouais, c’est son petit nom - et moi, à l’adaptation d’un thriller français pour le cinéma.

Et puis, il me reste la littérature.

La sortie de Citoyens se poursuit en douceur. Après une formidable signature - rencontre à la Manœuvre, où j’ai eu le plaisir de découvrir pas mal de nouveaux lecteurs anonymes - et aussi, de nombreux proches, venus me soutenir - je m’apprête à me rendre à la FNAC Vélizy, ce samedi, en territoire inconnu. Je sais que le libraire, croisé jeudi dernier, a bien préparé le terrain, je ne suis donc pas trop inquiet (rien de pire, en effet, qu’une séance de dédicace où personne ne vient vous voir). En plus, l’effet média devrait jouer en ma faveur puisque j’ai eu droit à une critique très positive dans Match, le 8 - non, ce n’est pas moi sur la couv’, derrière les lunettes noires, mais Polnareff - et que cette semaine paraissent, respectivement dans l’Humanité Dimanche et Page, un autre entretien et une nouvelle critique. Que demande le peuple ?

EDIT 16h45: à l’heure où j’entre avec fierté et bonheur dans le classement des meilleures ventes Livres Hebdo / Ipsos, on attire mon attention sur un premier papier négatif, paru ce jour dans Le Monde des Livres. Apparemment, le chroniqueur m’y reproche ce que tous ses confrères ont apprécié, c’est à dire, pour simplifier, d’être trop documenté à la limite du superflu, voire fouillis. Dont acte, il fallait bien que cela arrive, ce sont les risques du métier. Etrange cependant que ce reproche ne soit pas adressé par le même journaliste à d’autres, également évoqués par lui et qui poursuivent la même ambition de précision exhaustive. Bah, comme me l’a dit Mike, citant le héros de Delannoy dans Pontcarral, colonel d’Empire: sous un tel régime, Monsieur, c’est un honneur que d’être condamné.

Pour le fun

Blogged by DOA as Anti-Personnel — DOA Sat 24 Mar 2007 15:42

Ce soir à 21h00, sur France Culture, le Mauvais Genres enregistré hier au Salon du Livre. Podcast à suivre.

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