Haïku à grande vitesse
Ciel voilé de gris
Bas, traîne sur les bois noirs
Cheval blanc hennit
Ciel voilé de gris
Bas, traîne sur les bois noirs
Cheval blanc hennit
Il semblerait que le lapin soit appelé à devenir l’animal totem de mes week-ends de VRP littéraire à l’étranger. Je rentrais de Belgique, somnolant à moitié dans le Thalys, lorsque j’ai aperçu deux motards en tenue de cross qui fonçaient à travers champs poussant devant eux une troupe de garennes paniqués. L’image m’a fait sourire et ramené en arrière, à l’époque où, juché sur ma première Fantic, je traçais des sillons et grimpait sur le moindre rocher à la première occasion. C’était assez surprenant, cette remontée de souvenirs, de sensations passées, l’impression de l’air, l’odeur du mélange, le bruit caractéristique de l’échappement, tout était vivace, précis… Probablement la conséquence de ce walk down memory lane entrepris avec NEMESIS, dont les premières pages sont enfin apparues en chemin pour la Foire du livre de Bruxelles. Je n’ai pas aimé cette ville. Le peu que j’en ai vu en tout cas. Il pleuvait et, sous l’eau, elle m’a fait penser à Londres, avec ses immeubles uniformes, ses briques sombres et ses petits jardins individuels tous identiques. Je ne suis pas certain d’y retourner un jour, ne serait-ce que pour lui donner une seconde chance. Quant à la manifestation elle-même… Que dire ? Une organisation sympathique mais un débat manqué, faute de spectateurs – il y avait plus de débatteurs, dont le doux paranoïaque Jean-Hugues Oppel qui me prend pour un agent de la DGSE, que de gens pour les écouter, littéralement – et la première fanny de l’histoire de mes signatures. Pas un seul exemplaire dédicacé. Génial, grand moment de solitude. Au moins ai-je pu rencontrer le très spirituel Franz Bartelt et un journaliste belge, Michel Paquot. Il semblerait, à ce sujet, que les choses commencent enfin à bouger, du côté de la presse. Après un entretien la semaine dernière avec Michaël Mélinard, de l’Humanité Dimanche, le premier du genre a, pour une fois, s’intéresser plus au texte qu’à moi, j’enchaîne cette semaine avec mes deux premiers papiers de poids. L’un dans Technikart, signé Gaël Golhen, un chroniqueur avec qui je partage quelques références – nous avions sympathisé lors d’un passage de Ken Bruen à Paris – et l’autre, aujourd’hui, dans mon hebdo favori, j’ai nommé le Canard Enchaîné, par Didier Hassoux. Et de nouvelles choses se profilent à l’horizon, notamment un passage dans l’émission Mauvais Genres, sur France Culture, que j’enregistrerai le 23 mars prochain, au Salon du Livre de Paris. Espérons que ce relais médiatique arrivera à temps pour soutenir l’important travail des libraires qui, semble-t-il, continuent à pousser Citoyens avec détermination. Tout cela, ainsi que l’annonce de ma présélection pour le Grand Prix des Littératures Policière et le Prix Michel Lebrun, me rassure un peu sur le sort réservé à ce travail qui aura occupé une large part – 18 mois – des quatre dernières années de ma vie.
Quelques dates :
- Demain soir, 8 Mars 2007, je signerai donc à La Manœuvre à partir de 18h30.
- Le 17 mars prochain, à 15h00, je découvrirai avec plaisir l’espace polar de la FNAC Vélizy, où le libraire a, me suis-je laissé dire, réalisé un énorme boulot pour me mettre en avant.
- Le 23 mars, je participerai à deux débats au Salon du Livre 2007, le premier, à 14h00, sur le stand Télérama avec Dominique Manotti et Thierry Jonquet, et le second, à 18h30, sur le stand Virgin.
EDIT: je dédicacerai le 23 mars à partir de 19h30, à l’issue de ma journée de débats, sur le stand Gallimard du Salon 2007.
- Et enfin, pour conclure ce mois de mars 2007 en beauté, je serai présent, du 30 au 1er avril, au festival Quais du Polar de Lyon.
… Debout devant le cadavre du russe mort. Telle se manifesta, cette semaine, ma cicatrice inconsolable à moi, au cours d’une séance travail avec Michaël, dans le cadre de l’adaptation cinématographique de ma nouvelle Précieuse. Le projet avance bien, nous avons posé notre histoire et sommes en cours de rédaction d’un synopsis long, qui replace tous les éléments dans leur chronologie normale. Pour le moment cependant, nous n’avons pas encore trouvé la forme narrative convenant à ce récit, qui se déroule sur une période de 12 heures, pendant la nuit. Afin d’avoir une idée de ce que nous essayons de faire au niveau de la construction, il est intéressant de se reporter aux films suivants : Hors d’atteinte, Snatch, Pulp Fiction, Shane Black’s Kiss Kiss Bang Bang, et pour le style du personnage principal, La mort aux trousses. Il y a pire. La bonne nouvelle de la semaine précédente – Citoyens clandestins étant hors concours – fut la conclusion de notre entrevue avec la chargée de programmes du groupe France Télévisions qui pilote UFEP. Notre proposition l’a apparemment convaincue. Elle a même entériné le principe de faire passer le format de la série de 6 x 52’ à 8 x 52’, comme nous le suggérions dans notre document de travail. La rédaction de la première version de l’arche de GLADIO touche à sa fin, avec un peu de retard. A présent que de nombreux fils sont tirés, il devient délicat de tous les boucler sans nous perdre. J’ai eu cette semaine un entretien avec une amie productrice qui souhaite lancer l’écriture d’une fiction sur les dérives contemporaines de l’extrémisme et de la barbarie. Nos premières discussions ont laissé apparaître les limites de l’exercice, dès lors qu’il s’agit d’éviter les redites ou de faire avec les contraintes inhérentes au support de diffusion, la télévision. Apparemment, il n’est pas encore possible d’aborder certains aspects de cette réalité, sous l’angle de l’affaire Fofana, par exemple. Nous devons néanmoins nous revoir après quelques jours de réflexion pour déterminer si l’une des approches que j’ai suggérées pourrait servir de fil conducteur. On va dire qu’elle est plutôt raccord avec l’actualité sportive de ces deux - trois derniers mois. NEMESIS n’a pas avancé d’un pouce, sans commentaire. En revanche, la sortie de Citoyens clandestins se déroule plutôt bien. La mise en place est très bonne et mes espions à travers toute la France me rapportent que de nombreux libraires l’ont déjà classé coup de cœur et le recommandent chaudement. J’ai même les honneurs du hall principal du Virgin Megastore des Champs-Elysées depuis le début de la semaine. L’échange fort sympathique que j’ai eu ici même, dans les commentaires du post It’s alive, me laisse optimiste pour la suite, même si la presse, à une ou deux notables exceptions près, encore engluée dans les sorties de janvier, tarde à se manifester. Ci-dessous, la photo de la vitrine de la Librairie Compagnie, à côté de la Sorbonne, prise ce matin. Je suis bien encadré, par Thomas H. Cook, un copain de collection, Walter Mosley et Stieg Larsson - ce dernier à lire absolument. Vous ne le voyez pas, mais je suis au-dessus du Rufin, que j’ai coupé, même si certains disent qu’il a écrit un bon thriller écologique. Mouais… Je suis un peu sceptique lorsque quelqu’un m’explique que le plus grand danger écologique qui menace cette planète, ce sont les écolos intégristes eux-mêmes! La preuve, même le FBI le dit! Seulement, jusqu’à nouvel ordre, ces intégristes-là n’ont pas encore abattu de tours à New York, ni déclenché de guerre en Irak, eux. Pas plus qu’ils ne sont responsables des dérèglements climatiques, de la déforestation massive, de la pollution au mercure de l’Amazone ou de la propagation des maladies issues de l’industrialisation à grande échelle de la chaîne alimentaire d’origine animale. Syndrome Michaël Crichton, du nom de cet auteur américain égaré qui a, l’an dernier, tenté de jeter le discrédit sur les soi-disant exaltés du réchauffement de la Terre ?

Cette très belle phrase de lui, relue il y a quelques jours au tout début d’Igitur: Lui-même, à la fin, quand les bruits auront disparu, tirera une preuve de quelque chose de grand (pas d’astres? le hazard annulé?) de ce simple fait qu’il peut causer l’ombre en soufflant sur la lumière… Elle figurera probablement en épigraphe d’un nouveau roman, plus court et plus simple, dont j’envisage l’écriture pour me détendre de la télévision. Nouvelle catégorie donc, NEMESIS.