Coïncidences

Blogged by DOA as Anti-Personnel, MiAPED, Lynx — DOA Mon 26 Feb 2007 13:20

Dimanche, 21h00, il pleuvait sur l’autoroute entre Charles de Gaulle et Paris, sur le taxi qui me ramenait du week-end turinois où j’étais allé, en compagnie de Franck Thilliez - un mec très bien - de quelques-uns des organisateurs du festival Quais du Polar et d’Alessandro Perissinotto, un romancier italien, parler métier et manifestations culturelles - Franck et moi sommes les deux premiers lauréats du prix des lecteurs QdP. La grise Turin est, cette année, Capitale Mondiale du Livre, d’où ce déplacement en force. C’était drôle de se retrouver là avec Franck, si tôt après avoir rencontré les gens de la Gaumont, vendredi, pour discuter de l’adaptation de son dernier roman paru, La forêt des ombres. L’autoradio était réglé sur FIP et diffusait du free jazz, je crois. J’ai remis mon iPod en route. Boards of Canada, alb. Geogaddi, trk. 1969, une découverte récente, sur une recommandation pertinente d’Aurélien. Alors que nous quittions le terminal 2F, j’ai aperçu des lapins, dans le faisceau des phares. Ils fuyaient mollement sur l’un de ces remblais anti-bruit qui entourent l’aéroport. Me suis-je réjoui de voir la nature reprendre ses droits partout où elle le peut? Non, juste interrogé pour savoir si nous avions enfin réussi à rendre les lapins neurasthéniques. Je me suis affaissé sur la banquette, ai levé les yeux vers le ciel nocturne aux couleurs jaune-orangé malades, avant d’essayer de distinguer les silhouettes des occupants des voitures qui nous dépassaient, de tous les côtés, sans doute pressés comme moi d’en finir avec le week-end, cette parenthèse hebdomadaire insupportable. Ma phase contemplative a duré un temps incertain jusqu’à ce que, mû par un instinct étrange, je tourne la tête de l’autre côté, juste à temps pour apercevoir une station service coincée entre deux bandes d’asphalte, à l’embranchement de Marne-la-Vallée. Mémoire bizarre, j’ai gardé un souvenir très précis de cet endroit, alors que je passe très rarement par ici. Je m’y étais arrêté une fois, en 2001. C’était un samedi de générosité intéressée, j’étais accompagné d’une jeune fille perdue de vue depuis. Il m’arrive de repenser à elle, parfois, et à d’autres, lorsque, atteint d’un brusque accès de culpabilité, je remonte le temps vers mes années anglaises et la parfaite stupidité qui dictait mon comportement de l’époque. Ai-je détourné le regard trop vite, hier soir ? Que de questions. Qui a dit sélective? En arrivant chez moi, j’attendais un coup de fil. Je n’ai eu que des mails. L’un d’eux était un lien vers l’archive d’une émission de radio qui parlait de Citoyens. Flatteur, le libraire interviewé expliquait brièvement, entre autres, que mon roman était le livre dont tout le monde parlait, à Paris. Tu parles, Charles, j’aimerais bien. Quoi qu’il en soit, ce matin, le Parisien, titrait, en une : La nouvelle menace terroriste. L’article, développé en pages 2 et 3, expliquait qu’à l’approche des élections, l’alerte terroriste était élevée. Tiens, ça me rappelle quelque chose, tous ces salafistes algériens qui nous menacent en pleine campagne présidentielle.


Emblème du GSPC

Le week-end prochain, je serai , en particulier pour ça : Des couloirs de la justice à ceux du pouvoir, du droit de vote à la business class: le polar politique. Avec Jean-Hugues Oppel, Eric Halphen et Giancarlo De Cataldo. Rencontre animée par Hubert Artus, le 02/03/07 à 18h00.

710

Blogged by DOA as Anti-Personnel, MiAPED, Lynx — DOA Mon 18 Dec 2006 10:05

… C’est apparemment le nombre final de pages de Citoyens Clandestins. Je vais pouvoir le vérifier moi-même rapidement, je reçois aujourd’hui les épreuves corrigées à vérifier pour le bon à tirer. 23, c’est le nombre d’heures que j’ai passées en réunion d’écriture la semaine dernière. 15, c’est le nombre de jours que j’ai attendus pour revenir ici. 8, c’est le nombre d’épisodes que nous souhaitons écrire pour la série UFEP. On aurait de la matière pour plus avec Michaël mais bon, ne soyons pas trop gourmands. 3, c’est le nombre de versions de la 4ème de couverture que j’ai écrites lundi 11 décembre, pour n’en retenir finalement que deux, extraites du texte principal. Celle qui a été sélectionnée par Aurélien était la plus représentative de l’intrigue. 3, c’est également le nombre d’albums que j’ai écoutés en boucle au cours des huit jours qui viennent de s’écouler, avec tout d’abord Antony and the JohnsonsI am a bird now, offert par la Du Barry le week-end dernier, Bloc Party’s Silent Alarm et Peter, Bjorn and John’s Writers Block (que les amateurs de la météo du Grand Journal de Canal Plus doivent connaître par coeur). Ce qui me fait penser que la BO de mon prochain roman compte 24 plages musicales - je sais, dit ainsi, ça fait presque comédie musicale - et apparaîtra comme suit à la fin de l’ouvrage :

Le 24 mars 2001, Lynx passait le temps avec Alain Bashung (Alb : Fantaisie Militaire / Track : Aucun Express), David Bowie (Alb : Station to Station / Track : Wild is the wind) et les Pixies (Alb : Surfer Rosa / Track : Where is my mind). Le 15 juin 2001, Jean-Loup Servier s’abandonnait sur les rythmes d’Armand Van Helden (Alb : 2 future for U / Track : U don’t know me) et de la bande originale de Moulin Rouge (Track : Lady Marmalade). Le 17 juillet 2001, Lynx se laissait emporter par Leftfield (Alb : Leftism / Track : Afro-left). Le 11 septembre 2001, Lynx cauchemardait avec The Prodigy (Alb : The fat of the land / Track : Firestarter). Le 29 septembre 2001, Lynx patientait avec Jimi Hendrix (Alb : Are you experienced ? / Track : Hey Joe). Et le lendemain, 30 septembre 2001, il s’enflammait avec le même Hendrix (Alb : Are you experienced ? / Track : Fire). Le 1er octobre 2001, les Pixies (Alb : Surfer Rosa) faisaient leur come-back. Le 3 octobre 2001, Lynx se rappelait sa jeunesse avec XTC (Alb : Transistor blast - The best of the BBC sessions / Track : Making plans for Nigel). Le 5 octobre 2001, il se laissait embrigader par Front 242 (Alb : Official Version / Track : WYHIWYG). Le 18 octobre 2001, Lynx écoutait Depeche Mode (Alb : The singles 86-98 / Track : Never let me down). Et le 23 octobre 2001, il leur préférait les Pink Floyd (Alb : The wall). Le 25 octobre 2001, Lynx perdait les pédales avec The Chemical Brothers (Alb : Surrender / Track : Out of control). Le 14 novembre 2001, révolutionnaire, Lynx combattait avec les Public Enemy (Alb : Fear of a black planet / Track : Fight the power). Le 18 novembre 2001, plus calme, Jean-Loup Servier découvrait les Doves (Alb : Lost Souls / Track : Sea song). Le 27 novembre 2001, il se consolait avec Booth and the bad angel (Alb : Booth and the bad angel / Track : Dance of the bad angels). Le 30 décembre 2001, Amel et Jean-Loup s’engueulaient sans faire attention à Lenny Kravitz (Alb: Let love rule). Et le 31 décembre 2001, ils se réconciliaient sur Noel Harrison (Alb : Thomas Crown Affair soundtrack / Track : The windmills of your mind). Le 7 janvier 2002, Lynx tuait sur fond de Massive Attack (Alb : Mezzanine / Track : Dissolved girl). Le 16 janvier 2002, Lynx disparaissait après avoir sifflé l’air des Oies Sauvages (Alb : Chants des armées françaises) et couru sur Fatboy Slim (Alb : You’ve come a long way, baby / Track : Right here, right now). Et enfin, le 22 avril 2002, Karim perdait tout espoir avec The Doors (Alb : Apocalypse Now soundtrack / Track : The end).

PS: 6, c’est le nombre de conversations politiques auxquelles j’ai assisté ou participé ce week-end avec 1 constante: l’indécision face aux candidatures proposées, mâtinée de désespoir. Nos politiciens ne trompent plus personne et ceux qui votent encore ne semblent le faire que par dépit, au nom d’un certain devoir citoyen. Mouais.

PPS: allez voir Black Book, c’est l’un des 2 films que j’ai moi-même appréciés au cinéma cette semaine.

Mors ultima ratio

Blogged by DOA as Anti-Personnel, MiAPED, Lynx — DOA Sun 3 Dec 2006 20:28

Previously on Anti-Personnel…

SAMEDI – Mon premier souvenir du 25 novembre, c’est un morceau de l’album London Calling des Clash – d’où la photo ci-dessus, cherchez ce qui cloche dans l’image – intitulé Guns of Brixton. Je me rappelle d’extraits de paroles comme When they kick out your front door… How you gonna come ? / With your hands on your head… Or the trigger of your gun? ou You can crush us… You can bruise us / But you’ll have to answer to… Oh – The guns of Brixton… La superposition était saisissante, j’étais en train de parcourir les journaux, devant un café, dans l’agitation bon enfant d’une brocante rue de Bretagne, et il était question de délinquance, d’insécurité, de violences urbaines, de cités, de police omniprésente, de ras-le-bol citoyen. Ordre juste ou juste de l’ordre, ce débat électoraliste vire à la fixation et frise la saturation. Cela fait déjà deux élections qu’il obsède les candidats et les votants. Cette impression de concomitance n’a pas duré, une jolie rousse est passée devant la vitrine du bar, a fait mine de s’intéresser quelques vieilles fripes, juste sous mon nez, tout comme j’ai fait mine de continuer à lire. Après quelques échanges de regards furtifs, elle est partie et n’a plus reparu de l’autre côté de la paroi de verre. A mon grand regret. Peut-être est-ce pour cela que dans l’après-midi, j’ai envoyé ce mail à une autre disparue depuis quelques mois? Pour ne rien avoir à regretter. Un geste purement gratuit, il n’y a rien à espérer. Plus tard dans la soirée, alors que nous prenons un verre, rue Montmartre, à la sortie de Casino Royale (film amusant bien qu’un poil trop long. Réussite totale de l’acteur qui, pour une fois, a un physique à la hauteur des exploits bondiens), j’en parle à la Du Barry, de ce mail. Elle trouve son contenu tendre. Hum, je dois vieillir. DIMANCHE – C’est un jour de deuil puisque j’achève la dépouille agonisante d’une amitié, perdue depuis longtemps, en oubliant de souhaiter un anniversaire. Ce lien ténu, maintenu malgré la distance affective, n’a vraiment plus de raison d’être. Il est même à la limite de l’hypocrisie. Exceptionnellement, pas de marché, pas envie, juste un café, assez tôt, en bas de chez moi. La journée oscille entre le JDD, Gears of War, Homicide et des livres sur la Guerre Froide. LUNDI – Le matin, projo de Scorpion. Je retrouve Clovis Cornillac, Cédric Jiménez, le producteur, et surtout mon pote Francis au Max Linder. Il y a du monde et le film, urbain, sombre, est assez bien accueilli. Tous saluent en particulier l’interprétation de Karole Rocher, dont on devrait à nouveau beaucoup parler dans les mois à venir. Les autres comédiens sont aussi plutôt bons. Julien Séri, le réalisateur, a fait des miracles avec un budget serré. Pas un grand long métrage mais dans son genre, il tire son épingle du jeu, les amateurs aimeront certainement. Après une rencontre inattendue et intéressante au déjeuner, je rejoins Michaël pour une séance de travail UFEP, le nom de code donné à notre série prison. Le reste de la journée est productif, même si celle-ci s’achève sur une mauvaise nouvelle professionnelle. Rien de dramatique, juste un contretemps fâcheux de plus à régler. Le soir, un petit coup de Gears of War, le premier vrai jeu next-gen, selon moi. Sur grand écran, en full HD, il est magnifique. Exterminer des aliens me calme les nerfs. MARDI – It’s a Gladio day. Le matin, documentation et l’après-midi, séance de travail, chez Dan Franck, avec lui, Claudio et Morgan, notre scribe. Comme souvent, les échanges sont animés et toutes les pistes explorées font l’objet de longues discussions. Notre mode de travail a même surpris Morgan. Elle s’est étonnée de ne nous voir d’accord sur rien ou presque. Pourtant, nous progressons. Je quitte le boulevard Montparnasse à pied et rentre au grand air. Une promenade indispensable après ces longues heures enfermées. De retour chez moi, appel à Charlotte, ma meilleure amie. Elle m’apparaît fatiguée, à l’autre bout du fil. MERCREDI – Journée UFEP. Michaël et moi attaquons la rédaction de l’arche principale de cette saison initiale. Le travail de fond effectué ces dernières semaines paye et les colonnes vertébrales des deux premiers épisodes prennent rapidement forme. Nous les expédions en résolvant beaucoup de petits problèmes laissés en suspens pendant la phase de réflexion précédente. Jamais la phrase ce qui se conçoit bien s’énonce clairement n’aura été aussi juste et nous n’avons pas de mal à coucher nos idées sur le papier. Le soir, en rentrant, quelques coups de fil et mails persos, et aucun goût à sortir, trop fatigué. J’ai notamment reçu les questions qui vont être intégrées au bulletin Gallimard de janvier 2007. Je sais par ailleurs depuis deux jours que je vais devoir me rendre rue Sébastien Bottin en fin de semaine pour enregistrer mes réponses en vidéo. Cet entretien supplémentaire devrait être mis en ligne en février, au moment de la sortie de Citoyens clandestins. Je vous livre ces interrogations ici:

Qui sont les Citoyens clandestins du titre ? / Considérez-vous que les douze mois durant lesquels s’inscrit l’action du roman, qui intègrent les attentats du 11 septembre 2001 et les élections présidentielles d’avril 2002, constituent le véritable coup d’envoi du 3e millénaire ? / Peut-on dire que votre manière de mêler fiction et réalité s’inscrit dans la lignée d’un James Ellroy ? / Le roman décrit de l’intérieur le fonctionnement de cellules terroristes islamistes et des services de renseignement impliqués dans l’affaire. Comment avez-vous pu aller aussi loin dans la description crédible des deux camps ? / La guerre des services est-elle aussi radicale que vous la décrivez, au point de faciliter la tâche de l’adversaire terroriste ? / Peut-on lire aussi Citoyens clandestins comme un éloge des techniques classiques du renseignement (agents sur le terrain, patience…) et une mise en garde contre l’abus des nouvelles technologies (surveillances électroniques, coups d’éclat médiatisés…) ? / Au-delà du thriller d’espionnage, le roman ne serait-il pas aussi - ou surtout - une enquête sur la psychologie des forces en présence (qu’il s’agisse de psychologie individuelle ou d’esprit de corps) ? / La signification de votre pseudonyme, DOA, a-t-elle à voir avec des activités extra littéraires ?

Pour les réponses, il faudra attendre. JEUDI – Matinée UFEP. Le troisième épisode est expédié avec autant de facilité que les deux premiers. L’après-midi, nouvelle séance Gladio. En fin de journée, au cours de ma balade à pied, je trouve le moyen de m’engueuler avec quelqu’un par SMS. A croire que j’ai beaucoup de trucs à flinguer cette semaine. Je regrette l’issue de cet échange, convaincu d’avoir eu raison sur le fond et, comme souvent, complètement tort sur la forme. VENDREDI – Le noyau narratif de l’épisode 4 d’UFEP tombe en quelques heures. Nous y introduisons un nouvel élément qui ajoute à la tension croissante de l’intrigue et trouvons par ce biais une solution élégante à un problème pas encore abordé de l’étape suivante. Moment de détente au milieu de toutes les choses très noires que nous nous racontons lorsque nous baptisons le QG de nos méchants, une boîte de nuit de banlieue. Elle s’appellera le Montreuil – Montreuil, les parisiens comprendront. Après un déjeuner avec Aurélien, qui semble fatigué et peut-être un peu stressé - par les enjeux de la sortie de Citoyens clandestins, c’est apparemment la première fois que les épreuves d’un livre de la Série Noire sont tirées à 500 exemplaires - je me rends dans le salon bleu de Gallimard pour enregistrer mon entretien. Oui, je sais, j’ai accepté de passer devant une caméra… Enfin presque. Le soir, je retrouve avec plaisir un ami de Michaël rencontré il y a peu, Gilles, également scénariste. SAMEDI – Le ping-pong des toilettages commence sur UFEP. Je repasse une première fois sur les quatre premiers épisodes avant de les renvoyer à Michaël, qui lui, planche sur les personnages. Ce manège va durer jusqu’à ce que nous remettions le document final au producteur, vers le 10 décembre. Dans la journée, Charlotte décide de venir me voir à Paris en janvier, une excellente nouvelle. Le soir, la Du Barry m’invite à dîner chez elle et nous passons un moment agréable et complice. DIMANCHE – Les nuages volent à toute vitesse dans un ciel bleu-rose. J’attends un ami aux Phares en réfléchissant à ce post. Avec lui, il s’agit également de sauver ce qui peut l’être ou, là encore, de tuer ce qui doit l’être. Une fin de semaine en accord avec le reste. Il arrivera en retard, avec sa fille de trois mois, juste au moment où, dans mes oreilles, le groupe Editors chante People are fragile things, you should know by now… Be careful what you put them through… (Trk : Munich, Alb.: The back room). Nouvelle coïncidence / concomitance ? Nous éviterons soigneusement toute conversation qui fâche pour nous contenter du marché, comme nous avions l’habitude de le faire jusqu’à l’été, avant de nous éloigner l’un de l’autre. Vieux restes ou geste d’amitié gratuit ? Mors ultima ratio. D’ici là…

Ah, et puis j’oubliais. J’ai reçu les essais de couv’ de Citoyens clandestins lundi dernier. La photo retenue est vraiment très belle. Elle s’inscrit dans la logique de celle qui suit, elle-même tirée d’une sélection d’Ugo Rondinone (pour ceux qui connaissent cet artiste, je précise que c’est le sujet de ce cliché particulier et non celui de la série elle-même qui se rapproche de l’esprit de la couverture à venir).

Moonlighting – Ugo Rondinone, 1999.

La fin de l’histoire… Pour le moment.

Blogged by DOA as Anti-Personnel, MiAPED, Lynx — DOA Sun 5 Nov 2006 20:27

La semaine s’est achevée sur le point final de ma nouvelle pour le recueil américain d’historiettes sur Paris à paraître chez Akashic books, NYC, l’an prochain. Mon intrigue, qui a pour cadre le 11ème arrondissement, s’intitulera Précieuse, бесценный en russe. J’ai aussi eu l’occasion de passer un long moment avec Christine, mon attachée de presse chez Gallimard. Une entrevue agréable, très constructive, qui me change de mon expérience précédente au Fleuve Noir. Elle a évoqué le possible et le probable, et les angles d’attaque qu’elle envisageait pour faire en sorte que les aventures de Lynx bénéficient de la meilleure exposition. A ce propos, le principe du bandeau avec le logotype toxiques chimiques, présenté dans une note précédente, a été accepté. Je n’ai toujours pas vu les propositions de couvertures mais j’imagine que cela ne saurait tarder. Dès que j’aurais eu l’occasion de le faire, je révélerai ici le titre définitif du roman, prévu pour le premier office de février 2007, aux alentours du 8, donc. Ainsi s’achève, dans l’immédiat, mon aventure littéraire, je vais souffler dans l’audiovisuel pendant quelques mois, peut-être un an.

J’ai dû me retirer de l’un de mes trois projets TV, ce qui n’a pas été sans heurt avec les producteurs concernés. Je m’en sors à moindres frais, je n’avais pas encore signé mon contrat de directeur littéraire. Je peux comprendre leur frustration, mais je n’avais guère le choix, manque de motivation face aux deux auteurs avec lesquels j’allais de voir travailler, manque de temps, je ne me sentais pas de faire face à trois séries, et surtout, risque de conflit d’intérêt entre la leur et l’une des deux autres. J’ai été contraint de faire un arbitrage qui leur a été défavorable. Cela m’ennuie parce que j’apprécie ces deux personnes, et pas seulement sur le plan professionnel. Je vais donc avancer sur GLADIO – 12 épisodes – pour lequel je vais retrouver l’une des coéquipières du fiasco Engrenages 2, sous la direction de Dan Franck, ainsi que sur une production liée à la croisée des univers policier et carcéral – 6 épisodes – pour laquelle je retrouve Michaël. Cette semaine, nous avons mis en place notre planning de rédaction de la bible de la série, qui doit être livrée à la fin du mois de novembre. Pour le moment, nous sommes en pleine phase de documentation, jusqu’à mercredi prochain inclus, après nous être répartis un certain nombres d’ouvrages de référence qui vont des rapports de l’OIP à des récits de détenus plus ou moins célèbres ou encore des dossiers sur la criminalité organisée moderne et ses enjeux.

Hier soir, j’ai revu avec plaisir un ami que j’avais perdu de vue depuis quelques mois, Fred. Je l’ai retrouvé à la Galerie LH, pour le finissage de la première exposition de sa fondation, ANG, intitulée Distorsions. Une parenthèse agréable, qui me changeait de ma clientèle habituelle et de mes atmosphères criminogènes.


Ci-dessus, Sans titre 06, dans la série Collection Printemps/Eté 2001

par Nicole Tran Ba Vang, une des artistes de Distorsions.

La cicatrice inconsolable

Blogged by DOA as Anti-Personnel, Ligne de Sang, MiAPED, Lynx — DOA Wed 11 Oct 2006 20:23

Séance de travail avec Michaël aujourd’hui. Il vient chez moi et, comme à chaque fois, nous nous installons dans la cuisine avec son PC portable. Lorsque nous travaillons, nous échangeons à brûle-pourpoint, les propos sont assez libres et il entre dans sa bécane ce qui mérite d’être retenu. Après deux heures de boulot arrive l’inévitable moment de détente. Aujourd’hui, il s’agissait des petits tics d’auteur pour tout ce qui concerne la présentation des documents. Michaël est un zinzin des points de suspension, j’ai tendance à chercher à les éliminer partout. Il aime les textes aux marges irrégulières, je suis un psychorigide de la justification… mais pas dans n’importe quelles conditions! Cet été, par exemple, lorsque je planchais sur les aventures de Lynx, je me suis surpris plus d’une fois à réécrire des phrases parce l’algorithme de justification de Word écartait trop les mots sur certaines lignes et que je trouvais ça moche. Je n’aime pas les vides. Cette angoisse de l’espace inutile a été le point de départ du fou rire du jour. Conclusion de nos débats pas très sérieux, il va nous falloir monter un groupe de thérapie pour scénaristes maniaques. Avec tous les grands malades qui nous entourent, il y aurait vraiment de quoi rigoler.

Demain, je parle de mon prochain roman aux représentants de Gallimard. Il y a quelques jours, j’ai remis une courte bio à François, qui travaille à la Série Noire avec Aurélien. Exercice difficile que celui qui consiste à essayer de cerner une personne en quatre ou cinq lignes tout en évitant, dans mon cas, de trop se dévoiler. Voilà ce que j’ai proposé et qui, a priori, a été accepté :

Né en 2001, en France, DOA existe, il est romancier et scénariste. Lecteur compulsif sur le tard, auteur pour le moment, il aime aussi le cinéma, la BD, David Bowie et la musique électronique, les Robustos et les Gran Panatelas, le Laphroaig, pas parler de lui mais explorer les interstices du réel. Son premier récit, Les fous d’avril, a obtenu le grand prix du festival Quais du Polar en 2005. XXXXXXXX YYYYYYYYYYYY est son troisième roman.

Et oui, il y aura bien deux mots dans le titre final du livre à paraître. Dans la journée, j’ai également reçu la proposition de quatrième de couverture de l’édition Folio Policiers de La ligne de sang. C’est Lionel, l’éditeur de cette collection, qui l’a rédigée. Elle est simple et efficace, bien.

Autrement, parmi les nouvelles qui m’ont fait rire, ces derniers jours, la réélection anticipée - il ne pouvait vraiment plus attendre, c’était une envie pressante - d’Alain Juppé à la mairie de Bordeaux. Nos politiques sont sans vergogne et nous, bien stupides de laisser des personnes condamnées pour avoir trompé la confiance du peuple souverain (pour mémoire : 14 mois de prison avec sursis et 1 an d’inéligibilité) occuper à nouveau des postes à responsabilité (je salue au passage M. Balkany et ses administrés, ainsi que M. Carignon, qui a le courage de se représenter devant le suffrage des électeurs. Hum). Ceci dit, quand je vois la belle brochette de ouineurs qui se disputent les oripeaux de la Présidence de la République…

Services Discrets

Blogged by DOA as Anti-Personnel, MiAPED, Lynx — DOA Tue 3 Oct 2006 10:09

C’est très drôle cette façon qu’a eu la DGSE de se réinviter en douce, la semaine dernière, dans la campagne présidentielle de 2007. Je ne vais pas gloser sur les actions réelles ou supposées de Gérard Royal, à nouveau rapportées par son frère, Antoine, dans le Parisien du 29/09/06, mis à part pour dire ceci : Antoine Royal se montre plutôt imprudent, pour ne pas dire autre chose, à parler ainsi publiquement d’évènements secrets. Cela pourrait causer à son frère - et éventuellement à certains de ses collègues - de nombreux problèmes. Fabius, qui n’en rate pas une, en a profité pour essayer d’attirer sur lui une partie de cette malsaine attention accordée à Che-golène. A sa place - il était Premier ministre à l’époque de l’affaire Rainbow Warrior - j’éviterais de trop la ramener. A cette occasion, il n’avait guère brillé. On pourrait, au choix, le considérer comme un pleutre, parce qu’il s’était alors défaussé sur son ministre de la Défense, Charles Hernu, ou comme un benêt, puisqu’il avait prétendu ne pas avoir été au courant des agissements de nos services secrets (qui s’apparentaient à un acte de guerre en territoire ami).

La DGSE était déjà une vedette secrète de la présidentielle de 2002. Elle était alors dirigée par Jean-Claude Cousseran, que l’on a soupçonné de rouler pour Lionel Jospin. En effet, la rumeur a couru qu’il existait des tensions internes entre cet ancien diplomate réputé proche des socialistes et Jean-Pierre Pochon, soi-disant inféodé à Jacques Chirac, patron de la puissante Direction du renseignement. Pochon aurait été victime d’une réorganisation visant notamment à réduire ses attributions par une scission de la Direction du renseignement en deux sous-ensembles : le Service de renseignement de sécurité et le Service de renseignement politique. Le premier de ces deux services, placé sous la responsabilité d’Alain Chouet, proche de Cousseran, abritait le groupe dit des Affaires Protégées, où oeuvrait un magistrat en disponibilté, Gilbert Flam. Apparemment, le Président de la République, via Pochon, suspectait Flam et ses collaborateurs de vouloir monter un dossier compromettant sur ses supposées aventures nippones (versements financiers occultes et fils caché) afin de lui nuire pendant la campagne électorale. Cette histoire, une première fois rapportée par différents journaux - Libération, le Monde, le Figaro - à l’été 2002, a fini par conduire à l’éviction de Cousseran, remplacé par un autre haut fonctionnaire plus proche des sensibilités chiraquiennes. Elle est revenue sur le devant de la scène plus récemment, à l’occasion de la sinistre farce Clearstream/Villepin/Sarkozy/Rondot.

Ci-dessous, un article de Jean-Dominique Merchet et Fabrice Tassel, publié dans Libération le 25 juillet 2002 :

UN CHIRAQUIEN POUR REGLER LEURS COMPTES AUX SERVICES

Le patron de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) a été débarqué hier pour faire place à un chiraquien pur beurre. Le Conseil des ministres a nommé Pierre Brochand à la tête des services secrets. Il remplace Jean-Claude Cousseran, en poste depuis le 9 février 2000, qui pourrait être nommé ambassadeur en Egypte. Comme son prédécesseur, Pierre Brochand, 61 ans, est diplomate. Actuel ambas sadeur au Portugal, il a notamment été en poste en Israël et en Hongrie après un début de carrière à Saigon, à la fin de la guerre du Viêt-nam. «Brochand, raconte une de ses connaissances, c’est un passionné de foot et un chiraquien de choc.» Comme son frère, Bernard Brochand, ancien président du PSG et député UMP de Cannes.
Demi-surprise. Ce débarquement important au sein des «services» suit celui du directeur de la DST (Direction de la surveillance du territoire), Jean-Jacques Pascal, démis de ses fonctions le 3 juillet en Conseil des ministres. Il a été remplacé par un proche du chef de l’Etat, Pierre Bousquet de Fleurian.
Le départ de Cousseran est une demi-surprise. Dès le retour de la droite au pouvoir, le directeur de la DGSE, connu pour ses sympathies socialistes, a été accusé d’avoir laissé ses services enquêter sur le chef de l’Etat. Toutefois, la compétence de Cousseran était unanimement saluée et le Président n’avait pas manqué, le 13 juillet, durant la garden-party du ministère de la Défense, de «rendre hommage aux personnels de la DGSE». Cet éloge n’a été que le coup de pied de l’âne.
«Ce départ donne crédit aux accusations qui ont été portées contre lui. Personne, pourtant, n’y croit sérieusement», réagit Guillaume Dasquié, responsable de la lettre d’information Intelligence Online. Peu d’éléments ont filtré, ces dernières semaines, sur une éventuelle manoeuvre politicienne ourdie par la DGSE pour déstabiliser le chef de l’Etat. A l’automne, lors de leur tête-à-tête précédant le Conseil des ministres, Jacques Chirac avait reproché à Lionel Jospin d’utiliser les services secrets pour monter des dossiers contre lui. Le Président faisait notamment allusion à des informations collectées par la DGSE sur les relations qu’il entretenait avec un sulfureux financier japonais, Shoichi Osada, qui auraient donné lieu à un rapport en 1999. «Le travail du service a correspondu à sa déontologie, ni plus ni moins, lorsqu’il s’agit de rumeurs circulant sur le chef de l’Etat. La thèse d’une cellule contre Chirac relève de la manipulation», estime un membre de la DGSE. Mais la transmission, inédite, d’une note de la DST au parquet de Paris, en janvier 2001, sur une possible rançon payée par le gouvernement Chirac contre la libération des otages du Liban en 1986, a pu, plus sérieusement, attiser la colère élyséenne.
Rivalités. Ces derniers mois, la DGSE est secouée par de fortes rivalités internes. Cousseran a mis à l’écart le directeur du renseignement, Jean-Pierre Pochon, un policier proche du RPR. Les relations directes entretenues par Cousseran avec d’autres directeurs, jugés proches des socialistes, ont accrédité l’idée que la DGSE s’imprégnait d’une atmosphère trop partisane.
Un contexte d’autant plus tendu que Cousseran avait entrepris, début 2001, une profonde réforme des services pour les adapter à l’après-guerre froide. Il a cassé de nombreuses baronnies : des responsables de secteur géographique et, surtout, la division contre-espionnage, jadis chargée d’infiltrer les services secrets étrangers. Ces officiers ont été recyclés dans la lutte contre le terrorisme ou les grands trafics. «Cousseran avait une approche transnationale des problèmes, explique un proche du dossier. Sa réorganisation a suscité une incroyable levée de boucliers.»
Perte d’influence. Traditionnellement, la DGSE était dirigée par un préfet ou un militaire. La nomination d’un diplomate, pour la deuxième fois consécutive, déplaît surtout aux militaires qui espéraient voir ce poste prestigieux revenir au général Costedoat, gouverneur militaire de Paris. Ils perdent peu à peu leur influence dans une maison où ils ne représentent plus qu’un tiers des effectifs (4 400). En se séparant de Jean-Claude Cousseran, l’Elysée choisit de se priver d’un spécialiste du monde arabo-musulman. Arabophone, il a été en poste en Turquie, en Iran, en Syrie, auprès des Palestiniens et en Israël. Une expérience irremplaçable en pleine guerre contre le terrorisme. Il lui manquait seulement d’être chiraquien.

Sinon, en ce moment j’écoute Trentemoller, un artiste danois qui sort son premier double album : The Last Resort. Je viens de remettre une version corrigée des aventures de Lynx à Aurélien, Michaël et moi avançons sur notre projet de série et d’autres sujets, j’ai terminé Les Bienveillantes, reçu hier un clap de Contre-enquête, le film de Franck Mancuso. Et je commence enfin à réfléchir sérieusement à ma nouvelle pour Akashic books.

Ken B.

Blogged by DOA as Ligne de Sang, MiAPED, Lynx — DOA Sat 16 Sep 2006 15:37

Verre avec Ken Bruen hier soir, dans un pub écossais proche de Saint-Paul. Aurélien est présent, évidemment, c’est aussi son éditeur, ainsi que Christine, notre attachée de presse, et quelques journalistes dont Delphine Peras, avec qui j’avais croisé le verbe cet été sur le blog de Guy Birenbaum, et Gaël Golhen. Le temps passe et Bruen, fort accaparé, me laisse, au détour d’une ou deux confidences, entrevoir quelques aspects de son histoire personnelle riche en anecdotes de toutes sortes. Je saisis un peu mieux l’origine de la noirceur brute de son oeuvre, dont je n’ai lu que deux extraits, Toxic Blues et Delirium Tremens. Cette brève rencontre est une vraie révélation, qui m’a donné envie de rattraper le temps perdu à ne pas le lire.

Plus tôt dans la journée, je planchais sur les corrections des aventures de Lynx. Au cours des deux dernières semaines, j’ai reçu l’essentiel des comptes rendus de lecture que j’attendais et eu le temps de digérer les remarques qui m’ont été faites. Le récit est dense, choral, aborde des sujets pointus dans lesquels on peut facilement se perdre lorsqu’on n’est pas spécialiste. Il me faudra donc surtout ajouter des éclaircissements, principalement dans la première partie du roman, intitulée Primo : Alpha. En commençant à me replonger dans le texte, cette semaine, j’ai eu l’impression de ne pas avoir pu souffler, que j’avais à peine lâché mon clavier la veille. Cela fait presque un mois pourtant mais entre-temps, il y a eu le nettoyage de La ligne de sang en vue de sa sortie en poche, en Février 2007, et la rédaction de ce projet de série TV noire avec cet autre scénariste, Michaël Souhaité. Nous devons remanier notre boulot pour une nouvelle présentation la semaine prochaine. Nous avons convenu d’une réunion d’écriture lundi après-midi.

J’ai peur de ne pas être au bout de mes peines avec la télévision. Chaque projet est une nouvelle bataille à l’issue incertaine mais pour de mauvaises raisons. Nous nous démenons pour imposer des sujets et des traitements sur la base de documents textuels souvent limités - au mieux des bibles - qui sont immédiatement comparés à des produits finis, en général américains. Les producteurs et les diffuseurs rêvent tous d’Experts et de FBI : portés disparus à la française. Les plus avisés fantasment sur The Wire, Sur écoute, l’un des meilleurs feuilletons policiers jamais écrits, si ce n’est le meilleur. Ils ne nous accordent en revanche pas le temps ni les moyens, tant financiers que documentaires, d’approfondir correctement les concepts de nos séries. L’analyse qu’ils font de ces succès US est souvent assez limitée, superficielle et ils peinent à définir ce qu’ils recherchent avec précision. Ils n’admettent pas non plus qu’une grande partie de la valeur de ces produits tient au talent de leurs acteurs - une chose qui fait cruellement défaut à la majorité des fictions TV nationales - et à leur qualité visuelle, un aspect souvent négligé en France. Il y a, comme on dit, beaucoup d’argent à l’image. Croyez-moi, les Experts réalisés à la sauce RIS deviennent tout de suite, à scénario égal, beaucoup moins intéressants. Quant à l’audace des Yankees que tout le monde encense, il faut l’oublier chez nous, elle est interdite. Les yeux des payeurs restent rivés sur l’audimat et il faut nous faut donc éviter de faire trop de vagues pour rester, dès le début du processus d’écriture, sur un terrain balisé. Mais je ne désespère pas, Michaël et moi travaillons sur une idée solide.

Le reste de mon boulot n’avance guère. J’ai du mal à me mobiliser sur le pitch du long-métrage, alors même que l’idée est assez claire dans ma tête, et j’ai pour le moment un canevas très flou pour la nouvelle que je dois rendre à Aurélien avant la fin du mois d’Octobre. Je crois que je suis un peu sec, j’ai besoin de vacances. Voilà plus d’un an que je bosse presque non-stop, en particulier sur l’histoire de Lynx, et mon imagination comme ma concentration et mon énergie commencent à montrer des signes de faiblesses. La preuve, je n’arrive même plus à venir raconter mes conneries sur ce blog et je ne m’énerve pas sur les inepties que je peux constater tous les jours lorsque, entre deux sessions de correction ou d’écriture, j’ai le malheur de m’attarder sur mes congénères. Pourtant, ce ne sont pas les sujets qui manquent, en ce moment.

Du terrorisme poétique

Blogged by DOA as Anti-Personnel, MiAPED, Lynx — DOA Fri 21 Jul 2006 12:41

Alors que le thème du jour, dans les pages de Lynx, est l’utopie pirate des Zones d’autonomie temporaire, je suis tombé, à l’occasion de mon café de midi, sur des représentants de la Carte en pleine activité. C’est la jeune femme que j’ai remarquée en premier. Elle avait une silhouette agréable et lorsqu’elle s’est arrêtée devant le Macassar, je n’ai pu m’empêcher de la regarder. Casquette US claire enfoncée sur la tête, lunettes de soleil, elle est restée debout un moment à attendre quelque chose en se regardant dans la vitre. J’ai fini par comprendre qu’elle guettait ce qui se passait derrière elle. Et puis elle a fait un tout petit signe de la main à un type qui se trouvait sur le trottoir d’en face et venait de descendre d’une voiture. Le geste qui signifie on arrête. Au haussement d’épaules qui a suivi, j’ai compris qu’elle interrogeait son distant compagnon. Celui-ci a fait non et la fille a repris sa veille dans les reflets. Et là, elle m’a aperçu en train de la regarder. Je ne voyais pas ses yeux mais elle a eu ce mouvement de la tête lorsqu’elle a réalisé que je l’observais en ricanant. Un épisode étrange, alors que je termine une longue scène de filature où toutes les forces en présence dans mon roman viennent se croiser et se renifler le cul.

Hier soir, verre avec mon agent, lionel, avant ses vacances. L’heure d’un petit bilan et d’un ajustement des priorités. Nous parlons du milieu, de quelques personnes que nous connaissons et de la difficulté d’établir des relations de confiance entre auteurs et producteurs. Ensuite, je dérive en moto dans Paris, en route pour aller voir une autre personne. Finalement, je renonce et je rentre. Plus d’envie de société. A la maison, ma boîte mail me réserve une émotion de courte durée. La surprise tourne court, seul mon anglais est sollicité.

Quelques nouvelles du front

Blogged by DOA as Anti-Personnel, MiAPED, Lynx — DOA Thu 13 Jul 2006 19:04

Lynx se débat toujours et moi avec lui. On avance, on progresse, je modifie encore mon traitement en cours de route, je coupe des trucs, j’en rajoute d’autres. Aujourd’hui, au programme, agression physique et verbale de jeune journaliste, scène de ménage et séance de tir nocturne. A priori, rien à voir, je suis bien d’accord. Les journées sont assez lisses, avec la seconde vague de départs des juilletistes, les obligations professionnelles se raréfient . Les petits évènements dignes d’être commentés également. Tout mon temps est consacré au roman.

Tout mon temps?
Non.

J’ai appris cette semaine que j’allais faire mes débuts à l’écran. Je vais tourner dans un film, si si, le 26 Juillet très exactement. Non, on ne me verra probablement pas ou pas beaucoup dans le montage final, c’est juste une figuration au second plan. Mais l’idée me fait plutôt rire. C’est un clin d’oeil de Frank Mancuso, pour son polar. Sa responsable de casting m’a appelé lundi pour me demander si je pouvais en être et j’ai sauté sur l’occasion. Zéro texte et rôle statique, je devrais y arriver. Même pas besoin de me déguiser. Parfait.

Et là, je me défoule. Le coup de gueule de la semaine. Le ballon rond, perso, je sature. Arrêtez de nous les briser menu avec la footo-zizoumania. On a perdu, point. Quand on perd, on ne défile pas sur les Champs-Elysées, on ne reçoit pas de médaille et on me mérite pas de parader devant les foules place de la Concorde. Si l’un d’entre vous à une quelconque objection à propos de la victoire italienne, je vous invite à revoir le match contre les portugais. Eux aussi pourraient en avoir quelques-unes, des objections. Et puis, les états d’âme de Zidane, on s’en cogne. Il a eu un geste déplacé qui a obtenu la sanction qu’il méritait. Il aurait mieux fait de s’abstenir parce qu’il donne le mauvais exemple. Les provocations au football, ça n’est pas neuf. Materazzi est connu comme le loup blanc sur les terrains. Qu’il l’ait voulu ou non, ce brave Yazid, si discret, si effacé, sert de modèle à beaucoup de gens (je fais partie de ceux qui pensent qu’il l’a bien compris dans la mesure où il gère très bien sa com’. Un exemple? Son petit numéro télévisuel d’hier soir). Ce phénomène me désole mais c’est comme ça. Il a merdé, on a perdu - les deux ne sont pas forcément liés, d’ailleurs - admettons-le et passons à autre chose. Pour continuer sur cette lancée, ça me ferait du bien, à moi, que les minorités visibles, comme on dit en langage politiquement correct, soient un jour célébrées pour autre chose que leurs succès dans le rap ou le football. Un grand pas sera alors franchi dans le bon sens.

D’ici là, un peu de décence, cessons de nous apitoyer sur le sort de bourrins milliardaires en short.

Tora (II)

Blogged by DOA as Anti-Personnel, MiAPED, Lynx — DOA Tue 4 Jul 2006 4:10

Je me suis réveillé avec ce noeud au ventre impossible à chasser. L’instant d’avant je rêvais que je fonçais à moto sur une autoroute et celui d’après, j’avais les yeux ouverts face au mur de ma chambre, comme ça. Et il faisait trop chaud. Et je ne me souvenais plus de la fin de cet épisode onirique, que je devine funeste. Je sais que la première chose à laquelle j’ai pensé a été mon roman, pour la similitude de certaines situations - réveils nocturnes soudains - et parce qu’il occupe l’essentiel de mon temps d’éveil, et la seconde, ce coup de téléphone que je voulais passer, hier, dans la journée. J’ai eu envie d’un message d’encouragement, juste avant l’heure. Et puis j’ai envisagé un débriefing, ensuite. Mais je ne n’ai rien fait. On se Je me retrouve parfois empêtré dans des logiques incompréhensibles qui m’éloignent de ce que je désire et gâchent les jolies choses. Plutôt que d’éprouver la solidité de mon poignet, les soirs d’abus de single malt, je ferais mieux, parfois, de tester celle de ma tête. Contre les murs. Je me demande d’ailleurs si je ne vais pas essayer tout de suite.

Redémarrage difficile pour Lynx, en ce début de troisième et dernière partie. La chaleur n’aide pas. La fatigue psychologique non plus. Le moment d’euphorie du week-end est passé, il faut maintenant s’accrocher jusqu’à la fin. J’ai eu l’impression de perdre mon temps ce lundi, même si le bilan est quantitativement positif. Dans quelques heures, il faudra relire les 5 pages écrites et j’appréhende ce moment. Je me vois déjà décider que le meilleur à faire est encore de jeter. Toujours ce réflexe de rejet. Surtout, je sais que je vais me retrouver confronté à un phénomène ressenti à la remise du roman précédent, la lassitude. Je ne pourrai plus, pendant un moment, supporter mes personnages. A trop les avoir côtoyés, en particulier Amel… Je plaisante. A peine. Cette lassitude est bien réelle. Je commence seulement depuis quelques mois à avoir véritablement envie de retrouver Markus et sa bande. Priscille et Marc font également un retour timide dans mon esprit.

Quelques rendez-vous sont tombés hier, pour la télé, ce qui me semble particulièrement étonnant pour un début juillet. J’ai toujours constaté un net ralentissement de l’activité parisienne en été. Mais cette année, les choses semblent différentes. J’ai même croisé Olivier et Catherine Marchal à la terrasse d’un café, hier soir, en rentrant du cinéma. Personne n’est parti ou quoi? Habituellement, les parisiens n’aiment pas leur ville à cette période. Moi si, on y respire mieux, aussi surprenant que cela puisse paraître, et on y travaille bien. Je verrai donc un producteur et un autre scénariste en début de semaine prochaine. Ils souhaitent concevoir une série policière pour l’une des chaînes privées du PAF et j’aurais le rôle de l’outsider non déformé par la culture de la fiction française. Je connais ça, j’ai eu droit à la même sur Engrenages.

Ce soir, j’assiste à un café littéraire, une première, près de la Bastille. Nous sommes le 4 juillet.

Next Page »
Wordpress Inside - Theme par neuro