Délirer en paix
Peu après dix-huit heures, je suis sorti me promener. Un chemin d’herbe et de terre, qui serpentait entre les prés à vaches, m’a conduit jusqu’à un aplomb. En contrebas, à quelques centaines de mètres, la première anse du lac de retenue et une maison, isolée. Loin au-dessus de l’eau, trois grands oiseaux de proie tournoyaient sans bruit. Le soleil, timide, a fait une percée entre les nuages, recouvrant le lac d’une parure d’argent. Debout sur un rocher gris recouvert d’une mousse plus grise encore, je suis resté ainsi, immobile, à profiter du vent. Puis je me suis assis dans l’herbe, fraîche et humide. Une aubrac a meuglé. J’étais bien.


