La carte et le territoire

Blogged by DOA as Anti-personnel — DOA ven 27 août 2010 15 h 22 min

Sans trop savoir de quoi il retourne, mais connaissant l’appétence de Michel Houellebecq pour la science-fiction, je serais tenté de voir, dans ce titre, un clin d’oeil à peine voilé - sauf pour le petit monde germanopratin - à Hakim Bey et ses TAZ. A lire alors, pour découvrir à quel point je me trompe?

The power of the dog

Blogged by DOA as Anti-personnel — DOA lun 19 juil 2010 9 h 29 min

Lu ce matin, dans Le Figaro, à mettre en perspective de ce que j’écrivais il y a quelques mois, ici. Il faut lire La griffe du chien de Don Winslow. Et puis tant que vous y êtes, parce que cela fait du bien, pour une fois, un auteur nordique qui ne s’attarde pas sur les taches de sauce tombées sur la cravate de son enquêteur principal, forcément dépressif, je ne peux que vous inviter à jeter un oeil sur le très Noir Océan, de Stefán Máni. Vous ne pourrez pas être déçus.

noirocean

Such a shame…

Blogged by DOA as Anti-personnel — DOA dim 20 juin 2010 20 h 17 min

Ce soir, j’ai honte pour mon pays. A cause de notre équipe nationale de football. Pas parce que nous allons probablement sortir de la coupe du monde, je n’aime pas le football et j’estime que gagner ou perdre relève de la loi du sport. Y voir autre chose me paraît suspect. J’aurais même plutôt tendance à me réjouir de la fin des hostilités dans les bars et les rues de nos villes. J’ai honte parce que cette équipe, ses membres, ses cadres et tous ceux qui commentent sans cesse ses avanies, nous servent un spectacle minable tout en osant adopter la posture de représentants de la France. Ces gens-là ne me représentent pas. Je n’ai rien à voir avec eux. Ce sont des sales gosses, pour ne pas dire autre chose, capricieux, goujats, vulgaires, sans vergogne et sans valeur, incapables de la moindre raison et, puisqu’ils sont de surcroît à peine en mesure de s’exprimer dans un français correct, je ne saurais trop les inviter à se taire une bonne fois pour toutes et à aller se cacher loin, dans le noir, pour ne plus revenir ternir l’image de la nation dont ils se revendiquent. Ils ne méritent pas d’en arborer ou défendre les couleurs.

Post-communistes, animaux tristes

Blogged by DOA as Anti-personnel — DOA sam 19 juin 2010 13 h 32 min

Je ne vais pas souvent au théâtre, je m’y ennuie la plupart du temps. Hier soir, à l’invitation d’une amie, j’ai pu assister à une représentation anticipée de la pièce Les nuages retournent à la maison, un texte de Laura Forti. Intense moment, sur un sujet qui ne bouleverse malheureusement plus assez, tellement il est galvaudé par les fictions de tous poils. Une adaptation noire et violente mais pleine d’humanité de Justine Heynemann, avec deux comédiennes talentueuses, Federica Martucci et Stéphanie Colonna - non, c’est pas mes copines! A voir dans le cadre du Off d’Avignon, pour ceux qui y seront, tous les jours à 17h45, du 8 au 31 juillet, au Théâtre Présence Pasteur.

Alors que filait l’après-midi, hier…

Blogged by DOA as Anti-personnel — DOA mar 15 juin 2010 11 h 35 min

… Je vis un rideau de pluie se refermer sur Paris, un grand chevelu blond tout en kilt, cuir et tatouages belliqueux, échappé d’un cirque Heavy Metal, couiner pour une micro-coupure au doigt, une mannequin slave détrempée, accoudée à un bar, ses yeux tristes égarés sur un énorme burger-frites maison et qui a fui, sitôt repérée, et une comédienne sans doute pas assez connue - à son goût, parce que si, en fait - en quête perpétuelle du regard des autres. Là où règne l’image…

Rien…

Blogged by DOA as Anti-personnel — DOA lun 7 juin 2010 10 h 45 min

… Aujourd’hui, à part ça.

Choses vues ce matin

Blogged by DOA as Anti-personnel — DOA sam 22 mai 2010 23 h 57 min

Le soleil. Le mec du café en bas de chez moi qui ouvre. La Mercedes taxi noire, qui vient me chercher pour m’emporter, pas assez loin d’ici. Deux gothopunks sur un Velib’, lui chevelure en forme de cornes de diable, pédale, elle, jolie brune fatiguée se laisse ramener, une certaine idée du romantisme urbain. Un SDF qui dort, couché au cul d’une Porsche. Un petit vieux à bandeau de tennis et t-shirt orange, qui court d’un pas incertain et vacillant sur la passerelle du Louvre. Un magasin, plein de souvenirs dérisoires. Le piercing sous la bouche du serveur qui m’apporte mon petit noir, à la gare Montparnasse. Une clope, qui termine sa vie en consumant ses dernières réserves de tabac, par terre, à côté de moi. C’est fini, je dois partir.

France, pays du centre

Blogged by DOA as Anti-personnel — DOA lun 17 mai 2010 20 h 25 min

Un paysage de landes dont les ondes verdoyantes buttent sur des écueils gris. Ancienne terre de forêts, elle ne connait plus que bois et bosquets solitaires. Ce fut un royaume de loups et de bêtes meurtrières. Aujourd’hui ne l’habitent que des vaches bien grasses sur lesquelles planent, à l’affût, de terribles rapaces.

Délirer en paix

Blogged by DOA as Anti-personnel — DOA sam 15 mai 2010 20 h 15 min

Peu après dix-huit heures, je suis sorti me promener. Un chemin d’herbe et de terre, qui serpentait entre les prés à vaches, m’a conduit jusqu’à un aplomb. En contrebas, à quelques centaines de mètres, la première anse du lac de retenue et une maison, isolée. Loin au-dessus de l’eau, trois grands oiseaux de proie tournoyaient sans bruit. Le soleil, timide, a fait une percée entre les nuages, recouvrant le lac d’une parure d’argent. Debout sur un rocher gris recouvert d’une mousse plus grise encore, je suis resté ainsi, immobile, à profiter du vent. Puis je me suis assis dans l’herbe, fraîche et humide. Une aubrac a meuglé. J’étais bien.

Pendant qu’ailleurs, d’autres canent…

Blogged by DOA as Anti-personnel — DOA jeu 13 mai 2010 19 h 21 min

Tout à l’heure, c’est un renard qui m’a accueilli, alors que je sortais de la dernière corne de bois. L’ombre rousse a traversé devant moi, au ralenti, marquant une courte pause au milieu du bitume en guise de défi: ici, tu es chez moi. Et puis elle a disparu entre les arbres. J’ai roulé encore un peu et me suis arrêté moi aussi, les 300 chevaux qui m’accompagnaient apaisés après une ultime cavalcade enragée entre Chaudes-Aigues et Lacalm. Dans le brouillard venait de surgir la silhouette grise du hameau. Le moteur s’est tu et j’ai goûté la vue et le silence. Enfin. Respirer quelques jours.

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